aliiance 80 ans

États-Unis – Europe : la fin d’une alliance de 80 ans ?

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La discussion a pris tout le monde de court. Après un échange téléphonique mercredi, Vladimir Poutine a invité Donald Trump à venir discuter à Moscou des conditions pour l’arrêt de la guerre contre l’Ukraine. Moscou souhaite la reddition de l’Ukraine, l’abandon de son adhésion à l’OTAN et le contrôle des territoires ukrainiens occupés. Depuis le début du conflit, c’est la première fois qu’une équipe de négociateurs américains est officiellement attendue à Moscou. Donald Trump peut savourer, lui qui avait promis pendant sa campagne de mettre fin à cette guerre « ridicule ».

À l’instar d’Emmanuel Macron, certains chefs d’État n’ont pas caché leur inquiétude quant à la tournure prise par les événements. Le président français redoute que l’accord de paix se transforme en « capitulation » de l’Ukraine. « La seule question à ce stade, c’est si, de manière sincère, durable, soutenable, le président Poutine est prêt à un cessez-le-feu sur cette base-là ». Quant à Volodymyr Zelensky, il craint déjà de voir l’Union européenne exclue des pourparlers : « Tout le monde comprend le format probable [de négociation] : les Etats-Unis, l’Ukraine et la Russie. Mais où est l’Europe ? », s’est-il inquiété. L’Ukrainien est aujourd’hui à la Conférence de Munich sur la sécurité, là où les Russes sont absents. Si le président polonais Donald Tusk a appelé à l’unité européenne dans le cadre de pourparlers, tous les chefs d’État ne se sont pas prononcés. Certains, comme le Hongrois Viktor Orban, ont déjà acté leur soutien à la position russe : « La position de Bruxelles, qui consiste à soutenir le massacre aussi longtemps que nécessaire, est moralement et politiquement inacceptable ». Quant à l’Italie, dont la Première ministre Giorgia Meloni affiche sa proximité avec Elon Musk, elle n’a pas encore réagi à ces annonces.

La défense était déjà un sujet de tension interne à l’UE ces derniers mois, mais le retour de Donald Trump à la Maison Blanche crispe encore un peu plus les Européens. Dans sa logique de nationalisme économique, le président américain souhaite que les États membres de l’Otan augmentent de 2 à 5% leur budget militaire. « Ils devraient être à 5 %, pas 2 % (…) Ils peuvent tous se le permettre », avait-il avancé en janvier dernier lors d’une conférence de presse dans son fief de Mar-a-Lago (Floride). Après l’invasion de la Crimée par la Russie en 2014, les pays de l’Otan s’étaient engagés à consacrer au moins 2 % de leur PIB à la défense, mais sur les 32 pays membres, seuls 23 ont tenu leur engagement.  Lire la suite »