lauréat Festival de Cannes 2025

Jafar Panahi remporte la Palme d’or d’un Festival de Cannes au palmarès très politique

Publié le

Le cinéaste iranien, auteur d’une œuvre clandestine, a été récompensé pour « Un simple accident », attaque virulente contre la République islamique. Le jury a par ailleurs donné deux prix à « L’Agent secret » du Brésilien Kleber Mendonça, qui évoque la dictature militaire des années 1970. 

Le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d’or pour « Un simple accident », au Festival de Cannes, samedi 24 mai 2025. VALERY HACHE/AFP

« Je me permets de demander à tous les Iraniens, en Iran et dans le monde : mettons tous les problèmes de côté. La question la plus importante, c’est la liberté de notre pays. Et que personne n’ose nous dire ce qu’il faut porter comme vêtements, ce qu’il faut dire, ce qu’il faut faire. De la même façon, le cinéma est une société et personne n’a le droit de nous dire ce qu’il faut dire et ce qu’il faut faire. ». Cette phrase, prononcée par le lauréat de la Palme d’or, l’Iranien Jafar Panahi, pour son film Un simple accident, fut sans doute la plus forte et la plus sentie de la cérémonie de clôture de la 78e édition du festival de Cannes, samedi 24 mai.

Emprisonné à plusieurs reprises dans son pays, interdit de tournage durant vingt ans, interdit de sortie de territoire depuis quatorze ans, ce très grand cinéaste, disciple et héritier d’Abbas Kiarostami, est l’auteur d’une œuvre exceptionnelle, en partie clandestine.

Son nouveau film met en scène la confrontation d’anciens détenus politiques qui retrouvent de manière fortuite leur bourreau, ainsi que le dilemme moral suscité par cette situation. Plus encore que les précédentes, cette œuvre est une attaque frontale contre la répression qui s’est encore durcie en Iran depuis la naissance du mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022.

(source: lemonde.fr)