Production rizicole – L’État fixe le prix minimum du paddy
Pour protéger les riziculteurs malgaches, l’État fixe désormais un prix minimum garanti. La State Procurement of Madagascar (SPM) achètera directement le paddy auprès des producteurs.

Face à l’effondrement des cours du riz local, l’État malgache enclenche un mécanisme de régulation inédit : la fixation d’un prix minimum garanti pour le paddy. À travers la SPM, société d’État jusque-là surtout connue pour l’importation de riz, le gouvernement intervient désormais directement dans l’achat local.
Une première campagne de collecte a été lancée le 18 février 2026 dans les régions pilotes du Bongolava et de l’Itasy, avec un prix de référence fixé à 1 500 ariary le kilo. Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, il s’agit d’« une stratégie de régulation instaurée en concertation avec l’ensemble des acteurs de la filière ».
La décision fait suite à plusieurs mois de concertations techniques impliquant la Primature, les ministères concernés, des parlementaires ainsi que des groupements de producteurs et de collecteurs. Objectif : sécuriser la production nationale et préserver le pouvoir d’achat des riziculteurs, durement affectés par la chute des prix. En décembre dernier, à Ifanja (Itasy), le kilo de paddy ne dépassait plus 900 ariary, tandis que le riz ancien se négociait entre 1 200 et 1 300 ariary. Une situation jugée « très difficile » par les producteurs.
Des déploiements progressifs
Après Imerintsiatosika, l’opération s’est étendue le 19 février à l’Alaotra, notamment à Amparafaravola. À l’issue de plus de trois heures d’échanges avec les producteurs et les collecteurs, il a été décidé que la SPM procéderait à des achats directs « à un prix équitable ».
« Les décisions prises ici seront mises en œuvre immédiatement », a assuré la ministre du Commerce et de la Consommation, Haingotiana Andriamadison, précisant que des centres de collecte seront installés à Amparafaravola, Andilamena et Ambatondrazaka.
Dans cette zone, le prix du paddy est fixé à 1 800 ariary chez les opérateurs, contre 1 700 ariary chez les paysans. L’État entend ainsi instaurer davantage de transparence tarifaire et garantir les marges des différents maillons de la chaîne de valeur.
« La perfection n’existe pas, mais l’essentiel est que nous ayons trouvé une solution aujourd’hui », a déclaré le ministre à l’issue d’un atelier de concertation à Imerintsiatosika. Les parlementaires présents ont salué l’initiative tout en affirmant qu’ils « suivront de près son application ».
Le Chef de l’État, Michael Randrianirina, a, pour sa part, déclaré : « Dites à ces paysans que je les entends et que je cherche des solutions pour eux. »
Le gouvernement affirme que ce mécanisme vise, à terme, à améliorer « de manière structurelle et durable » le niveau de vie des acteurs de la filière rizicole.
(source: Irina Tsimijaly – lexpress.mg)