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Un an du règne de Charles III : «Le nouveau roi a imposé un style plus spontané»

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Le roi Charles III, à Édimbourg, en Écosse, le 3 juillet 2023. ANDREW MILLIGAN / AFP

ENTRETIEN Le 8 septembre dernier mourait la reine Elizabeth II, laissant le trône à son fils aîné. Si Charles III a succédé à une figure très populaire, l’historien Philippe Chassaigne estime que ce dernier est parvenu à s’imposer, lui aussi, comme une figure royale importante.

Philippe Chassaigne est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Bordeaux-Montaigne et spécialiste de la Grande-Bretagne.

LE FIGARO. – Le roi Charles est arrivé au pouvoir le 8 septembre 2022 alors que sa mère était jusqu’alors très populaire. En un an, a-t-il réussi à devenir une véritable figure de la royauté ?

Philippe CHASSAIGNE – Oui, certainement. Rappelons qu’il était difficile de succéder à Elizabeth II qui a régné plus de 70 ans. La mère de Charles est morte en pleine gloire, seulement quelques semaines après son jubilé. Sa popularité était au moins égale à celle dont elle bénéficiait au début de son règne, c’est prodigieux. Par ailleurs, Charles avait déjà 74 ans lorsqu’il est monté sur le trône et plusieurs éléments jouaient contre lui. La dernière saison de la série The Crown (qui retrace le règne d’Elizabeth II, NDLR) ne le présentait pas sous un jour très favorable car elle mettait en avant sa liaison avec Camilla et la souffrance de Diana. Il a ainsi commencé son règne dans des conditions bien différentes de celles de sa mère en 1952.

Mais il a réussi. La réception du public a toujours été positive. Il s’est mis à incarner la fonction monarchique en imposant un style différent, sans doute plus spontané dans ses contacts avec le public. Souvenons-nous de sa première arrivée à Buckingham en tant que souverain : sa voiture s’est arrêtée avant les grilles, le couple royal est descendu et est allé à la rencontre des Londoniens amassés. Une dame lui a même fait la bise ! Ensuite, il a serré des mains et il a continué à le faire lors de ses apparitions. Sa cote de popularité a d’ailleurs considérablement progressé en un an. Il a gagné près de 10 points : aujourd’hui, 55% des Britanniques ont une image positive de lui. Son accessibilité a joué.

Le grand défi du roi Charles était de «moderniser » la royauté dans un pays qui ne compte pas que des sympathisants de la monarchie. Il avait notamment évoqué une baisse des dépenses. L’a-t-il fait ?

Le roi Charles n’a pas réellement modernisé la monarchie. Cette question de rendre la monarchie moins fastueuse est une fausse question, ou plutôt une question politique. D’ailleurs, les Britanniques aiment son faste. Même s’il y avait eu quelques ajustements lors de son couronnement, on comptait tout de même la couronne impériale d’État, les instruments de royauté ou encore les robes. Et le roi Charles III est tout de même surnommé le «pampered prince», c’est-à-dire le «prince pouponné» à cause de l’ensemble des domestiques qui l’accompagnent.

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