Tentative d’attentat et projet de coup d’Etat: 13 personnes impliquées, mandat d’arrêt contre le colonel Patrick Rakotomamonjy

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Narindra Rakotoniaina, procureure de la République, a fait une déclaration publique, hier.

L’ancien directeur des doléances auprès de la présidence de la République est devenu une bête noire du régime en place. Sa traque est lancée.

Un dossier explosif. La procureure de la République, Narindra Rakotoniaina, a levé le voile hier sur une tentative d’attentat visant Michael Randrianirina, doublée d’un projet de coup d’État. Treize personnes sont impliquées, parmi lesquelles un général et plusieurs officiers supérieurs, dont le colonel Patrick Rakotomamonjy. Onze suspects ont déjà été incarcérés, tandis que deux autres, dont le principal instigateur présumé, sont en fuite. Le dossier, officiellement transmis à la justice le 31 mars 2026, accuse le colonel Patrick Rakotomamonjy, désigné comme le cerveau de l’opération.

Actuellement introuvable, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Sa cavale alimente toutes les inquiétudes au sein des autorités, avec les séries de vidéos qu’il publie sur les réseaux sociaux. Autre figure clé citée dans l’enquête, selon la procureure de la République : un général, dont l’identité n’a pas été officiellement révélée, mais dont le profil intrigue. Selon la procureure, il s’était déjà illustré en descendant dans la rue à la suite du changement de régime en octobre 2025, laissant entrevoir un engagement politique assumé au sein de l’appareil militaire.

Les déclarations de Narindra Rakotoniaina laissent entendre que le complot est structuré, avec des preuves accablantes. Les investigations menées par les autorités ont permis de reconstituer les contours d’un projet jugé sérieux et avancé. Les échanges entre les membres du groupe se faisaient principalement par SMS et via l’application WhatsApp, signe d’une coordination active et régulière. Plusieurs inculpés ont reconnu leur implication, selon Narindra Rakotoniaina, renforçant la solidité du dossier judiciaire. Les perquisitions ont révélé des éléments matériels lourds, dont des armes, et des liquidités importantes. Mais c’est surtout la dimension financière qui frappe.

Manne financière. Près de 20 milliards d’ariary ont été identifiés sur les comptes bancaires des suspects, selon la procureure de la République. Une manne qui soulève des interrogations majeures sur les soutiens dont aurait pu bénéficier ce réseau. Les treize individus sont donc poursuivis pour attentat contre le chef de l’État, port illégal d’armes et association de malfaiteurs. Des qualifications graves, à la hauteur des faits reprochés. L’enquête reste ouverte et pourrait connaître de nouveaux rebondissements, notamment pour identifier d’éventuels complices ou commanditaires encore dans l’ombre.

Les déclarations de la procureure de la République révèlent, en filigrane, l’existence de tensions persistantes au sein de certaines sphères militaires et politiques, dans un contexte post-transition encore instable. Cette tentative d’attentat intervient, d’ailleurs, dans un environnement marqué par les secousses du changement de régime d’octobre 2025. Elle met en lumière la fragilité de l’équilibre sécuritaire et les risques de déstabilisation interne. La traque du colonel Patrick Rakotomamonjy et l’identification des éventuels soutiens extérieurs seront déterminantes pour faire toute la lumière sur cette affaire.

 

(source: Rija R. – Midi M/kara)

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