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Le patron de l’OMS accuse la Chine et veut une enquête sur l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire
Les experts qui ont enquêté en février dernier avaient pourtant estimé que l’hypothèse d’une fuite d’un laboratoire était la moins probable.

ORIGINES – Le patron de l’OMS a réclamé ce mardi 30 mars une nouvelle enquête sur l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire en Chine pour expliquer l’origine de la pandémie de Covid-19.
Les experts missionnés du 14 janvier au 9 février en Chine, où sont apparus les premiers cas de la maladie en décembre 2019, avaient pourtant estimé que l’hypothèse d’une fuite d’un laboratoire était la moins probable.
Mais “cela demande d’enquêter plus avant, probablement avec de nouvelles missions avec des experts spécialisés que je suis prêt à déployer”, a assuré le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors du briefing aux pays membres de l’Organisation mondiale de la Santé sur le rapport.
Il a également souligné que les experts internationaux “avaient fait part de leur difficultés à accéder aux données brutes” pendant leur séjour en Chine. Une rare critique publique de la façon dont Pékin a géré cette enquête conjointe.
Transmission du virus par un animal intermédiaire
Selon les éléments du rapport dont l’AFP a obtenu copie lundi, ses auteurs jugent la transmission du virus à l’être humain par un animal intermédiaire “probable à très probable”, tandis que l’hypothèse d’un incident de laboratoire est au contraire qualifiée d’“extrêmement improbable”.
L’étude privilégie la théorie généralement admise de la transmission naturelle du virus d’un animal réservoir (probablement la chauve-souris) à l’humain, par l’intermédiaire d’un autre animal non encore identifié.
Parmi les suspects figurent le chat domestique, le lapin ou le vison, ou encore le pangolin ou le blaireau-furet.
La transmission directe du virus via l’animal réservoir est toutefois jugée “possible à probable” par les experts. Ils n’écartent par ailleurs pas l’hypothèse d’une transmission par de la viande surgelée – piste privilégiée par Pékin -, jugeant ce scénario “possible”.
Le rapport recommande de poursuivre des études sur la base de ces trois hypothèses, mais balaie en revanche la possibilité d’une transmission à l’humain lors d’un accident de laboratoire.
L’hypothèse d’une fuite d’un laboratoire a été défendue avec force par l’administration américaine sous la présidence de Donald Trump. La Chine a toujours nié farouchement cette possibilité.
Traité international sur les pandémies
Tedros Adhanom Ghebreyesus et le président du Conseil européen Charles Michel doivent également présenter mardi un projet de “traité international sur les pandémies” visant à mieux affronter les inévitables crises sanitaires à venir.
Récap Covid-19 Madagascar
Bilan de la pandémie de Coronavirus à Madagascar du 09 au 15 Janvier 2021:

L’OMS prévient que la pandémie «s’accélère»
La pandémie de Covid-19, qui vient de franchir deux seuils symboliques – plus d’un demi-million de morts et dix millions de cas – « est loin d’être finie » et « s’accélère » même, a averti lundi l’Organisation mondiale de la santé, appelant le monde à se mobiliser sans attendre un vaccin.

« Nous voulons tous que tout cela se termine. Nous voulons tous reprendre nos vies. Mais la dure réalité est que c’est loin d’être fini », a mis en garde le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. La pandémie « s’accélère » actuellement, a-t-il relevé.
Le virus continue de faire des ravages aux Etats-Unis et semble redémarrer en Chine, et dans un « monde divisé » et face à « un manque d’unité nationale et de solidarité mondiale (…) le pire est à venir ».
L’OMS va envoyer « la semaine prochaine » une équipe en Chine, où ce coronavirus est apparu en décembre, pour déterminer son origine. « Nous espérons que cela nous permettra de comprendre comment le virus a commencé et ce que nous pouvons faire à l’avenir pour nous préparer », a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Il a appelé gouvernements et citoyens à mettre en place des « solutions simples » afin de « sauver des vies maintenant » : « tester, tracer, isoler, et mettre en quarantaine les cas ».
(AFP)
Face à la pandémie de Covid-19, vers un cessez-le-feu planétaire ?
Plusieurs pays, dont le Yémen, la Syrie ou les Philippines, mais aussi des groupes rebelles tels que l’ELN en Colombie ou le Socadef au Cameroun, ont répondu favorablement à l’appel de cessez-le-feu lancé par l’ONU face à la pandémie de Covid-19.
L’Organisation des Nations unie (ONU) a salué le 26 mars la proclamation de cessez-le-feu de plusieurs pays en guerre face à la pandémie de Covid-19. En effet, coup sur coup, des cessez-le-feu ont été évoqués ces derniers jours aux Philippines, au Cameroun, en Colombie, au Yémen ou encore en Syrie. Ces pays, parfois enlisés dans des conflits depuis plusieurs années, ont ainsi répondu favorablement à l’appel d’«un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde» lancé le 23 mars par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, auquel se sont ensuite associés l’Union européenne (UE) et le pape François.
«L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous»
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait lancé le 23 mars un appel «à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde» afin de préserver, face à la «furie» de la pandémie de Covid-19, les civils les plus vulnérables dans les pays en conflit. «La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie», avait-il souligné lors d’une brève allocution au siège de l’ONU sans citer de pays en particulier. «Si les combats se poursuivent, nous pourrions avoir une extension absolument dévastatrice de l’épidémie», avait-il mis en garde. Et de continuer : «L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies.»