Développement de Madagascar : Nécessité d’un programme systémique
La crise climatique et la dégradation de l’environnement constituent deux graves menaces pour Madagascar. Malheureusement, la majorité des Malagasy semble ne pas avoir encore réalisé quelles conséquences elles auront sur le futur de notre beau « Tanindrazana ». En effet, Madagascar est en train de subir de plein fouet l’ensemble des pollutions multiformes venues d’ailleurs et ceux du dérèglement climatique (Madagascar n’est responsable que de moins de 1 % des émissions de gaz à effet de Serre dans le monde). S’y ajoutent des risques préexistants ou concomitants (pollutions -comme l’eau de la JIRAMA par exemple-, épuisement de nos ressources, érosion de notre biodiversité, etc.) générés par nos activités humaines.
Madagascar est confronté à des niveaux sans précédent d’extrême pauvreté, de faim et de malnutrition et à des millions de jeunes sans revenu fixe. Actuellement, Madagascar ne peut pas faire face à cette situation toute seule. Il faudrait être réaliste et pragmatique. Le soutien de nos partenaires financiers est encore indispensable à court terme.
Ces défis exigent une action plus urgente, rapide et décisive de la part des membres du Comité d’aide au développement (pays développés et démocratiques) pour augmenter leurs contributions d’aide. Tout en reconnaissant l’augmentation récente des niveaux d’aide au développement pour Madagascar, il faudra souligner que Madagascar ne reçoit que moins de 30 dollars par habitant d’aides, comparativement à plus de 100 dollars dans d’autres pays comme les Comores, par exemple.
Depuis des décennies, les membres du Comité d’aide au développement n’ont pas respecté leur engagement de verser 0,7 % de leur revenu national brut à l’aide au développement, une ressource précieuse pour lutter contre la pauvreté et les inégalités dans les « pays en développement ». Les données récentes de 2021 n’ont fait que confirmer cette tendance. Seuls 33 centimes pour chaque 100 dollars de revenu national ont été dépensés sous forme d’aide au développement. Pour relancer notre économie et la transformer rapidement pour s’adapter aux effets du changement climatique, plus d’aides nouvelles sont indispensables avec des subventions inconditionnelles, prioritairement avec des conditions de décaissement plus souples. Ce n’est qu’une responsabilité morale des pays développés démocratiques pour « ne laisser personne de côté » conformément aux différents messages des Nations-Unies.
Pour Madagascar, en complément des programmes en cours, ne faudrait-il pas maintenant lancer un réel débat pour concevoir un programme « SYSTEMIQUE » de mesures opérationnelles (réglementaires, économiques, fiscales, sociales, organisationnelles etc.…) destinées à rendre notre économie effectivement compatible au changement climatique et à réellement transformer notre modèle économique pour le bien-être des futures générations Malagasy ?
L’impératif de s’adapter à des changements irréversibles est la seule solution pour un meilleur futur. Le monde entier est en train de s’inscrire dans la perspective du fameux «Monde d’Après», objet de campagne médiatique internationale de sensibilisation de ces dernières années. Madagascar devrait saisir cette opportunité pour tracer un chemin réaliste et cohérent au sein d’une transformation de long terme durable.
