Boris Johnson
Royaume-Uni, législatives: Boris Johnson exulte, Jeremy Corbyn « très déçu »
« Ce serait la plus grande victoire du parti conservateur depuis 1987, et le pire score des Travaillistes depuis 1935 »
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a, selon un sondage de sortie des urnes, remporté jeudi la majorité absolue nécessaire pour se maintenir au pouvoir et faire adopter l’accord de Brexit qu’il a négocié avec l’Union européenne.
MPs back Brexit deal delay
UK PM Boris Johnson says he will put bill on deal to leave EU to MPs next week, in attempt to avoid delay.
Les députés ajournent leur vote sur l’accord, Johnson refuse de négocier un report
- Deux jours après l’accord trouvé entre le gouvernement de Boris Johnson et ses 27 homologues européens, les députés de la Chambre des communes se sont réunis samedi 19 octobre de 10 h 30 à 17 h (heure française).
- Dans une ambiance électrique, Boris Johnson a imploré les députés britanniques de voter pour l’accord de divorce conclu in extremis cette semaine entre Londres et Bruxelles, à moins de deux semaines du 31 octobre, date fixée pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
- Mais le premier ministre a été désavoué par un député de son propre camp, le conservateur Oliver Letwin, qui a fait adopter – à 322 voix pour, 306 contre – un amendement qui complique singulièrement ses plans. Cet amendement contraint Boris Johnson à demander un report du Brexit le temps que soit adoptée toute la législation nécessaire à la mise en oeuvre de l’accord qu’il a décroché à Bruxelles.
- Boris Johnson a ensuite réagi en rappelant sa détermination à sortir son pays de l’UE coûte que coûte le 31 octobre, assurant ne pas vouloir « négocier de report » avec les 27. Il a regretté que le vote historique qui était prévu samedi sur son accord de divorce avec Bruxelles soit désormais « vidé de son sens ».
- « C’est au gouvernement britannique de nous informer des prochaines étapes dès que possible », a fait savoir Mina Andreeva, la porte-parole de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.
(Le Monde)
Brexit : « La Cour suprême a décidé que les pouvoirs du gouvernement étaient limités par la souveraineté du Parlement »
Joelle Grogan, professeur de droit à l’université Middlesex London, réagit à la décision de la Cour suprême d’annuler la prorogation du Parlement ordonnée par Boris Johnson.

La Cour suprême britannique a unanimement jugé illégale mardi la suspension du Parlement décidée par Boris Johnson, une décision spectaculaire et une défaite majeure pour le premier ministre Boris Johnson, visé par nombreux appels à la démission. « Personne, pas même le premier ministre, n’est au-dessus des lois », se félicite Joelle Grogan, professeur de droit à l’université Middlesex London, qui répond aux questions du Monde.
Quelle est la portée du jugement de la Cour suprême ?
C’est un tremblement de terre. Les onze juges les plus importants du pays ont décidé, à l’unanimité, que les pouvoirs du gouvernement étaient limités par la souveraineté du Parlement, et par son devoir de s’expliquer (accountability) auprès du Parlement. C’est une décision incroyable, qui impacte l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Cela place le Parlement au cœur de notre Constitution. Les juges ont déclaré que personne n’était plus puissant que le Parlement, mais aussi qu’ils seraient toujours là pour le soutenir, qu’ils ne seraient pas neutres.
Parmi les constitutionnalistes et les experts en droit qui ont suivi les audiences de la Cour suprême, personne ne s’attendait à ce que la décision aille si loin. Non seulement la Cour suprême a décidé que la prorogation était illégale, mais elle l’annule, ce qui est inattendu.
La France hostile à un report du Brexit «en l’état actuel des choses»
Il n’est pas question d’accepter que la date de la sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni soit repoussée «en l’état actuel des choses», a déclaré dimanche 8 septembre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
«Il faut que les Britanniques nous disent ce qu’ils veulent. (…) On ne va pas recommencer tous les trois mois», a ajouté le chef de la diplomatie française. «Que les Britanniques assument leur situation.»
(… lire l’intégralité)
Brexit : Boris Johnson perd le contrôle ?
Ses propositions (stratégies) ont été repoussées 3 fois en 48 heures par le vote du Parlement du Royaume-Uni.
Les députés ont voté contre l’avis du premier ministre, mercredi, un texte demandant le report de la sortie de l’UE au 31 janvier 2020. Ils ont également rejeté sa proposition d’élections le 15 octobre.
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Boris Johnson, déjà la sortie de route ? Mercredi 4 septembre, six semaines à peine après son arrivée à Downing Street, le premier ministre britannique a perdu la maîtrise de sa stratégie sur le Brexit, celle de son calendrier et même celle de son propre camp, en pleine crise interne.
La veille, déjà, Boris Johnson avait encaissé coup sur coup la défection d’une vingtaine de tories de premier plan, perdu sa majorité et cédé le contrôle de l’agenda législatif à la Chambre des communes. « Il y aura des bosses sur la route », avait-il prévenu fin août, à propos d’un éventuel « no deal » ou d’une négociation commerciale avec les Etats-Unis. Avait-il prévu d’être aussi secoué, et aussi vite ?
Le frère de Boris Johnson annonce sa démission du gouvernement
Député depuis 2010, Jo Johnson avait été nommé au gouvernement bien qu’il soit favorable à un deuxième référendum sur le Brexit, contrairement à son frère.
« Ce fut un honneur de représenter Orpington pendant neuf ans et de servir comme ministre sous trois gouvernements. Ces dernières semaines, j’ai été déchiré entre la loyauté à l’égard de ma famille et l’intérêt national. C’est un dilemme insoluble et il est temps que d’autres prennent ma place de député et [de] ministre. »
En Turquie, les origines ottomanes de Boris Johnson réjouissent la presse progouvernement
Des journaux nationalistes rappellent que l’arrière-grand-père du nouveau premier ministre britannique s’était opposé à Atatürk.
L’accession de Boris Johnson à la fonction de premier ministre du Royaume-Uni a réjoui les médias turcs progouvernementaux, prompts à y voir le gage d’un renforcement des liens entre la Turquie, qui rêve de rejoindre l’Union européenne (UE), et la Grande-Bretagne qui brûle de la quitter. Peu importe que le politicien à la crinière blonde soit hostile à la candidature turque à l’UE. Et tant pis s’il a rédigé, en 2016, un poème peu flatteur à l’endroit du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qualifié par lui de « formidable branleur ». Le plus important, aux yeux des médias et des politiciens du cru, ce sont ses origines turques.
« Boris le Turc », comme l‘a qualifié la presse, est perçu avant tout comme un fils du pays. Le fait que son arrière-grand-père, Ali Kemal (1867-1922), fut ministre de l’intérieur à l’époque de l’Empire ottoman fait de lui un produit du terroir. « Le petit-fils d’un Ottoman devient premier ministre ! », ont titré les journaux au lendemain de son arrivée au 10 Downing Street, le 24 juillet. Le président Erdogan l’a félicité d’un Tweet, voyant sa nomination comme l’assurance d’une « amélioration des relations ».
L’enthousiasme était à son comble à Kalfat (région de Cankiri, nord de l’Anatolie), le village dont la famille de Boris Johnson est originaire. « Chez nous, ses ancêtres sont appelés “les blonds” et d’ailleurs la blondeur de Boris Johnson lui vient de cette lignée », affirme Mustafa Bal, un villageois de Kalfat, à l’agence de presse turque Demirören. En 2016, l’homme politique britannique, alors chef de la diplomatie, s’était rendu dans le village de ses ancêtres où il avait été accueilli en hôte de marque.
« Un ennemi de l’islam »
Insensible aux racines turques de Boris Johnson, le journal islamo-nationaliste Yeni Akit a pris soin de rappeler qu’il était avant tout « un ennemi de l’islam », connu pour ses déclarations moquant les femmes qui portent la burqa et ses critiques de la religion islamique.
« Boris est l’arrière-petit-fils d’un traître », a cru bon de rappeler le quotidien nationaliste Sözcü, une allusion au rôle joué par son aïeul lors de la guerre d’indépendance. Ce rôle a été passé au crible par les personnalités politiques et les médias ces derniers jours, décrit tour à tour comme « un collabo » ou un héros. Lire la suite »
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