Khalifa Haftar

L’Égypte menace d’une « intervention directe » en Libye si le GNA progresse

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Les ambitions régionales turques risquent-elles d’ouvrir un nouveau front dans le conflit libyen? Après la France, la Grèce et l’Otan, c’est au tour de l’Égypte de tirer la sonnette d’alarme. Paniqué par l’avancée des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA), soutenu par Ankara, vers l’Est libyen, chasse gardée de Khalifa Haftar, appuyé par Le Caire, le président Abdel Fattah al-Sissi a menacé la Turquie, samedi 20 juin, d’une intervention «directe» de l’Égypte. Pour lui, Syrte représente une « ligne rouge ».

Could Egypt and Turkey go to war in Libya?

The battlelines of Libya’s civil war are changing quickly. A few weeks ago, Khalifa Haftar’s forces were on the outskirts of the capital Tripoli, battling to remove the UN-recognised Government of National Accord.

But the warlord’s campaign failed, and he’s been in retreat since. GNA troops, reinforced by military support from Turkey, are pushing towards Haftar’s power base in the oil-rich south and east. Egypt, one of Haftar’s foreign backers, is threatening to send in its soldiers if GNA fighters attack the strategic city of Sirte.

Could Egypt and Turkey go to war and further complicate the Libyan conflict?

 

Paris dénonce des manœuvres « extrêmement agressives » de la Turquie contre un bateau militaire français en Méditérranée

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Alors qu’il cherchait à identifier un cargo suspecté de transporter des armes vers la Libye, le bâtiment français a fait l’objet de trois « illuminations radar » de la part d’un navire turc, pourtant allié de l’OTAN.

Un navire français participant à une mission de l’OTAN en Méditerranée a récemment fait l’objet d’une manœuvre « extrêmement agressive » de la part de frégates turques, a révélé, mercredi 17 juin, le ministère des armées français, dénonçant une affaire « très grave » impliquant un partenaire de l’Alliance atlantique.

Alors qu’il cherchait à identifier un cargo suspecté de transporter des armes vers la Libye, le bâtiment a fait l’objet de trois « illuminations radar » de la part d’un navire turc, « un acte extrêmement agressif qui ne peut pas être l’acte d’un allié vis-à-vis d’un navire de l’OTAN », commente-t-on au ministère des armées. Mercredi doit se tenir une réunion des ministres de la défense de l’Alliance.

« Cette affaire est, à nos yeux, très grave. On ne peut pas accepter qu’un allié se comporte comme cela, fasse cela contre un navire de l’OTAN sous commandement OTAN menant une mission OTAN », a fait valoir Paris, en prévenant que la ministre des armées, Florence Parly, allait « mettre les points sur les i », lors de cette réunion, sur « l’attitude turque dans le conflit libyen ».

Opposition sur le conflit libyen

« Ces norias de bateaux entre la Turquie et Misrata, parfois accompagnées par des frégates turques, ne contribuent pas à la désescalade », a souligné le ministère, dénonçant, par ailleurs, le fait que les bâtiments turcs « utilisent des indicatifs OTAN » pour s’identifier lors de ses missions d’escorte.

En Libye, la Turquie soutient militairement le Gouvernement d’union libyen (GNA) de Fayez Al-Sarraj, reconnu par les Nations unies, face aux forces dissidentes du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est soutenu notamment par la Russie, l’Egypte et les Emirats arabes unis.

Dans ce contexte de tensions, le ton n’a cessé de monter entre Paris et Ankara ces derniers jours. Lundi, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a condamné « le soutien militaire croissant » de la Turquie au GNA en « violation directe de l’embargo des Nations unies ». La veille, la présidence française avait déjà dénoncé l’interventionnisme « inacceptable » d’Ankara.

La Turquie a rejeté ces critiques sur son soutien armé au gouvernement de Tripoli en Libye, accusant, à son tour, Paris de faire « obstacle à la paix » en appuyant le camp adverse. La France, bien qu’elle s’en défende publiquement, est également accusée de soutenir Haftar, qui a récemment subi de lourdes défaites sur le terrain.

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime Kadhafi en 2011. Depuis avril 2019, le conflit a fait des centaines de morts, dont de nombreux civils, et poussé plus de 200 000 personnes à fuir leur domicile.

(Le Monde avec AFP)

En Libye, Khalifa Haftar accumule les revers en Tripolitaine

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La perte par le maréchal dissident de sa base militaire d’Al-Watiya à l’ouest de Tripoli confirme la montée en puissance des Turcs dans le pays.

 

Une capture d’écran d’une vidéo, publiée le 27 avril, du maréchal Khalifa Haftar. HANDOUT / via REUTERS TV

Est-ce le revers de trop ? L’estocade à l’impact potentiellement déstabilisateur pour l’ensemble de sa stratégie militaire ? La perte lundi 18 mai par Khalifa Haftar de sa base militaire d’Al-Watiya dans l’Ouest libyen confirme que le vent a bel et bien tourné dans l’offensive que le maréchal dissident a déclenchée en avril 2019 contre le gouvernement d’accord national (GAN) siégeant à Tripoli. Ce nouveau déboire, qui s’ajoute à l’éviction à la mi-avril des forces pro-Haftar des localités littorales de Sabratha et Sorman, situées à moins de 70 km de la capitale, illustre surtout l’efficacité croissante de l’appui militaire que les Turcs fournissent au GAN de Faïez Sarraj.

Après avoir été très fragilisé en fin d’année par la puissance de feu de l’Armée nationale libyenne (ANL) d’Haftar, activement soutenue militairement et financièrement par une coalition de parrains étrangers – Emirats arabes unis, Jordanie, Egypte, Arabie saoudite et Russie – le GAN de Tripoli a pu reprendre l’avantage grâce à un appui sans précédent d’Ankara.

Ce dernier a en effet installé en Tripolitaine un chapelet de défenses antiaériennes tout en introduisant une nouvelle génération de drones – les Anka-S – qui a permis aux forces anti-Haftar de recouvrer la maîtrise du ciel. L’assistance des Turcs est le produit d’un accord sécuritaire et maritime signé fin novembre entre Ankara et Tripoli en une période critique où le GAN de Sarraj semblait désemparé face aux coups de boutoirs très meurtriers infligés dans certaines poches de la capitale par les mercenaires russes de la compagnie de sécurité Wagner, alliés d’Haftar. Bien que reconnu par les Nations unies, le GAN de Tripoli semblait alors très isolé sur la scène internationale.

Nouvelles données militaires

La reprise d’Al-Watiya indique que le rapport des forces a été renversé. « Avec fierté et honneur, nous déclarons la libération de la base militaire d’Al-Watiya de l’emprise des milices criminelles et des mercenaires terroristes [pro-Haftar] », s’est réjoui lundi Faïez Sarraj. La reconquête d’Al-Watiya est emblématique à bien des égards.

( … suite dans le Monde)