colonel Mamady Doumbouya
A l’ONU, le chef de la junte en Guinée proclame l’échec du modèle démocratique occidental en Afrique
Le colonel Doumbouya a fustigé les « vrais putschistes », ceux qui « manipulent les textes de la Constitution afin de se maintenir éternellement au pouvoir » et ne sont jamais condamnés.
Le chef de la junte guinéenne, le colonel Mamady Doumbouya, s’est livré, jeudi 21 septembre, à l’ONU à une défense ardente de l’intervention des militaires en politique après une succession de putschs en Afrique, et a proclamé l’échec du modèle démocratique occidental sur le continent.
« L’Afrique souffre d’un modèle de gouvernance qui nous a été imposé, un modèle certes bon et efficace pour l’Occident, qui l’a conçu au fil de son histoire, mais qui a du mal à passer et à s’adapter à notre réalité », a-t-il déclaré devant l’Assemblée générale des Nations unies. « Hélas, j’aimerais dire que la greffe n’a pas pris », a-t-il ajouté.
Par sa propre expérience depuis 2021, il a « mieux mesuré à quel point ce modèle a surtout contribué à entretenir un système d’exploitation et de pillage de nos ressources par les autres, et une corruption très active de nos élites », a-t-il argumenté.
Le colonel Doumbouya a conduit le coup d’Etat militaire qui a renversé le président civil Alpha Condé le 5 septembre 2021. Il s’est depuis fait investir président pour une période supposée transitoire.
« Arrêtez de nous traiter comme des enfants »
Ce coup de force militaire est l’un des nombreux qu’a connus l’Afrique depuis 2020, avec le Mali, le Burkina Faso, et, en 2023, le Niger et le Gabon. Le colonel Doumbouya est a priori le seul des chefs de ces coups d’Etat à s’exprimer cette année à l’ONU. Délaissant exceptionnellement l’uniforme et le béret pour un large boubou blanc et une toque, il s’est défendu d’être « encore un bidasse qui veut tordre le cou à la démocratie, encore un soldat qui veut imposer sa dictature ».