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Royaume-Uni, législatives: Boris Johnson exulte, Jeremy Corbyn « très déçu »

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« Ce serait la plus grande victoire du parti conservateur depuis 1987, et le pire score des Travaillistes depuis 1935 »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a, selon un sondage de sortie des urnes, remporté jeudi la majorité absolue nécessaire pour se maintenir au pouvoir et faire adopter l’accord de Brexit qu’il a négocié avec l’Union européenne.

Brexit : les élections du 12 décembre, un pari risqué pour Boris Johnson

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Le premier ministre a finalement arraché, mardi, l’organisation du scrutin qu’il défendait depuis plusieurs semaines. Sans garantie d’obtenir la majorité nécessaire pour mener à bien le divorce avec l’UE.

Boris Johnson devant la Chambre des communes à Londres, le 29 octobre. UK PARLIAMENT / JESSICA TAYLOR / AP

La quatrième tentative fut la bonne. Mardi 29 octobre, après trois votes ratés ces dernières semaines (dont un la veille), Boris Johnson a finalement réussi à décrocher la tenue d’élections générales anticipées. Elles devraient avoir lieu le 12 décembre, comme il le souhaitait. Si les Lords vont dans le même sens que les députés, ce qui est probable – ils doivent examiner la proposition gouvernementale mercredi 30 octobre –, les Britanniques seront donc appelés aux urnes pour la troisième fois en trois ans (après le référendum de 2016, et les élections générales de 2017).

Le premier ministre tenait à cette date du 12 décembre : elle tombe un jeudi, traditionnel jour de scrutin au Royaume-Uni. Il s’agissait surtout d’une des seules disponibles pour une élection avant Noël, étant donné que le Parlement britannique doit être dissous au plus tard vingt-cinq jours avant la tenue du vote, que Westminster a besoin d’encore quelques jours pour expédier les affaires courantes, et qu’au-delà de mi-décembre, les lieux publics (écoles, etc.) disponibles pour aller voter sont mobilisés par les fêtes de fin d’année.

Sortir de l’ornière

Cela fait près d’un siècle que les Britanniques n’ont pas voté à cette saison : le précédent remonte aux élections générales de 1923, organisées un 6 décembre.

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Brexit reporté au 31 Janvier 2020 selon Donald Tusk

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Royaume-Uni: Les 27 pays de l’Union européenne ont donné leur feu vert pour accorder un nouveau report de la date de sortie du Royaume-Uni jusqu’au 31 janvier 2020.

A trois jours de la date prévue du Brexit le 31 octobre, «les 27 se sont accordés pour accepter la demande du Royaume-Uni pour un report flexible du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020», a annoncé le président du Conseil européen Donald Tusk sur Twitter. Cette extension prévoit une date butoir au 31 janvier, mais avec la possibilité pour le Royaume-Uni de quitter l’UE au 30 novembre ou au 31 décembre en cas de ratification de l’accord de sortie avant ces échéances.

La France, pays le plus réticent à un report long, a donné son accord à cette nouvelle prolongation en l’assortissant de conditions. La décision s’accompagne d’une déclaration politique, dans laquelle l’UE exclut toute renégociation de l’accord conclu avec le Premier ministre britannique Boris Johnson et demande à Londres de proposer un candidat britannique comme commissaire européen.

Les conditions du report agréées par les ambassadeurs des 27 à Bruxelles doivent être acceptées par Londres. La formalisation du report devrait intervenir d’«ici mardi ou mercredi» à l’issue d’une consultation des dirigeants des 27 par une procédure écrite, selon une source européenne.

MPs back Brexit deal delay

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UK PM Boris Johnson says he will put bill on deal to leave EU to MPs next week, in attempt to avoid delay.


Les députés ajournent leur vote sur l’accord, Johnson refuse de négocier un report

  • Dans une ambiance électrique, Boris Johnson a imploré les députés britanniques de voter pour l’accord de divorce conclu in extremis cette semaine entre Londres et Bruxelles, à moins de deux semaines du 31 octobre, date fixée pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
  • Mais le premier ministre a été désavoué par un député de son propre camp, le conservateur Oliver Letwin, qui a fait adopter – à 322 voix pour, 306 contre – un amendement qui complique singulièrement ses plans. Cet amendement contraint Boris Johnson à demander un report du Brexit le temps que soit adoptée toute la législation nécessaire à la mise en oeuvre de l’accord qu’il a décroché à Bruxelles.
  • Boris Johnson a ensuite réagi en rappelant sa détermination à sortir son pays de l’UE coûte que coûte le 31 octobre, assurant ne pas vouloir « négocier de report » avec les 27. Il a regretté que le vote historique qui était prévu samedi sur son accord de divorce avec Bruxelles soit désormais «  vidé de son sens ».
  • « C’est au gouvernement britannique de nous informer des prochaines étapes dès que possible », a fait savoir Mina Andreeva, la porte-parole de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

(Le Monde)

BREXIT : Accord conclu entre le Royaume-Uni et l’Union européenne

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Si l’accord est ratifié par le parlement européen et le parlement britannique, le Brexit aura bien lieu le 31 octobre, selon l’accord mis sur la table ce jeudi.

Les travaillistes britanniques opposés à l’accord

L’accord annoncé à Bruxelles «ne rassemblera pas le pays et doit être rejeté. La meilleure façon de résoudre le Brexit est de donner à la population le dernier mot lors d’un vote populaire», a déclaré de son côté Jeremy Corbyn, leader du Labour (245 députés), dans un communiqué. D’après lui, l’accord serait « encore pire » que celui qui avait été négocié par Theresa May et avait par trois fois été rejeté par les députés de la Chambre des Communes.

Brexit : « La Cour suprême a décidé que les pouvoirs du gouvernement étaient limités par la souveraineté du Parlement »

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Joelle Grogan, professeur de droit à l’université Middlesex London, réagit à la décision de la Cour suprême d’annuler la prorogation du Parlement ordonnée par Boris Johnson.

Des opposants au Brexit, le 24 septembre devant la Cour suprême, à Londres. Matt Dunham / AP

La Cour suprême britannique a unanimement jugé illégale mardi la suspension du Parlement décidée par Boris Johnson, une décision spectaculaire et une défaite majeure pour le premier ministre Boris Johnson, visé par nombreux appels à la démission. « Personne, pas même le premier ministre, n’est au-dessus des lois », se félicite Joelle Grogan, professeur de droit à l’université Middlesex London, qui répond aux questions du Monde.

Quelle est la portée du jugement de la Cour suprême ?

C’est un tremblement de terre. Les onze juges les plus importants du pays ont décidé, à l’unanimité, que les pouvoirs du gouvernement étaient limités par la souveraineté du Parlement, et par son devoir de s’expliquer (accountability) auprès du Parlement. C’est une décision incroyable, qui impacte l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Cela place le Parlement au cœur de notre Constitution. Les juges ont déclaré que personne n’était plus puissant que le Parlement, mais aussi qu’ils seraient toujours là pour le soutenir, qu’ils ne seraient pas neutres.

Parmi les constitutionnalistes et les experts en droit qui ont suivi les audiences de la Cour suprême, personne ne s’attendait à ce que la décision aille si loin. Non seulement la Cour suprême a décidé que la prorogation était illégale, mais elle l’annule, ce qui est inattendu.

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Le PDG de Thomas Cook fait le « constat terrible » de la faillite

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Dette, concurrence et Brexit ont entraîné la faillite du voyagiste britannique Thomas Cook

Il n’a fallu que quelques jours pour que Thomas Cook, le vénérable opérateur de tourisme britannique né en 1841, passe d’une situation de grande difficulté à la faillite. Elle a été annoncée par le conseil d’administration et les autorités, dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 septembre, au terme d’un week-end d’ultimes tractations entre ses dirigeants, ses banques créancières, l’actionnaire chinois Fosun et le gouvernement.

L’Autorité britannique de l’aviation civile (CAA) a indiqué que l’opérateur « a cessé ses activités avec effet immédiat ». « Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées », ajoute-elle. Ce sont donc 600 000 clients à travers le monde qui devront être rapatriés dans les jours qui viennent, dont 150 000 Britanniques.

Le gouvernement a activé un plan d’urgence baptisé « Opération Matterhorn », du nom d’une campagne de bombardement américaine lors de la deuxième guerre mondiale. Pour le ministère des transports, c’est « l’opération de rapatriement la plus importante pour des civils de l’histoire en temps de paix ». Elle devrait durer jusqu’au 6 octobre, avec l’aide d’avions spécialement affrétés et de vols commerciaux existants.

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Les limites du « gigantisme »

Brexit : Boris Johnson perd le contrôle ?

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Ses propositions (stratégies) ont été repoussées 3 fois en 48 heures par le vote du Parlement du Royaume-Uni.

Les députés ont voté contre l’avis du premier ministre, mercredi, un texte demandant le report de la sortie de l’UE au 31 janvier 2020. Ils ont également rejeté sa proposition d’élections le 15 octobre.

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Boris Johnson, déjà la sortie de route ? Mercredi 4 septembre, six semaines à peine après son arrivée à Downing Street, le premier ministre britannique a perdu la maîtrise de sa stratégie sur le Brexit, celle de son calendrier et même celle de son propre camp, en pleine crise interne.

La veille, déjà, Boris Johnson avait encaissé coup sur coup la défection d’une vingtaine de tories de premier plan, perdu sa majorité et cédé le contrôle de l’agenda législatif à la Chambre des communes. « Il y aura des bosses sur la route », avait-il prévenu fin août, à propos d’un éventuel « no deal » ou d’une négociation commerciale avec les Etats-Unis. Avait-il prévu d’être aussi secoué, et aussi vite ?

Le frère de Boris Johnson annonce sa démission du gouvernement

Député depuis 2010, Jo Johnson avait été nommé au gouvernement bien qu’il soit favorable à un deuxième référendum sur le Brexit, contrairement à son frère.

« Ce fut un honneur de représenter Orpington pendant neuf ans et de servir comme ministre sous trois gouvernements. Ces dernières semaines, j’ai été déchiré entre la loyauté à l’égard de ma famille et l’intérêt national. C’est un dilemme insoluble et il est temps que d’autres prennent ma place de député et [de] ministre. »

Le trublion Boris Johnson prend la succession de Theresa May

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L’ancien maire de Londres a réussi à rallier les membres de son parti en leur promettant de faire enfin sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne, la cheffe du gouvernement sortante ayant échoué à concrétiser le résultat du référendum de juin 2016.

Mais ses détracteurs craignent qu’il peine à maîtriser les subtilités du Brexit, soulignant que dans ses postes précédents, il n’a pas brillé par son sens du détail.

Mister bourde

Né en 1964 à New York, ce fils d’un eurodéputé britannique et d’une mère artiste, a commencé sa carrière en tant que journaliste. Sa première expérience se révèle être un fiasco. Alors qu’il débute au Times, il invente une citation d’un professeur d’université et se fait licencier dans la foulée. De 1989 à 1994, il devient le correspondant pour l’Europe du Daily Telegraph à Bruxelles. Il se fait rapidement connaître du grand public pour ses papiers grinçants sur les travers des institutions européennes. Comme le raconte le correspondant de Libération, Jean Quatremer, qui l’a côtoyé à l’époque, « c’est lui qui a inventé un genre journalistique, les ‘euromyths’ que l’on appellerait aujourd’hui ‘fake news’ ».

« Il n’a pas hésité, avec l’approbation de sa rédaction en chef, à travestir la réalité, voire à inventer de toutes pièces des histoires, afin de donner de l’Europe l’image d’un monstre bureaucratique prenant des décisions les plus absurdes », décrit son confrère français.

Courbure des bananes, taille des saucisses, standardisation des cercueils ou interdiction des cocktails de crevettes, Boris Johnson n’hésite pas à forcer le trait et s’attire la sympathie des milieux conservateurs. À la fin des années 90, il se lance ensuite en politique, mais n’arrive pas à se faire élire député. Ce n’est qu’en 2001 qu’il obtient enfin une circonscription dans l’Oxfordshire.

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Démission de Theresa May: erreur de stratégie au départ?

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Prenant acte de son échec à mettre en œuvre le Brexit, la première ministre britannique a annoncé sa démission pour le 7 juin prochain. Votes de défiance, trahison des siens, revers électoraux … Retour sur deux ans de mandat.

Retenant ses larmes, des trémolos dans la voix, la première ministre Theresa May a annoncé sa démission de la tête du Parti conservateur pour le 7 juin prochain, ouvrant officiellement la course à sa succession. En deux ans de mandat, la chef du gouvernement britannique a multiplié les défaites, humiliations et coups bas: Donald Trump a affirmé devant elle que son ancien ministre Boris Johnson «ferait un formidable premier ministre» à sa place. Boris Johnson a qualifié de «crotte» son plan pour le Brexit. L’ancien ministre des finances George Osborne l’a traitée de «cadavre ambulant». Quant à la presse britannique, elle l’avait affublée du surnom de «première ministre zombie». Deux ans de votes de défiance au Parlement de Westminster, de démissions de ministres et de rebuffades à Bruxelles auront finalement eu raison de celle qu’on surnommait aussi «survivor».