Le TIM de Marc Ravalomanana affiche sa ligne face au pouvoir

Samedi, le site du Magro Tanjombato a pris des allures de grand rendez-vous politique. Le parti Tiako i Madagasikara (TIM) y a réuni ses militants pour la cérémonie annuelle de présentation de vœux, un événement qui a rassemblé une forte affluence et marqué l’ouverture de l’année politique du mouvement. Au centre de l’attention, son fondateur Marc Ravalomanana, revenu sur le devant de la scène pour exposer la vision et les priorités du parti face aux évolutions institutionnelles en cours à Madagascar.
Dans une intervention aux accents stratégiques, l’ancien chef de l’État a affirmé que le TIM ne se place pas dans une posture d’opposition frontale. Il a indiqué que le parti fait le choix d’accompagner les autorités actuelles dans le chantier de refondation nationale, estimant que le pays traverse une phase décisive de son histoire politique. Cette position se traduit notamment par la volonté du TIM de prendre part aux discussions nationales annoncées, en particulier celles liées à la rédaction d’un nouveau texte constitutionnel, considéré comme un socle pour les réformes futures.
Pour autant, Marc Ravalomanana a tenu à nuancer ce soutien. Selon lui, l’engagement du TIM ne saurait être interprété comme un blanc-seing accordé au pouvoir. Il a insisté sur la nécessité de préserver un regard critique et responsable, soulignant que la stabilité politique passe aussi par des mécanismes de contrôle clairs. Le parti demande ainsi des éclaircissements sur la direction politique du pays, notamment en ce qui concerne les hypothèses de transition ou d’intérim, et souhaite que les institutions compétentes, en particulier la Haute Cour constitutionnelle, apportent des réponses précises afin d’éviter toute ambiguïté institutionnelle.
Dans cette dynamique, le TIM affirme vouloir privilégier le dialogue. Le parti entend maintenir des échanges réguliers avec les instances de l’État, les représentants élus et les acteurs médiatiques, tout en se positionnant comme une force de proposition. Il se dit prêt à contribuer aux réformes annoncées par des recommandations, des analyses et un accompagnement jugé constructif, tout en restant attentif aux attentes de la population.
Les interventions des autres responsables du parti ont renforcé cette ligne. Le député Fidèle Razara Pierre, vice-président de l’Assemblée nationale pour la province de Toamasina, a notamment abordé les enjeux liés à la justice. Il a plaidé pour un règlement des contentieux électoraux en suspens dans la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), estimant que ces dossiers doivent être tranchés pour préserver la crédibilité des institutions. Il a également évoqué la situation du groupe Tiko, appelant à des avancées sur ce dossier économique sensible, tout en critiquant l’attitude de certains responsables gouvernementaux issus du TIM qui, selon lui, se sont progressivement éloignés du parti.
L’absence remarquée de la ministre d’État chargée de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa, ancienne figure emblématique du TIM, n’est pas passée inaperçue lors de cette rencontre. Un détail qui alimente les interrogations sur les relations actuelles entre le parti et certaines composantes de l’exécutif, et qui souligne, une fois encore, la complexité du positionnement politique du TIM dans le paysage national.
(source: madagascar-tribune.com)