L’Iran frappe Israël qui riposte, le Moyen-Orient s’embrase à nouveau deux mois après la trêve
Après une frappe israélienne à Beyrouth, Téhéran revendique des représailles et menace de viser davantage d’intérêts israéliens et américains. L’État hébreu a répliqué en ciblant des sites militaires.

La trêve n’aura finalement tenu que deux mois. Israël a annoncé dimanche 7 juin avoir été visée par plusieurs salves de missiles tirées depuis l’Iran : une première depuis le cessez-le-feu conclu le 8 avril dernier entre Téhéran, Washington et l’État hébreu. Selon l’armée israélienne, des sirènes d’alerte ont retenti dans une large partie du nord du pays après la détection de projectiles lancés en direction du territoire israélien.
Quelques instants plus tard, les autorités militaires ont fait état d’un nouveau barrage de missiles. Aucune information sur d’éventuelles victimes ou dégâts n’a pour le moment été communiquée.
Face à cette nouvelle escalade, les autorités israéliennes ont annoncé la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires du pays. « À la suite de l’évaluation de la situation […], les activités éducatives ne peuvent pas avoir lieu », ont indiqué le ministère de l’Éducation et le Commandement du Front intérieur dans un communiqué conjoint.
Et malgré les appels à la retenue de Donald Trump, Israël a riposté et frappé à son tour l’Iran. Des explosions ont retenti à Téhéran et les villes de Tabriz et Ispahan, a annoncé la télévision d’État tôt ce lundi, au moment où l’armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé « des cibles militaires appartenant au régime terroriste iranien dans l’ouest et le centre de l’Iran ». Des « cibles militaires » ont aussi été frappées, a indiqué l’armée qui avait prévenu précédemment qu’elle frapperait l’Iran « avec force » en représailles aux deux vagues de missiles tirés depuis l’Iran, selon elle tous interceptés.
Téhéran revendique les frappes et cite le Liban
Téhéran a rapidement revendiqué l’opération qu’il présente comme une réponse directe à la frappe israélienne menée quelques heures plus tôt dans la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah libanais soutenu par l’Iran. Selon les autorités sanitaires libanaises, cette attaque a fait deux morts et une vingtaine de blessés.
Dans un communiqué, les Gardiens de la Révolution ont qualifié leurs tirs de missiles d’« avertissements ». « Si de telles agressions se reproduisent, la riposte sera plus large et visera toutes les cibles américano-sionistes de la région », ont-ils déclaré. Le chef du commandement des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, a accusé Israël d’avoir « franchi toutes les lignes rouges » avec son bombardement de Beyrouth. Il a également prévenu que toute nouvelle escalade entraînerait des « attaques destructrices » contre Israël et ses alliés.
Signe de la gravité de la situation, les autorités iraniennes ont annoncé dans la soirée la fermeture jusqu’à nouvel ordre de l’espace aérien dans l’ouest du pays. L’aviation civile a indiqué avoir pris cette décision pour des raisons de sécurité, appelant les voyageurs à éviter les aéroports concernés.
L’armée israélienne a par ailleurs indiqué avoir identifié un tir de missile en direction du territoire israélien depuis le Yémen, où les rebelles houthis soutiennent l’Iran.
Un processus « laborieux » de négociations diplomatiques
Cette reprise du conflit direct intervient alors que les discussions censées mettre un terme au conflit traversent une période d’enlisement. Malgré la trêve annoncée le 8 avril dernier, les tensions n’ont jamais totalement disparu entre les différents acteurs de la région.
Le Hezbollah a d’ailleurs confirmé avoir mené dimanche plusieurs attaques contre des positions militaires israéliennes dans le nord du pays. Israël affirme de son côté que la frappe menée à Beyrouth constituait une riposte à des tirs ennemis.
En parallèle, des négociations indirectes se poursuivent sous médiation pakistanaise pour tenter d’arracher un accord plus durable. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Ismaïl Baghaï, a décrit un processus « laborieux », dénonçant notamment les « changements de position » et les « déclarations contradictoires » de l’administration américaine.
Selon le média Axios, Donald Trump s’est entretenu dimanche soir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu afin qu’Israël ne riposte pas et que toute signature d’un accord avec Téhéran ne soit pas mise en péril. Aucun compte rendu officiel n’a été diffusé.
« Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l’Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu’il tombe à l’eau à cause de ce qui se passe actuellement », a-t-il affirmé selon le journaliste d’Axios Barak Ravid, qui dit l’avoir eu au téléphone.
(source: huffingtonpost.fr)