Sanae Takaichi
La Chine déconseille les voyages au Japon après des propos de la première ministre nippone sur Taïwan jugés « extrêmement grave »
La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a estimé au début du mois qu’une attaque chinoise de Taïwan pourrait constituer une menace justifiant une intervention du Japon, suscitant l’ire de Pékin.
Les autorités chinoises recommandent à leurs ressortissants d’éviter de se rendre au Japon, en plein accès de tensions entre les deux pays depuis des propos de la première ministre nippone, Sanae Takaichi, au sujet d’une possible intervention militaire pour défendre Taïwan.
« Récemment, des dirigeants japonais ont tenu des propos ouvertement provocateurs à l’égard de Taïwan, nuisant gravement au climat des échanges entre les peuples », a déclaré, vendredi 14 novembre dans la soirée, l’ambassade de Chine au Japon sur les réseaux sociaux.
« Le ministère des affaires étrangères ainsi que l’ambassade et les consulats de Chine au Japon rappellent solennellement aux citoyens chinois d’éviter de se rendre au Japon dans un avenir proche », ajoute-t-elle, évoquant « des risques importants » pour leur sécurité.
Les principales compagnies aériennes chinoises ont d’ailleurs annoncé, dès samedi, proposer à leur clientèle le remboursement intégral de leurs vols pour le Japon. Air China, China Southern et China Eastern ont toutes diffusé des communiqués distincts pour rendre publique cette mesure, qui permet aux détenteurs de billets d’avion entre le 15 novembre et le 31 décembre de modifier leur itinéraire sans frais ou de se faire rembourser.
Le 7 novembre, la nouvelle cheffe du gouvernement japonais avait déclaré au Parlement que si une situation d’urgence à Taïwan impliquait « le déploiement de navires de guerre et le recours à la force cela pourrait constituer une menace pour la survie du Japon ». « Nous devons envisager le scénario du pire », a-t-elle ajouté. Ses propos ont été largement interprétés comme un signe qu’une attaque contre Taïwan pourrait justifier un soutien militaire de Tokyo.
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Au Japon, Sanae Takaichi élue première ministre par la chambre basse du Parlement
La nationaliste âgée de 64 ans est la première femme à occuper ce poste. Sa nomination sera officielle après sa rencontre avec l’empereur Naruhito, prévue mardi dans la journée.

La nationaliste Sanae Takaichi a été nommée, mardi 21 octobre, première ministre du Japon par la Chambre basse du Parlement. Elle est la première femme à occuper ce poste, grâce à une coalition parlementaire nouée la veille à l’issue de négociations de dernière minute.
La Chambre basse du Parlement nippon a désigné Mme Takaichi, 64 ans, dès le premier tour. Sa nomination deviendra officielle quand elle aura rencontré l’empereur Naruhito, plus tard dans la journée. La cinquième dirigeante de l’archipel en autant d’années fera cependant face à une situation délicate en matière de politique intérieure. Un agenda international chargé l’attend également, notamment avec la visite du président américain, Donald Trump, la semaine prochaine.
Sanae Takaichi avait remporté, le 4 octobre, la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD), la formation de droite conservatrice au pouvoir quasiment sans interruption depuis 1955. Mais le PLD, de plus en plus impopulaire, notamment en raison d’un scandale financier, a perdu ces derniers mois sa majorité dans les deux Chambres du Parlement. Et son allié traditionnel, le parti centriste Komeito, a claqué la porte de leur coalition, en place depuis 1999, mal à l’aise avec ce scandale et les opinions conservatrices de Mme Takaichi.
Pour assurer son élection à la tête du gouvernement et succéder au premier ministre sortant, Shigeru Ishiba, elle a donc formé, lundi, une alliance avec le Parti japonais de l’innovation (Ishin), formation réformatrice de centre droit. Lire la suite »