Marc Ravalomanana : Déception face au processus de Refondation

Le leader du parti Tiako i Madagasikara (TIM) poursuit sa tournée de remobilisation à travers la Grande île. Après l’étape de Toliara, Marc Ravalomanana a posé ses valises à Mahajanga samedi dernier. Un déplacement marqué par un constat amer sur le processus de Refondation et une mise en garde ferme envers l’Exécutif.
La ferveur était au rendez-vous à Mahajanga. Pour Marc Ravalomanana, ce déplacement n’était pas une simple visite de courtoisie, mais une véritable offensive politique. Alors que l’année 2026 s’ouvre sous le signe de multiples défis, le patron du TIM a dressé un bilan sans concession de la situation actuelle. Son constat est amer : le décalage entre les discours officiels et la réalité vécue par les Malgaches se creuse dangereusement. Il n’a pas caché sa déception face au processus de Refondation.
Paralysie inquiétante. Au cœur des griefs de l’ancien chef de l’État se trouve le fameux chronogramme ou « feuille de route de la Refondation », validé sous l’égide de l’Union africaine et de la SADC. Si le TIM a accepté de jouer le jeu du processus international pour sortir le pays de l’ornière, Marc Ravalomanana dénonce aujourd’hui une paralysie inquiétante des institutions. « La vision actuelle ne correspond pas à ce qui a été promis », a-t-il martelé.
Selon ses explications, le mois de mars devait marquer un tournant décisif avec la mise en place de stratégies d’urgence. Or, sur le terrain, c’est le statu quo qui prédomine. La Concertation nationale, censée être la pierre angulaire de cette refondation, reste désespérément au stade des intentions, sans calendrier défini ni liste de participants. Plus grave encore selon « Dada », le chantier de la réforme électorale est au point mort. « Nous devons être très vigilants, car c’est là que se sont nichées les fraudes par le passé », a prévenu le numéro un du TIM, exigeant une transparence totale dans le dépouillement et un assainissement rigoureux de la liste électorale.
Observateur rigoureux. Loin de se contenter d’un rôle de spectateur, Marc Ravalomanana positionne son parti comme un observateur rigoureux, voire un arbitre incontournable de la vie publique. Pour lui, diriger, c’est avant tout savoir décider. « Prendre ses responsabilités signifie ne pas hésiter, avoir une préparation, une stratégie et une équipe prête à agir, plutôt que d’écouter tout le monde pour changer de décision au dernier moment », a-t-il lancé, fustigeant une certaine forme d’amateurisme au sommet de l’État. Le leader du TIM regrette également le manque de considération envers les grandes formations politiques dans le processus de Refondation, estimant que le poids du TIM ne peut être ignoré.
Apaisement social. Le leader du TIM a également lié la réussite de cette transition à l’apaisement social. Entre les délestages persistants, le manque d’eau chronique et l’insécurité alimentaire galopante, le quotidien des Malgaches est devenu une lutte de chaque instant. « En cette nouvelle année 2026, que nous soyons libérés de ces multiples crises », a-t-il souhaité, tout en félicitant le rétablissement des libertés fondamentales : expression, circulation et transparence. En tout cas, le message envoyé depuis Mahajanga est limpide : le TIM ne restera pas sur la touche. En tant que force politique majeure, le parti entend bien jouer son rôle d’observateur tout en réitérant son soutien au régime de Refondation. À Antananarivo, le pouvoir est prévenu : l’œil de Magro veille au grain.
(source: Julien R. – Midi M/kara)