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Japon : le parti au pouvoir a trouvé un successeur au Premier ministre Shinzo Abe
Yoshihide Suga a été élu nouveau patron des libéraux-démocrates, le parti au pouvoir, en vue de remplacer Shinzo Abe, démissionnaire pour raisons de santé. Il terminera le mandat jusqu’en 2021.
Japon : la démission de Shinzo Abe plonge le pays dans l’incertitude politique
Une annonce qui sonne comme un coup de tonnerre pour le Japon. Le Premier ministre Shinzo Abe a annoncé sa démission pour des raisons de santé, après huit années à la tête du gouvernement du pays.
Son départ plonge le pays dans l’incertitude alors qu’aucun successeur ne s’impose pour l’instant.
Législatives anticipées au Japon: Shinzo Abe gagne son pari
La coalition formée par le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) de Shinzo Abe et le parti Komeito (centre-droit) ont remporté une majorité des deux tiers à la chambre basse lors des élections législatives anticipées voulues par le premier ministre.

Au pouvoir depuis fin 2012, après un premier exercice raté en 2006-2007, Shinzo Abe, 63 ans, devrait ainsi rester aux commandes de la troisième puissance économique mondiale jusqu’en 2021 et atteindre le record de longévité d’un chef de l’exécutif japonais.
Conditions réunies pour convoquer un référendum
Avant ces élections, sa coalition gouvernementale disposait de 318 sièges à la chambre basse du Parlement, mais des scandales à répétition avaient terni son image et faisaient courir le risque d’une défaite lors de législatives initialement prévues dans un an.
D’où la décision le mois dernier de Shinzo Abe de déclencher des élections anticipées, pour profiter d’une opposition morcelée, pendant qu’il était encore temps.
Avec sa nouvelle confortable majorité, il se trouvera encore davantage légitimé dans sa fermeté affichée vis-à-vis de la Corée du Nord, qui a déjà tiré deux missiles au-dessus de l’archipel nippon: il est favorable à la position de l’allié américain consistant à maintenir « toutes les options » sur la table, sous-entendu y compris militaire, contre Pyongyang.
Le Parti de l’espoir, récemment créé et dirigé par la charismatique gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, devrait remporter une cinquantaine de sièges. Soit moins que l’autre principale formation d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel, qui gagnerait près de soixante sièges.
Yuriko Koike est restée vague sur son avenir à la tête de la formation: « En tant que fondatrice du parti, je prendrai mes responsabilités », a-t-elle déclaré. Cette femme de droite de 65 ans, une ex-vedette de la télévision au sens aigu de la communication, ancienne ministre de Shinzo Abe et elle aussi nationaliste, a vu sa cote de popularité fondre en ne se présentant pas au Parlement, dans un pays où la Constitution impose que le premier ministre soit choisi parmi les députés ou les sénateurs.
La coalition de Shinzo Abe serait donc en passe de maintenir sa majorité des deux tiers à la chambre basse, comme c’est déjà le cas au Sénat. Il s’agit là d’une condition nécessaire pour convoquer un référendum proposant de réviser la Constitution pacifiste, dictée en 1947 par les États-Unis après la reddition du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dont l’article 9 consacre la renonciation « à jamais » à la guerre. Un voeu cher aux nationalistes japonais qui soutiennent le premier ministre, lui-même partisan d’une ligne dure face à la Corée du Nord.
L’Inde se met à la grande vitesse ferroviaire japonaise
Une première ligne de train à grande vitesse va être construite entre Ahmedabad et Bombay. Elle va être financée par le Japon, qui cherche à contrer l’influence chinoise dans la région.

C’est un chantier gigantesque, dont la pierre a été posée, jeudi 14 septembre, dans la ville d’Ahmedabad, en Inde. Il s’agit de construire la première ligne ferroviaire à grande vitesse du pays. Soit 500 kilomètres, pour relier la ville industrielle d’Ahmedabad, située dans l’État du Gujarat à Bombay, la capitale financière de l’Inde. Le tout, en trois heures et demie, contre huit heures actuellement, grâce à une vitesse de pointe pouvant atteindre 350 km/heure.
Le coût du projet est estimé à 19 milliards de dollars (22 milliards d’euros) et devrait être achevé théoriquement en décembre 2023. Mais l’Inde fera « tout son possible » pour achever la ligne en août 2022, ont affirmé les autorités indiennes.
Les risques de dérapages, notamment financiers, sont malgré tout probables, compte tenu de l’ampleur du projet, qui prévoit notamment la construction d’un tunnel de 20 km, dont 7 sous la mer.
Un réseau ferroviaire vétuste
Cette première ligne à grande vitesse s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan de rénovation du réseau, promis par le gouvernement. Le réseau ferré indien est le quatrième plus important du monde en termes de longueur. C’est aussi le principal mode de transport à grande distance du pays. Mais, construit pour l’essentiel à l’époque de la domination britannique, il a grand besoin d’être modernisé.
Quelques trains seulement atteignent les 160 km/h et plusieurs catastrophes ferroviaires ont eu lieu ces dernières années.
Pearl Harbor: Shinzo Abe effectue une visite historique
Une visite historique a lieu ce lundi 26 décembre : Shinzo Abe est à Hawaï, 75 ans après l’attaque de l’armée impériale japonaise contre la base américaine de Pearl Harbor. Autre geste inédit mardi : le Premier ministre nippon doit retrouver Barack Obama devant le mémorial honorant les morts de la marine américaine ; et cela, quelques mois après le déplacement du président américain à Hiroshima. Shinzo Abe devient ainsi le premier chef de gouvernement japonais à se présenter sur les lieux de l’attaque qui a précipité les Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.

« Escaladez le mont Niitaka. » C’est par ce message codé que le vice-amiral Chuichi Nagumo reçoit l’ordre de lancer son armada à l’assaut de la base américaine de Pearl Harbor. Depuis une semaine déjà, six porte-avions transportant près de 400 appareils, deux cuirassés, trois croiseurs, neuf destroyers, trois sous-marins et huit navires pétroliers sont tapis dans le brouillard entre les îles Kouriles et Hawaï.

L’attaque a été fixée au 7 décembre à l’aube, pendant que l’ennemi se repose. Il est 7h30, un premier avion japonais survole la base américaine et donne le signal : « Pearl Harbor dort ». Vingt-trois minutes plus tard, une nuée de chasseurs, de bombardiers et d’avions torpilleurs fond sur les navires de l’US Navy au mouillage.
C’est le premier assaut d’une attaque surprise qui va faire près de 2 500 morts côté américain, dont la moitié dans l’explosion de l’USS Arizona. L’aéronavale japonaise déplore, de son côté, la perte de 29 appareils et d’une soixantaine de soldats. Cependant, déception pour les forces japonaises, les trois porte-avions américains du Pacifique, alors absents de Pearl Harbor, restent intacts.
La visite de Shinzo Abe à Pearl Harbor renforce l’alliance nippo-américaine
Cette apparente victoire pour le Japon va réveiller le patriotisme américain qui, depuis, a considérablement renforcé son influence et sa présence en Asie-Pacifique. En se rendant à Hawaï, Shinzo Abe n’a pas l’intention de présenter les excuses du Japon, mais simplement de « commémorer les victimes de la guerre ».
Ce geste historique vient toutefois renforcer l’alliance nippo-américaine. Il rappelle aussi que la stabilité en Asie a depuis reposé sur la croissance de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et de la Chine, sur l’interdépendance des économies régionales et la puissance militaire américaine.

Il rappelle surtout que l’attaque sur Pearl Harbor a mis fin à un mouvement d’isolationnisme économique des Etats-Unis, aujourd’hui vanté par le président élu Donald Trump.
(rfi)