éducation sexuelle

Santé – L’éducation complète à la sexualité dès le primaire

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L’équipe du ministère de l’Éducation nationale et celle du Mouvement Malagasy pour le planning familial (MMPF).

L’éducation complète à la sexualité se renforce dans les établissements scolaires. Un projet pilote est lancé dans le cadre du Programme d’appui aux droits et à la santé sexuelle et reproductive (PADSSR).

Dès le cycle primaire, les élèves recevront des informations sur la sexualité et la santé sexuelle et reproductive. Le ministère de l’Éducation nationale, en partenariat avec le Mouvement Malagasy pour le Planning Familial (MMPF), prévoit d’intégrer cette éducation dès le plus jeune âge. Ce programme sera expérimenté dans quatre établissements : l’école primaire publique Soamandrakizay (Analamanga), le collège Miarinarivo (Itasy), le lycée Rakotoarisoa (Amoron’i Mania) et le lycée Lara Antsirabe (Vakinankaratra).

« L’objectif de ce programme est de promouvoir l’éducation complète à la sexualité en milieu scolaire, afin de démontrer que parler de sexualité chez les jeunes ne doit plus être considéré comme un sujet tabou. Il s’agit de donner des informations adaptées à chaque âge, sur la sexualité. L’éducation complète à la sexualité ne se limite pas aux relations sexuelles. Différents sujets seront abordés, comme les transformations qui surviennent à l’âge de la puberté, le consentement, les violences basées sur le genre, l’hygiène corporelle, les méthodes contraceptives et toute prise de décision sur son corps, la prévention des grossesses précoces, l’autonomisation des jeunes filles, la responsabilisation des garçons et le développement des capacités à prendre des décisions éclairées, pour que chaque individu soit responsable de sa vie sexuelle », explique Juliana Hantarisoa Faniloniaina, directrice exécutive du MMPF.

Préoccupants

Ce programme, financé par l’Agence Française de Développement (AFD) pour une durée de trois ans, vise à réduire les grossesses précoces, à freiner la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST), y compris le VIH/Sida, et à renforcer l’autonomie des jeunes en matière de santé reproductive.

Les indicateurs sur les IST chez les jeunes et les grossesses précoces sont préoccupants. En 2023, le Secrétariat exécutif du Comité national de lutte contre les IST-Sida a signalé une hausse des nouveaux cas de VIH, en particulier chez les jeunes. Selon un article du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) publié en mars 2024, plus de 40 % des jeunes filles sont enceintes ou ont déjà un enfant avant l’âge de 18 ans. Trois adolescentes âgées de 12 à 19 ans meurent chaque jour des suites d’un accouchement ou de complications liées à la grossesse.

Les jeunes filles sont particulièrement exposées au décrochage scolaire. Une étude de l’UNESCO, menée en 2021 dans le cadre de l’Initiative mondiale en faveur des enfants non scolarisés, montre que le taux d’abandon augmente avec le niveau d’étude : il passe de 30 à 40 % au premier cycle du secondaire, à plus de 60 % au second cycle. Le mariage précoce en est la principale cause.

Le rapport 2021 de l’Abus et de l’Exploitation sexuels des enfants en ligne (AESEL) révèle que 68 % des jeunes de 12 à 24 ans accèdent à Internet sans surveillance parentale, avec une faible utilisation des outils de protection. L’étude menée par Youth First en 2019 indique, quant à elle, que 87,7 % des élèves naviguent sur Internet sans supervision, et près de 60 % ont été victimes ou témoins de harcèlement en ligne, incluant abus sexuels et exposition à des contenus inappropriés.

Tous ces constats soulignent un besoin urgent d’éducation et de sensibilisation. Le programme d’éducation complète à la sexualité en milieu scolaire entend répondre à ces défis.

(source: Miangaly Ralitera – lexpress.mg)

Éducation sexuelle – Les démonstrations de l’utilisation des contraceptifs interdites à l’école

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Les jeunes sont sexuellemment précoces

Des limites s’imposent à l’éducation sexuelle à l’école. Elle doit tenir compte du principe de l’abstinence que prône le ministère de l’Education nationale.

Contradictoire. Le ministère de l’Education nationale interdit les démonstrations véhiculant l’utilisation de matériel et/ou des méthodes contraceptives, y compris les préservatifs, dans l’enceinte des établissements scolaires, du Préscolaire au Terminale. Tel est le contenu d’une note circulaire du 7 novembre, signée par son secrétaire général, Théophil Rabenandrasana.

« Les démonstrations de l’utilisation d’un préservatif en classe peuvent perturber les élèves. Puis, il y a des élèves plutôt en avance. Certains sont en classe de 3e à l’âge de 11 ans. C’est délicat de faire ces démonstrations devant eux », explique une source auprès de ce ministère, ce weekend. Cette note souligne, en outre, que toutes les activités à effectuer à l’école doivent être mises en œuvre dans le respect du principe du ministère, notamment, « l’abstinence », afin d’assurer la continuité des études pour les apprenants.

En contradiction

« Cette mesure est en contradiction avec la loi qui fixe les règles générales régissant la santé de la reproduction et la planification familiale (loi PF) », indique Eugène Andriamasy, responsable de plaidoyer auprès de Marie Stopes Madagascar. Selon cette loi, « Le droit à la santé de la reproduction et à la planification familiale est un droit fondamental. Aucun individu ne peut être privé de ce droit dont il bénéficie sans discrimination aucune fondée sur l’âge, (…). (…) Indépendamment de son âge, tout individu a droit à des services complets : information, éducation, communication, prise en charge, référence en matière de santé de la reproduction et de la planification familiale ». « Cette décision expose nos jeunes à des grossesses précoces, et au risque d’infection au VIH/Sida qui se propage à une vitesse grand V, actuellement. Ils ne savent pas comment se protéger, si on ne les informe pas. Sachant que nos jeunes sont sexuellement précoces », enchaine-t-il. L’âge médian au premier rapport sexuel serait de plus en plus précoce, il est à moins de 15 ans, alors que l’âge légal pour le mariage est de 18 ans, et les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la deuxième cause de décès pour les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans, selon cette loi PF.

Cette décision surprend, en outre, des enseignants de la matière Sciences naturelles. « Les méthodes naturelles et les contraceptions chimiques pour la régulation des naissances sont inscrites dans le programme scolaire, dès la classe de 4e. Cette note veut-elle dire qu’on ne doit plus les enseigner en classe ? », s’interrogent des enseignants. Le ministère précise qu’il n’interdit pas les actions contraires au principe de l’abstinence, en dehors des établissements scolaires.

Miangaly Ralitera – lexpress.mg