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Chems-Eddine Hafiz répond à Manuel Valls sur l’antisémitisme : « Les musulmans seront les premiers boucliers des Juifs »

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Le recteur de la Grande Mosquée de Paris en profite également pour prendre la défense du président algérien Abdelmadjid Tebboune, accusé d’antisémitisme.

Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande mosquée de Paris, et Haïm Korsia, grand rabbin de France, à l’Elysée, à Paris, le 13 novembre 2023. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

Invité de Sud Radio ce 28 mars, Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a été interrogé sur la montée de l’antisémitisme en France. Il a notamment affirmé : « Je dis, comme Dalil Boubakeur, les musulmans seront les premiers boucliers des Juifs. »

Cette affirmation est une réponse aux déclarations de Manuel Valls. Sur Europe 1/CNews lundi, le ministre des Outre-mer a expliqué, au milieu d’un long développement sur l’antisémitisme : « Ce qui a changé depuis 25 ans, c’est qu’elle vient essentiellement du monde arabo-musulman, cette haine des Juifs, en France comme ailleurs. L’islamisme fait de la haine des Juifs sa matrice et son principal objectif. »

Une déclaration qui a heurté le responsable religieux : « Non, la haine des Juifs ne vient pas du monde arabo-musulman. Manuel Valls est un ami, je suis un peu déçu. Quelles sont les preuves ? »

Chems-Eddine Hafiz a aussi rappelé ses liens avec le Grand Rabbin de France Haïm Korsia : « On a essayé de prendre des initiatives, mais on nous a attaqués. Lui par sa communauté, moi par la mienne », après avoir affirmé que « les actes antisémites d’aujourd’hui ne sont pas commis par des musulmans au nom de la religion. Ils sont commis par des antisémites, des haineux ! »

Proche du président algérien, le recteur de la Grande Mosquée de Paris a aussi tenu à défendre Abdelmadjid Tebboune, rappelant qu’il avait permis la visite de Patrick Bruel, chanteur juif d’origine algérienne : « On essaie de faire passer le président pour un antisémite, c’est injuste. »

Dans l’affaire Boualem Sansal, il affirme que « personne, sous l’autorité du président Tebboune, n’a refusé » l’entrée dans le pays à son avocat, François Zimeray, « parce qu’il est Juif ». Un problème de procédure aurait ainsi justifié ce refus. À ce jour, une nouvelle demande a été faite et elle est toujours sans réponse. Boualem Sansal a quant à lui été condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale, outrage à corps constitué, pratiques de nature à nuire à l’économie nationale et détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité du pays ».

(source:  fr.timesofisrael.com)