« Il y aura un procès et c’est une bonne chose », veut croire William Bourdon, avocat de l’ONG Transparency International, qui a déposé en 2007 la plainte à l’origine de l’affaire dite des « biens mal acquis », dans laquelle les magistrats cherchent à savoir si le patrimoine français de plusieurs dirigeants africains (gabonais donc, mais aussi congolais et équato-guinéen) a été constitué avec de l’argent public détourné. « Le clan Bongo va enfin être jugé, mais aussi des personnalités du monde des affaires, puisqu’elles ont servi de facilitateurs dans les détournements de fonds », poursuit Me Bourdon.
Gabon
Refondation – Madagascar s’inspire de l’exemple gabonais
Le Chef de l’État a effectué une visite de travail au Gabon. L’objectif principal de ce déplacement a été de s’inspirer de la manière dont ce pays a conduit et bouclé sa Transition en deux ans.

Faire du «benchmarking». Tel est l’objet de la visite de travail du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, et de la délégation qu’il a conduite au Gabon. Une visite de deux jours, vendredi et samedi, afin de s’inspirer de l’exemple gabonais en matière de transition politique et de refondation institutionnelle. Une transition que Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon, présente comme «un exemple à travers le monde».
Il s’agit de la première visite d’un Chef d’État malgache au Gabon, depuis 2008. Peu après son atterrissage à Libreville, capitale gabonaise, le locataire d’Iavoloha a été reçu par son homologue, Brice Clotaire Oligui Nguema, au palais de la Rénovation. «Nous avons largement abordé la refondation en cours à Madagascar depuis novembre 2025. Avec patriotisme et humilité, il est venu s’inspirer du modèle réussi de la Transition gabonaise», déclare donc ce dernier durant leur déclaration conjointe à la presse à l’issue de leur rencontre.
«(…) nous serions honorés de pouvoir bénéficier de la précieuse expérience du Gabon sur la conduite et la réussite de son propre processus de Transition. C’est avec un grand intérêt que nous souhaitons enrichir nos propres réflexions sur les aspects les plus importants du processus mené au Gabon», affirme pour sa part le colonel Randrianirina. Il a ainsi appelé à des échanges techniques entre les deux pays «afin de capitaliser sur les bonnes pratiques ainsi que sur les enseignements tirés des expériences gabonaises».
Durant sa rencontre avec son homologue gabonais, le Chef de l’État a présenté le contour de la refondation de la République de Madagascar. Un processus qui, selon lui, «est l’expression d’une exigence souveraine du peuple et s’inscrit dans un cadre juridique, institutionnel et temporel clairement défini avec un mandat de vingt-quatre mois». Le calendrier de la refondation, ajoute-t-il, «est contraignant et planifié».
L’officier supérieur a donc énuméré les principales étapes de la refondation, qui sont : «la concertation nationale, la réforme du système électoral, l’élaboration d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’une élection libre, crédible et transparente d’ici décembre 2027». Dans sa prise de parole, le président Oligui Nguema a fait part de quelques suggestions à son homologue malgache pour mener à bien, dans le délai imparti, la transition.
Un acte fédérateur
«Nous avons prioritairement évoqué la Feuille de route de la refondation de la République de Madagascar. En effet, ce processus de retour à l’ordre constitutionnel doit être jalonné par des étapes institutionnelles et politiques significatives», souligne le locataire du palais de la Rénovation. Il ajoute que la tenue de la concertation nationale «paraît comme une nécessité afin de garantir l’inclusion de toutes les parties prenantes, et de favoriser l’émergence d’un consensus véritablement partagé».
Sur sa lancée, Brice Clotaire Oligui Nguema a mis l’accent sur le fait de ne pas perdre de vue les aspirations exprimées par la population durant les manifestations ayant conduit le colonel Randrianirina au pouvoir. «Ils vous observent. Ils vous regardent et attendent de vous des signaux forts pour un retour à l’ordre constitutionnel dans les délais annoncés», déclare-t-il alors, en ajoutant que «la tenue des élections dans un délai de deux ans, à l’image du Gabon, sera un acte fédérateur majeur pour l’avenir de la République de Madagascar».
Gabon : la justice française clôt l’enquête sur les « biens mal acquis » de la famille Bongo
Vingt-quatre personnes ont été mises en examen. L’ex-Miss France Sonia Rolland et la banque BNP Paribas sont poursuivies, mais pas l’ancien président Ali Bongo Ondimba.

Il aura fallu quinze années pour que la justice française vienne à bout de cette enquête tentaculaire. Le juge d’instruction chargé de connaître l’origine des biens acquis en France par la famille Bongo, qui a régné sur le Gabon pendant cinquante-cinq ans, a annoncé vendredi 4 avril la fin des investigations. Vingt-quatre personnes ont été mises en examen, mais pas l’ancien président Ali Bongo Ondimba. Il revient désormais au Parquet national financier (PNF) de prendre ses réquisitions avant la décision finale du magistrat instructeur sur la tenue éventuelle d’un procès, « qui pourrait avoir lieu avant le printemps 2026 », estime auprès du Monde une source proche du dossier.
Au Gabon, le nouveau pouvoir veut écarter la « légion étrangère » d’Ali Bongo
Le président de la transition issue du putsch, Brice Oligui Nguema, a annoncé une éviction des personnes d’origine étrangère de la politique et de l’administration, et une restriction de l’accession à la nationalité gabonaise.

De toutes les promesses de réformes formulées, lundi 4 septembre, lors de son discours à la nation par le général Brice Oligui Nguema, tout nouveau président de la transition au Gabon depuis son putsch, cinq jours auparavant, il en est une qui a fait se lever l’assistance et provoqué le plus de clameur sur l’esplanade Hassan-II : « Réviser les conditions d’attribution de la nationalité gabonaise. » « Je m’engage, a-t-il précisé, à ce que les relations séculaires entre les Gabonais et nos frères étrangers soient toujours des relations de grande amitié, de tolérance et de concorde, [mais] la politique et l’administration dans un pays sont des domaines de la souveraineté nationale, le dire n’est nullement de la xénophobie. »
A Libreville, pas besoin d’être plus explicite. Tout le monde a en tête ce que l’opposition dénonçait, il y a dix ans déjà, comme la « légion étrangère », ces conseillers non gabonais placés par Ali Bongo Ondimba aux plus hautes fonctions de l’Etat. Principalement au sein de l’administration présidentielle ou à la tête d’agences publiques spécialisées qui ont constitué, au fil du temps, un véritable pouvoir parallèle, au fonctionnement opaque, et qui supplante les attributions du gouvernement.
Peu après le coup de force du général Oligui Nguema, plusieurs vidéos tournées par les nouvelles autorités ont continué à alimenter la colère. Sur l’une d’elles, le personnage principal n’est autre que Mohamed Aliou Oceni, ancien directeur du cabinet adjoint de Noureddin Bongo Valentin, le fils du président déchu, catapulté « coordinateur des affaires présidentielles », en 2019, juste après le grave accident vasculaire cérébral de son père. Les enquêteurs qui ont débarqué au petit matin chez ce Béninois d’origine ont non seulement découvert un très luxueux domicile, bien au-dessus des moyens d’un directeur du cabinet adjoint. Mais ils ont aussi ouvert plusieurs coffres-forts débordant d’argent liquide. Même scène chez Kim Oun, un Coréen chargé d’affaires au cabinet de la première dame, Sylvia Bongo Ondimba, franco-gabonaise.
D’autres avant eux avaient défrayé la chronique : Maixent Accrombessi, d’origine béninoise, ou le Franco-Gabonais Brice Laccruche Alihanga, successifs directeurs du cabinet d’Ali Bongo Ondimba, qui faisaient la pluie et le beau temps dans le palais du bord de mer …
(suite dans: lemonde.fr)
Après le putsch au Gabon, la France suspend ses activités militaires
Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, en a fait l’annonce dans un entretien accordé au « Figaro ».

DÉFENSE – La carte de la vigilance. Dans un entretien accordé au Figaro ce vendredi 1er septembre, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a annoncé la suspension des activités militaires des quelque 400 soldats français stationnés en permanence au Gabon, en réaction au putsch ayant renversé le président Ali Bongo.
« Ce sont des soldats qui font de la formation et qui ont toujours été aux côtés de l’armée gabonaise. À l’heure actuelle, leurs activités ont été suspendues en attendant que la situation politique se clarifie » , a-t-il commenté.
Ces forces permanentes, dites prépositionnées, participent à la protection des ressortissants français, se tiennent prêtes à venir en renfort d’opérations et coopèrent avec les armées nationales gabonaises et de pays voisins comme le Cameroun pour des exercices ou encore des formations.
Or, ce mercredi 30 août, des militaires putschistes ont annoncé avoir mis « fin au régime en place » au Gabon et avoir placé en résidence surveillée le président au pouvoir depuis 14 ans, juste après l’annonce officielle de sa victoire à la présidentielle organisée le samedi précédent.
« Coups de force »
Le ministre français des Armées a néanmoins tenu à différencier les coups d’État au Gabon et au Niger, où des militaires retiennent prisonnier depuis fin juillet le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, ce que la France conteste.
« La France condamne tous les coups de force (…) Pour autant, nous ne pouvons pas mettre sur le même plan la situation au Niger, où des militaires illégitimes ont destitué un président légitimement élu, et celle du Gabon, où le mobile avancé par les militaires est précisément le non-respect de la loi électorale et de la Constitution. Car de fait, et, je pèse mes mots, il existe des doutes sur la sincérité des élections dans ce pays », souligne Sébastien Lecornu.
Le bras de fer diplomatique entre le régime militaire au pouvoir au Niger et la France s’est poursuivi vendredi, les autorités de Niamey dénonçant « l’ingérence » de Paris qui refuse toujours de reconnaître leur légitimité.
Alors que la junte a demandé jeudi à la police nigérienne d’expulser l’ambassadeur de France, « c’est la responsabilité du Niger que d’assurer la sécurité de l’ambassade de France. C’est le droit international et il doit être respecté. Tout comme il est de la responsabilité de la France d’assurer la sécurité de l’ambassade du Niger à Paris », a martelé le ministre français.
(source: huffingtonpost.fr)
Le Gabon et le Togo intègrent le Commonwealth
ÉTAPES. La grande communauté que la Grande-Bretagne a mise en place avec ses ex-colonies révèle sa force d’attraction avec l’entrée de ces deux pays francophones.

Mais qu’est-ce qui fait courir des pays francophones vers le Commonwealth ? La question mérite d’être posée alors que le Gabon et le Togo, deux anciennes colonies françaises, intègrent officiellement la communauté anglophone dès ce 24 juin, lors du sommet des chefs d’État prévu au Kigali Center, superbe bâtiment ultramoderne construit au lendemain de l’adhésion du Rwanda au Commonwealth en 2009.
L’Afrique, avec dix-neuf membres, forme le plus gros contingent de pays du Commonwealth avec pour spécificité le fait que certains États comme le Mozambique, colonie portugaise, et le Rwanda, le 54e membre, ne sont pas d’anciennes colonies ou protectorats britanniques. Officiellement, après leur indépendance, de nombreux nouveaux États africains ont choisi d’intégrer le Commonwealth pour perpétuer des relations cordiales avec la Couronne. Et pourtant le rôle de l’organisation et sa pertinence sont de plus en plus remis en question. Dans certains États comme la Barbade, qui a renoncé fin 2021 au statut de monarchie constitutionnelle pour devenir une république sans pour autant quitter le Commonwealth, la Jamaïque et surtout l’Australie, les débats sont vifs autour de la question d’abandonner à terme la Couronne.
Pour le Gabon, un tournant stratégique
À rebours de ces questionnements, le président gabonais Ali Bongo Ondimba a justifié en tout début d’année ce « tournant géopolitique majeur par la nécessité d’appartenir à un autre espace multiculturel dans un monde globalisé ». Riche en pétrole et en uranium, le Gabon, deux millions d’habitants, a longtemps constitué un pays clé pour la France sur le continent.
Francophonie et Commonwealth : qu’apportent-ils aux pays africains ?
A l’instar du Cameroun et du Rwanda, le Gabon et le Togo, d’autres pays francophones annoncent leur volonté d’être membres du Commonwealth. Mais qu’apportent ces deux regroupements aux pays membres africains ?
La Francophonie et le Commonwealth sont deux institutions qui regroupent des anciennes colonies françaises ou britanniques.
Qu’est-ce que la francophonie ?

La Francophonie, c’est une organisation bâtie autour du français.
La langue commune compte 300 millions de locuteurs, répartis sur les cinq continents selon le dernier rapport en date de l’Observatoire de la langue française, publié en 2018.
Qu’est ce que le Commonwealth ?

Le Commonwealth regroupe 54 pays qui totalisent une population de 2,4 milliards de personnes et comprend à la fois des économies avancées et des pays en voie de développement.
Les gouvernements des pays membres ont convenu d’objectifs communs tels que le développement, la démocratie et la paix. des valeurs et principes exprimés dans la Charte du Commonwealth.
Les racines du Commonwealth remontent à l’Empire britannique.