Natasha Van Rijn
PNUD – Madagascar peine à atteindre les Objectifs de Développement Durable

Constat amer. Madagascar peine à progresser vers la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD). Lors du lancement de l’initiative « Vitrana », qui s’est déroulé hier au Radisson Blu à Ambodivona, Natasha van Rijn, représentante résidente du PNUD dans la Grande île, a déclaré que le pays n’était pas sur la bonne voie pour atteindre ces objectifs.
Les objectifs de développement durable (ODD), également appelés objectifs globaux, constituent un appel universel à l’action visant à éliminer la pauvreté, à protéger la planète et à garantir à tous les peuples la paix et la prospérité. Parmi les 17 objectifs : Pas de pauvreté ; Faim zéro ; Bonne santé et bien-être ; Travail décent et croissance économique ; Paix, justice et institutions fortes.
La porte-parole des organisations de la société civile regroupées au sein de Vitrana, Estelle Andriamasy, a renchéri sur ce constat en soulignant que la lutte contre la pauvreté demeure un défi persistant pour Madagascar. Face à cette réalité préoccupante, les partenaires techniques tels que le système des Nations Unies, la coopération allemande et l’Union européenne ont décidé de soutenir l’initiative « Vitrana » pour aider le pays à surmonter les obstacles.
« Vitrana » se présente ainsi comme un cadre intégré visant à renforcer la coordination entre les organisations de la société civile pour qu’elles puissent jouer un rôle plus actif dans la mise en œuvre et le suivi des ODD. Réunissant près de 80 OSC de différentes régions, cette initiative vise à les engager davantage dans la promotion des politiques publiques en lien avec les ODD à Madagascar.
Lors de l’événement, Estelle Andriamasy a souligné l’importance de la solidarité et de la collaboration entre la société civile pour relever ensemble les défis liés aux ODD. Natasha van Rijn a également mis en avant la nécessité de responsabiliser la société civile et de construire une alliance vertueuse pour surmonter les obstacles actuels.
(source: madagascar-tribune.com)
Natasha Van Rijn (PNUD Mada): «Le chemin vers les ODD a été perturbé par la pandémie»
Depuis l’année 2021, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), met en œuvre un nouveau programme pays qui court jusqu’en 2023. Natasha van Rijn, représentante résidente du PNUD, nous donne un aperçu de ce cadre d’action qui se décline trois portefeuilles dont l’un concerne la croissance inclusive. À huit ans de l’année 2030 qui marque l’échéance pour les Objectifs de développement durable (ODD), elle soulève, également, les défis majeurs d’ordre national et global à relever pour rattraper le retard causé par la pandémie, entre autres. Interview.
En début de semaine, il y a eu l’atelier qui conclut une consultation nationale des femmes entrepreneures, initiée par le PNUD. Concrètement, en quoi consiste cette démarche? Quel est son objectif?
En fait, le PNUD travaille en étroite collaboration avec le secrétariat de la ZLECAF. C’est la Zone de libre échange pour le continent africain. Le secrétariat est actuellement sur une phase de réflexion pour la rédaction d’un protocole spécifique concernant les femmes dans le commerce. Ce que le PNUD Madagascar a voulu faire, c’est d’effectuer des consultations régionales avec les femmes malgaches, pour pouvoir prendre en compte leurs perspectives afin d’en faire part au secrétariat de la ZLECAF, pour que les perspectives et points de vue des femmes malgaches commerçantes et qui veulent l’être soient pris en compte dans les réflexions plus élargies. Cet événement a donc tenu pour partager les conclusions, les grandes recommandations de ces consultations. L’objectif était d’identifier les opportunités, mais aussi les contraintes liées aux activités des femmes malgaches dans le commerce extérieur et aussi, de dégager des recommandations spécifiques qui pourront ensuite, alimenter les réflexions régionales.
Quel est l’intérêt pour Madagascar d’adhérer à la ZLECAF?
Madagascar a signé l’accord ZLECAF le 21 mars 2018. Trente-six sur cinquante-quatre pays ont déposé leurs instruments de ratification. Madagascar n’est pas le seul à ne pas avoir déposé ce document. En gros, l’ambition de la Zone de libre échange est de regrouper l’ensemble des cinquante-quatre pays et de créer un marché unique qui serait composé de plus d’un milliards de consommateurs potentiels. Ce qui en ferait le huitième bloc économique du monde, avec un potentiel de PIB [Produit intérieur brut] extrêmement important de 3 000 milliards de dollars. Donc le but et l’enjeu est d’alléger les barrières de commerce pour apporter des opportunités économiques importantes pour les pays concernés, dont Madagascar.
Certaines des grosses pointures du secteur privé malgache sont, pourtant, réticentes à l’adhésion à la ZLECAF, au motif que système économique malgache ne serait pas prêt. Que Madagascar n’est pas suffisamment porté sur l’exportation afin de profiter pleinement de cette Zone de libre échange. Le moment est-il opportun pour adhérer à un tel dispositif, ou serait-il préférable d’effectuer des réformes et ajustements au niveau local, préalablement?
Dans tous les cas, y adhérer ou pas relève d’une décision du gouvernement malgache. Effectivement, ce n’est pas une décision qui peut être prise rapidement. Elle demande un certain nombre de conditions aussi bien au niveau national, que régional qui dépendent de plusieurs facteurs. Et certains de ces facteurs sont sortis, justement, durant les consultations régionales des femmes malgaches dans le commerce.
