Nasser Bourita

Stéphane Séjourné au Maroc pour «ouvrir un nouveau chapitre dans la relation» entre les deux pays

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Le chef de la diplomatie française s’entretiendra lundi avec son homologue. Ces dernières années ont été émaillées de tensions extrêmement fortes entre le Maroc et la France.

Stéphane Séjourné a fait savoir qu’il avait été «personnellement» missionné par Emmanuel Macron pour œuvrer au rapprochement avec le Maroc. AMMAR AWAD / REUTERS

Le chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné s’entretiendra lundi 26 février, à Rabat, avec son homologue marocain Nasser Bourita, dans un effort pour réchauffer les liens entre les deux pays après une série de crises diplomatiques.

L’échange entre les deux ministres «se prolongera lors d’un déjeuner de travail», a précisé dimanche une source diplomatique à l’AFP. «Cette visite constitue une étape forte pour ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre nos deux pays», a souligné la même source. Stéphane Séjourné, attendu dimanche soir à Rabat, a d’ores et déjà fait savoir qu’il avait été «personnellement» missionné par le président Emmanuel Macron pour œuvrer au rapprochement avec le Maroc.

Tensions extrêmement fortes

Ces dernières années ont été émaillées de tensions extrêmement fortes entre le Maroc et la France, ancienne puissance coloniale où vit une importante diaspora marocaine. À Rabat, la décision française, en septembre 2021, de réduire de moitié l’octroi des visas aux Marocains avait été particulièrement décriée. De plus, la politique de rapprochement avec l’Algérie voulue par Emmanuel Macron, alors qu’Alger a rompu en 2021 ses relations diplomatiques avec Rabat, avait irrité le Maroc au plus haut point.

Côté français, on n’avait guère apprécié les révélations du consortium de médias Forbidden Stories, selon lesquelles des numéros de téléphone d’Emmanuel Macron et de ministres avaient été ciblés en 2019 par le Maroc, utilisateur du logiciel espion israélien Pegasus. Rabat a démenti. Un vote du Parlement européen en janvier 2023 condamnant la dégradation de la liberté de la presse au Maroc avait ajouté aux tensions diplomatiques. En septembre, une nouvelle polémique était née lorsque la France avait proposé son aide au Maroc, frappé par un tremblement de terre, aide que Rabat avait ignorée.

«Priorités communes»

Les relations semblaient alors dans l’impasse avant que l’ambassadeur français au Maroc ne fasse en novembre un mea culpa public et qu’une ambassadrice du Maroc en France soit nommée après des mois de vacance, initiant ainsi une période de dégel. La visite de Stéphane Séjourné est une première étape en vue d’œuvrer «pour un nouvel agenda politique, dans tous les domaines, en portant des priorités communes», a indiqué la source diplomatique.

Paris promet également de se tenir «aux côtés du Maroc sur les dossiers les plus sensibles». La France est attendue sur la question du Sahara occidental«cause nationale» du Maroc. Lundi, l’épouse du président français, Brigitte Macron, avait elle accueilli à l’Élysée les sœurs du roi du Maroc Mohammed VI, un geste particulièrement apprécié au Maroc.

(source: lefigaro.fr)

L’UE tente de relancer son partenariat avec le Maroc dans un contexte politique délicat

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Josep Borrell a affiché à Rabat la volonté de l’Europe d’approfondir la coopération avec le royaume chérifien malgré les controverses autour du « Marocgate » et la question sensible du Sahara occidental.

Josep Borrell, le haut représentant de l’Union européenne, et Nasser Bourita, le ministre marocain des affaires étrangères, à Rabat, le 5 janvier 2023. MOROCCAN FOREIGN MINISTRY / HANDOUT / ANADOLU AGENCY VIA AFP

La visite au Maroc de Josep Borrell, le haut représentant de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, du jeudi 5 au samedi 7 janvier, devait relancer et approfondir la relation, déjà ancienne, entre les Vingt-Sept et le Maroc. Sur le plan économique, énergétique, sécuritaire ou migratoire, les projets entre l’Union et le royaume chérifien se multiplient. Sur le plan politique, la relation reste soutenue – en 2022, l’essentiel des commissaires européens s’est rendu à Rabat. Mais plusieurs dossiers assombrissent toujours la relation, notamment l’enquête sur le récent scandale de corruption au sein du Parlement européen qui pointe vers le Qatar et le Maroc.

Josep Borrell, dont la venue avait été annulée en septembre 2022 à la suite d’une déclaration défendant le droit des Saharaouis à décider de leur futur au Sahara occidental, a donc tenté de dissiper les malentendus et renforcé les liens en rencontrant Aziz Akhannouch, le premier ministre marocain, et Nasser Bourita, le ministre des affaires étrangères du pays.

Côté approfondissement du partenariat, le chef de la diplomatie européenne a annoncé la mise en place d’« un dialogue de haut niveau en matière de sécurité » afin de lutter « ensemble contre les menaces à notre sécurité et contre le terrorisme dans notre voisinage immédiat », notamment au Sahel.

De même, il a évoqué une « coopération renforcée entre l’UE et le Maroc dans les institutions multilatérales. Nous voulons faire en sorte que des initiatives portées conjointement par des pays du Nord et du Sud permettent de relancer l’action multilatérale sur les défis globaux ». De la guerre en Ukraine au changement climatique, les sujets ne manquent pas. Au niveau économique et climatique, l’Europe et son premier partenaire commercial en Afrique, avec 45 milliards d’euros d’échanges, vont accélérer la mise en place de leur partenariat vert, afin de faciliter la transition énergétique.

(source: lemonde.fr)

Nasser Bourita: «il faut comprendre que l’Union africaine a changé»

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Invité de RFI ce matin, Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères. Il s’exprime sur la récente escalade au Sahara occidental dont il rejette la faute sur l’Algérie et défend la décision du président de la commission de l’UA d’accorder le statut d’observateur à Israël au sein de l’organisation. Une interview RFI et France 24 au micro de Florence Morice et Marc Perelman.

Marc Prelman: Le Premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, a exhorté l’Union africaine à retirer le statut d’observateur à Israël. Est-ce que vous comprenez les critiques du Premier ministre palestinien à l’égard des pays, notamment arabes, qui semblent favorables à ce statut d’observateur 

Nasser Bourita: Moussa Faki était dans son bon droit, et je ne parle pas du fond. Je parle d’abord de la procédure. Trois ou quatre pays ont annoncé chez eux qu’ils allaient combattre cette décision. Ils sont venus, à partir de cette surenchère nationale, pour imposer leur position ici à l’Union africaine.

Je pense là aussi qu’il faut comprendre que l’Union africaine a changé, qu’elle n’est plus la chasse gardée d’un pays ou deux qui peuvent dire « non, on va bloquer » et que l’organisation va les suivre. L’Afrique a changé, l’Union africaine a changé. Il se trouve aujourd’hui que 44 pays africains ont des relations avec Israël, 44. Je pense que c’était Margaret Thatcher qui avait dit un jour sur l’ONU, « C’est le miroir qui reflète une réalité ».

Si cette réalité ne plait pas à 4 pays, il faut la changer d’abord sur le terrain. Parmi les pays qui sont les promoteurs de ce débat, il y en a un qui a reçu, il y a une semaine, l’ambassadeur d’Israël et qui a une ambassade avec un drapeau d’Israël qui flotte. Je parle de l’Afrique du Sud. Comment peut-on accepter une réalité chez soi et venir imposer le contraire au niveau de l’Union africaine ?

M.P.: C’est hypocrite ?

N. B. : Je pense que c’est un réflexe que l’Union africaine est une chasse gardée. Ce n’est plus le cas.

M.P.: Mais vous êtes favorable à ce statut d’observateur. On peut le dire ? C’est clairement ce que vous dites ?

N. B. : On est favorable à la mise en œuvre des textes de cette organisation.

Florence Morice : Certains considèrent que si le Maroc tient ce discours, c’est parce que votre pays, au fond, privilégie ces accords commerciaux et de défense avec Israël aujourd’hui sur la cause palestinienne.

N. B.: C’est faux. Le Maroc est engagé au côté du peuple palestinien. Nous sommes tous pour une solution à deux Etats. Lorsqu’on est pour une solution à deux Etats, c’est qu’on doit reconnaître deux Etats. C’est cela la position du Maroc. Et le rétablissement des relations avec Israël ne changera aucunement la position du Maroc sur la question palestinienne.

F.M.: Est-ce que votre rapprochement avec Israël et les accords de coopération que vous avez avec ce pays ne vous mettent pas un peu en difficulté sur cette question qui divise aujourd’hui l’Union africaine ?

N. B.: Lorsqu’on est clair par rapport à ses positions, lorsqu’on n’instrumentalise pas les causes des autres, ça ne pose pas de contradiction. Et le Maroc souhaite également

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