Prix du carburant : le FMI recommande le maintien du mécanisme d’ajustement automatique

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Le Fonds monétaire international (FMI) hausse le ton face à la politique énergétique adoptée récemment par les autorités. Dans son communiqué de fin de mission publié après une visite entre le 26 mars et le 8 avril, l’institution insiste clairement sur la nécessité de maintenir le mécanisme automatique d’ajustement des prix des carburants. Une position qui s’apparente à une remise en cause directe de l’état d’urgence énergétique décrété par le gouvernement de la Refondation.

Alors que l’exécutif a décidé de plafonner les prix à la pompe pour faire face à la flambée des cours mondiaux liée à la guerre au Moyen-Orient, le FMI estime qu’une telle mesure pourrait fragiliser davantage les finances publiques. Pour ses émissaires, suspendre le mécanisme d’ajustement revient à transférer le poids de la hausse des prix internationaux vers le budget de l’État, au risque de limiter sa capacité à financer des priorités de développement.

L’institution de Bretton Woods plaide ainsi pour un retour rapide à ce dispositif automatique, considéré comme un outil essentiel de régulation. Selon elle, ce mécanisme permet d’absorber progressivement les variations des prix internationaux tout en évitant des déséquilibres budgétaires majeurs. En parallèle, le FMI recommande la mise en place de mesures sociales ciblées pour amortir l’impact sur les populations les plus vulnérables.

Cette prise de position tranche avec la stratégie défendue par le gouvernement.

Les autorités justifient le plafonnement comme une réponse exceptionnelle à une situation elle-même exceptionnelle. Elles mettent en avant la nécessité de protéger le pouvoir d’achat face à une hausse brutale des prix du pétrole, jugée incompatible avec le fonctionnement habituel du mécanisme d’ajustement.

Dans les faits, les prix à la pompe sont restés inchangés durant tout le mois d’avril, malgré la crise énergétique mondiale provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Une stabilité rendue possible par des stocks constitués avant l’escalade des tensions, mais dont la pérennité reste incertaine. La question du coût réel de cette décision se pose. Si l’écart entre les prix internationaux et les tarifs appliqués localement venait à se creuser, l’État pourrait être contraint d’intervenir financièrement. Un scénario que le FMI cherche précisément à éviter en appelant à une gestion plus alignée sur les mécanismes de marché.

(source: madagascar-tribune.com)

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