chapelle Sixtine

La prière historique du Pape et du roi Charles III dans la chapelle Sixtine (depuis les 5 siècles de schisme anglican)

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C’est sous les fresques michelangelesques de la chapelle Sixtine, témoin silencieuse de l’élection de Léon XIV le 8 mai dernier, que le Pape et le roi se sont retrouvés à l’autel pour une liturgie inédite en anglais et en latin ce jeudi 23 octobre. Simple, solennel et spirituel, ce moment œcuménique de prière s’est concentré sur la beauté de la Création, la place de la personne humaine parmi elle et l’espérance venue du salut. Un souffle de paix et de recueillement en pleine visite d’État.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Cette prière «de la mi-journée», présidée par le Pape et le 98e archevêque d’York Stephen Cottrell, en présence du roi, a commencé par un symbole puissant. L’hymne à l’Esprit Saint composé par saint Ambroise de Milan au IVe siècle, chanté selon une traduction anglaise de saint John Henry Newman, anglican converti au catholicisme, qui sera proclamé docteur de l’Église le 1er novembre. Une figure du christianisme britannique, modèle «de l’harmonie de la différence», dont le roi Charles III se sent très proche, lui qui avait assisté à la canonisation du théologien-poète en 2019 à Rome. Pour parfaire le tableau œcuménique offert en ce jour historique, le chœur de la chapelle Sixtine, les enfants de la Chapelle royale du palais Saint-James à Londres, ainsi que le chœur de la chapelle Saint-George du château de Windsor ont entonné hymne et psaumes.

La louange du Dieu créateur de toutes choses

Le psaume 8 centré sur l’immensité de la Création et l’extraordinaire grandeur de la personne humaine en son sein, «par la bouche des enfants et des tout-petits, tu as fondé ta gloire», ainsi que les psaumes 64, prière de protection où la Création aussi est très présente, et 65, cantique d’actions de grâce, se sont succédés. Lecture a ensuite été faite d’un passage de la lettre de saint Paul aux Romains (8, 22-27): «La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps».

Avant une conclusion finale par l’archevêque Cottrell et le Pape ensemble, invoquant la grâce du Christ, l’amour de Dieu, et la communion avec l’Esprit Saint. À l’issue de la liturgie, une rencontre avec des acteurs engagés dans la sauvegarde de la maison commune a eu lieu dans la salle Royale du Palais apostolique. Représentants de la Curie, entrepreneurs, Mouvement Laudato si’ et experts des Nations unies étaient présents pour cet échange, relié au dixième anniversaire de Laudato si’ et reflétant l’engagement du roi pour la protection de l’environnement.

Protocole des grands jours au Vatican

Peu avant la prière œcuménique, les monarques britanniques ont pour la première fois officiellement rencontré le Pape américain jeudi matin. Après avoir été accueillis dans la cour Saint-Damase du Palais apostolique avec les honneurs vers 10h50, peu après 11 heures, le roi Charles III, gouverneur de l’Église d’Angleterre et défenseur de la foi, et son épouse, ont été reçus par Léon XIV dans la bibliothèque du Palais apostolique. Puis le roi a pris la direction de la Secrétairerie d’État pour de traditionnels échanges avec le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État, accompagné de Mgr Paul Richard Gallagher, sujet de sa Majesté de par sa nationalité d’origine, le secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États étant né à Liverpool. En Secrétairerie d’État, les thèmes de la protection de l’environnement et de la lutte contre la pauvreté ont été abordés avec le roi de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Une attention particulière a été accordée à l’engagement commun en faveur de la paix et de la sécurité face aux défis mondiaux. Enfin, en rappelant l’histoire de l’Église au Royaume-Uni, une réflexion commune sur la nécessité de continuer à promouvoir le dialogue œcuménique n’a pas manqué. Lire la suite »

La chapelle Sixtine se prépare à accueillir son 26e conclave

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A partir du mercredi 7 mai, la chapelle Sixtine, la plus grande des chapelles du palais apostolique du Vatican, accueillera son 26e conclave. Depuis plusieurs jours, les ouvriers de la Floreria, l’organe chargé de la préparation logistique des audiences et des cérémonies au Saint-Siège, s’activent pour mettre en place ce décor immuable.

Vatican News

Installation du sol surélevé, des tables, des poêles, du pupitre pour le livre des Evangiles… C’est un ballet séculaire que reproduisent actuellement les employés de la Floreria vaticane. Sous les fresques de Michel-Ange, Botticelli ou Le Pérugin, ils mettent en place la photocopie exacte des conclaves dont la chapelle est le témoin silencieux depuis, de manière discontinue, le XVIe siècle et officiellement depuis 1996 et la constitution apostolique de Jean-Paul II, Universi Dominici Gregis. Une iconographie dans laquelle s’émergeront les 133 cardinaux électeurs, dès leur entrée en procession par la lourde porte de bois qui communique avec la Salle Royale.

La chapelle Sixtine, qui tient son nom du Pape Sixte IV della Rovere, sera meublée de 133 sièges en bois de cerisier. Sur chaque siège est inscrit le nom du cardinal électeur qui l’occupera.

Une douzaine de tables

Lors du dernier conclave, douze tables de bois brut couvert d’un tissu beige et de satin bordeaux avaient été installées, deux rangées de six tables, face à face. Ces tables sont tournées vers le centre, ainsi les cardinaux regardent le pupitre doré qui accueille le livre des Évangiles. Considérant le nombre inédit de cardinaux électeurs, le nombre de tables pourrait être plus élevé pour ce conclave édition 2025.

Devant l’autel, au pied du Christ en croix, une autre table est destinée pour les scrutateurs, en charge de compter les votes. À leurs côtés, un trône destiné au futur pape.

Autre aménagement de la plus grande des chapelles du palais apostolique : un plancher surélevé qui recouvre le pavement cosmatesque de la Sixtine.

L’installation de la cheminée

Dans la matinée du vendredi 2 mai, les pompiers du Saint-Siège ont installé le tube de cuivre de la mythique cheminée, qui se dresse désormais à droite de la basilique Saint-Pierre. Cette cheminée est reliée à deux poêles de fonte, 30 mètres plus bas. Les pompiers ont aussi procédé à l’installation de ces deux poêles dans la journée.

Deux poêles en fonction

Le premier poêle est historique, il date de 1939, et servira à brûler les Lire la suite »