Refondation – Madagascar s’inspire de l’exemple gabonais

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Le Chef de l’État a effectué une visite de travail au Gabon. L’objectif principal de ce déplacement a été de s’inspirer de la manière dont ce pays a conduit et bouclé sa Transition en deux ans.

Photo de l’entretien entre le colonel Randrianirina et le président Oligui Nguema, au palais de la Rénovation, à Libreville, vendredi.

Faire du «benchmarking». Tel est l’objet de la visite de travail du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, et de la délégation qu’il a conduite au Gabon. Une visite de deux jours, vendredi et samedi, afin de s’inspirer de l’exemple gabonais en matière de transition politique et de refondation institutionnelle. Une transition que Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon, présente comme «un exemple à travers le monde».

Il s’agit de la première visite d’un Chef d’État malgache au Gabon, depuis 2008. Peu après son atterrissage à Libreville, capitale gabonaise, le locataire d’Iavoloha a été reçu par son homologue, Brice Clotaire Oligui Nguema, au palais de la Rénovation. «Nous avons largement abordé la refondation en cours à Madagascar depuis novembre 2025. Avec patriotisme et humilité, il est venu s’inspirer du modèle réussi de la Transition gabonaise», déclare donc ce dernier durant leur déclaration conjointe à la presse à l’issue de leur rencontre.

«(…) nous serions honorés de pouvoir bénéficier de la précieuse expérience du Gabon sur la conduite et la réussite de son propre processus de Transition. C’est avec un grand intérêt que nous souhaitons enrichir nos propres réflexions sur les aspects les plus importants du processus mené au Gabon», affirme pour sa part le colonel Randrianirina. Il a ainsi appelé à des échanges techniques entre les deux pays «afin de capitaliser sur les bonnes pratiques ainsi que sur les enseignements tirés des expériences gabonaises».

Durant sa rencontre avec son homologue gabonais, le Chef de l’État a présenté le contour de la refondation de la République de Madagascar. Un processus qui, selon lui, «est l’expression d’une exigence souveraine du peuple et s’inscrit dans un cadre juridique, institutionnel et temporel clairement défini avec un mandat de vingt-quatre mois». Le calendrier de la refondation, ajoute-t-il, «est contraignant et planifié».

L’officier supérieur a donc énuméré les principales étapes de la refondation, qui sont : «la concertation nationale, la réforme du système électoral, l’élaboration d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’une élection libre, crédible et transparente d’ici décembre 2027». Dans sa prise de parole, le président Oligui Nguema a fait part de quelques suggestions à son homologue malgache pour mener à bien, dans le délai imparti, la transition.

Un acte fédérateur

«Nous avons prioritairement évoqué la Feuille de route de la refondation de la République de Madagascar. En effet, ce processus de retour à l’ordre constitutionnel doit être jalonné par des étapes institutionnelles et politiques significatives», souligne le locataire du palais de la Rénovation. Il ajoute que la tenue de la concertation nationale «paraît comme une nécessité afin de garantir l’inclusion de toutes les parties prenantes, et de favoriser l’émergence d’un consensus véritablement partagé».

Sur sa lancée, Brice Clotaire Oligui Nguema a mis l’accent sur le fait de ne pas perdre de vue les aspirations exprimées par la population durant les manifestations ayant conduit le colonel Randrianirina au pouvoir. «Ils vous observent. Ils vous regardent et attendent de vous des signaux forts pour un retour à l’ordre constitutionnel dans les délais annoncés», déclare-t-il alors, en ajoutant que «la tenue des élections dans un délai de deux ans, à l’image du Gabon, sera un acte fédérateur majeur pour l’avenir de la République de Madagascar».

L’histoire politique récente du Gabon a des traits de ressemblance avec les péripéties politiques que vient de vivre Madagascar. Au Gabon, les militaires ont pris le pouvoir après avoir évincé l’ancien président Ali Bongo Ondimba, à l’issue d’une élection présidentielle contestée, en août 2023. Le général Brice Clotaire Oligui Nguema assure alors le rôle de Chef de l’État. Il préside également le Comité pour la Transition et la restauration des institutions.

La rupture avec le système politique en place depuis plus de cinquante ans, la réforme des institutions politiques, la restauration de la bonne gouvernance et l’organisation d’élections crédibles et acceptées de tous ont été les principaux objectifs du pouvoir transitoire gabonais. En avril 2025, soit moins de deux ans après le début de la transition, une élection présidentielle a été organisée au Gabon. Le général Oligui Nguema en sort vainqueur avec plus de 90 %, pour un taux de participation de près de 70 %.

La transition gabonaise a été relativement courte, avec une issue électorale apaisée. Une exception en Afrique. Toutefois, les observateurs internationaux s’accordent sur le fait que cette transition a été contrôlée de manière drastique par les militaires. Ce qui a amené des débats sur la nature démocratique du processus électoral qui en a découlé. D’autres estiment, par ailleurs, que des efforts sont encore à faire pour une réelle rupture avec l’ancien système politique.

La stabilité et l’issue apaisée de la transition gabonaise ont, néanmoins, permis de maintenir une bonne dynamique économique. Aux autorités malgaches de «capitaliser sur les bonnes pratiques ainsi que sur les enseignements tirés des expériences gabonaises», comme l’a indiqué le colonel Randrianirina. Après le Gabon, il a mis le cap sur le Nigeria et y atterri, hier. Il sera probablement question de voir sur place comment ce pays est devenu la première économie d’Afrique.

(source: Garry Fabrice Ranaivoson – lexpress.mg)

 

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