dogmes

1700 ans après Nicée: l’espoir d’une célébration commune de Pâques

Publié le Mis à jour le

Image d’illustration.

Le 20 mai prochain marquera le 1700ᵉ anniversaire du premier concile œcuménique de l’histoire, tenu en 325 à Nicée (cité grecque de Byzance, capitale de la Thrace). À cette occasion, la Commission théologique Internationale a publié un document ce jeudi 3 avril, intitulé «Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur», qui rappelle le sens fondamental du Credo, pierre angulaire de la foi chrétienne. Entretien avec l’un des rédacteurs de ce texte, Mgr Etienne Vetö, évêque auxiliaire de Reims.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

70 pages dans un esprit de louange, pour rendre grâce 1700 ans après le Concile de Nicée, quand des évêques représentant toute l’Église confirmèrent les dogmes fondamentaux, unissant les chrétiens, sur la nature du Christ et de la Trinité. Ce jeudi 3 avril, sollicitée par le Pape François, la commission théologique internationale a publié un dense document destiné en particulier aux théologiens et évêques pour nourrir leur réflexion et encourager à redécouvrir l’importance de ce moment historique. Intitulé «Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur», ce texte rappelle le sens fondamental du Credo, fruit du Concile de Nicée, et met en évidence ses ressources extraordinaires, dans une perspective d’évangélisation. Il y est également formulé un espoir, celui de voir un jour tous les chrétiens célébrer Pâques à la même date.

Entretien avec l’un des rédacteurs du document, Mgr Etienne Vetö, évêque auxiliaire de Reims.

L’Église célèbre en cette année jubilaire l’anniversaire du premier Concile œcuménique, qui s’est tenu à partir de 325 à Nicée. Ce document s’attache à rendre grâce au dogme de Nicée. Pourquoi cet esprit de louange?

Notre orientation a été celle de la louange, car il s’agit d’une célébration de ce Concile qui s’est tenu il y a 1700 ans cette année et qui dit le cœur de notre foi. C’est là qu’a vraiment été définie, de manière ferme, la divinité de Jésus, et le fait que Dieu soit un et trois: un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. D’autre part, c’est un concile qui est reconnu par presque tous les chrétiens du monde entier donc c’est vraiment un point d’unité particulièrement fort.

Avec le Concile de Nicée, Constantin a voulu répondre à la crise provoquée alors par l’arianisme, qui conteste la pleine divinité de Jésus. À Nicée, la vision trinitaire de la foi est confirmée. Doit-elle l’être encore aujourd’hui?

Je pense que oui, dans le sens où la Trinité est vraiment le Dieu amour, le Dieu qui est relation. Le fait qu’on puisse dire que le Christ est Dieu signifie que c’est Dieu lui-même qui vient nous sauver. Il n’envoie personne d’autre car nul autre que Dieu nous sauve. Et le fait que Dieu se soit fait homme pour nous sauver, souligne également l’immense dignité de la personne humaine.

Les conséquences en sont capitales. Par exemple, à partir du moment où on peut définir la très grande dignité de l’être humain, Dieu lui-même qui assume une humanité, on peut insister sur l’égalité de tous les êtres humains. Il y a une dimension politique aussi, dans un sens. Arius pensait que le Christ était une forme de super créature, de sur-créature, et il peut y avoir un risque en politique de poser les leaders politiques sur un piédestal, d’en faire des sortes de super créatures. Là, la foi chrétienne nous dit que tous les êtres humains sont égaux.

Mgr Vetö sur les dogmes de la nature du Christ et de la Trinité.

Certains éprouvent une difficulté à admettre la pleine humanité du Christ…

Je pense qu’il faut insister sur les deux aspects du Christ. Nicée nous permet de dire, et ce sera défini encore plus précisément au concile de Chalcédoine en 451, que le Christ est vrai Dieu et vrai homme. Nous en avons vraiment besoin.

Nous avons vraiment besoin d’être sauvés par Dieu lui-même et nous avons vraiment besoin d’un Dieu qui connaisse l’être humain jusqu’au fond, jusqu’à la dernière cellule. Aucun être humain n’est aussi beau, ne redonne autant de force que le Christ. Et encore une fois, c’est toujours parce qu’il est Dieu et homme. Je pense que l’évangélisation se base là-dessus.

Le Credo, proclamation de la foi dans le Salut en Jésus, est le fruit du Concile de Nicée. Le document auquel vous avez contribué se penche sur sa réception dans la pratique religieuse. Est-ce la même hier et aujourd’hui?

Avant tout, il est très beau de voir que le Credo de Nicée-Constantinople est actuellement redécouvert, et beaucoup récité. La récitation du Credo nous met, il est vrai, en continuité avec des générations et des générations de chrétiens. Et cela nous permet de voir que le cœur est vraiment le même. C’est celui du Salut. Lire la suite »