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Gouvernance de la Transition – La société civile appréhende une “dérive autocratique”
Des organisations de la société civile et des mouvements de jeunes alertent sur des signaux préoccupants dans la conduite de la transition. Ils dénoncent un recul des libertés.

Un signal d’alarme. Dans un communiqué intitulé «Appel urgent à une transition concertée, transparente et inclusive et à des réformes des institutions», plusieurs organisations de la société civile (OSC) et des mouvements de jeunes font part de «constats préoccupants» quant à la gouvernance de la refondation de la République.
Ils dénoncent le maintien de « personnes et d’institutions inefficaces », ou encore « le gaspillage de ressources publiques à travers des missions coûteuses », ainsi que «la persistance de l’absence de transparence favorisant la corruption à tous les niveaux». Toutefois, « la plus grave », selon eux, est « le recul de la liberté d’expression et de manifestation et le retour de pratiques d’intimidation, de menaces et d’arrestations arbitraires contre les voix discordantes ou critiques, ainsi que le retour au culte de la personnalité, qui ouvre la porte à des dérives autocratiques ».
Les signataires de la missive « expriment également leur vive inquiétude face à l’absence d’avancées concrètes de la refondation ». Selon eux, « la gouvernance de transition pour la refondation demeure floue, marquée par des tâtonnements, des décisions unilatérales et un manque presque total de transparence ». Ils regrettent que, six mois après la prise de pouvoir par les militaires, « aucune transformation tangible des méthodes de travail ni des institutions en faveur de la bonne gouvernance du pays n’est observée, en dehors de beaux discours peu suivis d’effets ».
Mesures urgentes
Fanambarana iraisan’ny Firaisamonimpirenena sy ny Vondrona ary Fikambanan’ny Tanora
Afin que la gouvernance de la transition aille dans ce qu’ils estiment être le droit chemin, les organisations de la société civile et les mouvements de jeunes ayant adhéré au communiqué publié hier « insistent et appellent à des mesures urgentes ». Elles sont au nombre de sept. En tête de la liste de ces mesures figurent les principales revendications de la Gen Z, qui est redescendue dans la rue au début du mois.
Transition – L’Union africaine exhorte au respect des vingt-quatre mois
Fanambaran’ny Vondrona Afrikana
Union Africaine : Appel à la libération sans condition de tous les détenus politiques
Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine exhorte les autorités à respecter strictement la durée de vingt-quatre mois de la Transition. Il se dit, par ailleurs, préoccupé par les évolutions politiques récentes, citant le limogeage du Premier ministre.

Décide de rester activement saisi de la question». C’est par cette phrase que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) conclut son communiqué publié hier. Cette missive rapporte la teneur de sa 1335e réunion qui s’est déroulée le 10 mars, sous le thème « Point de situation à Madagascar ».
Le CPS de l’organisation continentale affirme « accueillir favorablement » la présentation du Programme de la Refondation de la République, le 28 février. S’en tenant au chronogramme inscrit dans ce document, l’organe de décision permanent pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits de l’UA « exhorte les autorités malgaches à respecter scrupuleusement le calendrier de transition fixé à vingt-quatre mois (…) ».
Le Programme de la Refondation de la République a été remis à une délégation de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le 28 février, à Iavoloha. À lire le document, la Transition conduite par le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, durera vingt-quatre mois, à compter de janvier 2026. Il prévoit quatre phases qui devront être concrétisées en vingt-deux mois à partir de ce mois de mars.
La première phase, intitulée « Concertation nationale souveraine », prévoit Lire la suite »
Transition – La perquisition dérape
Une perquisition a été menée samedi matin au domicile du Secrétaire général de la COI. À l’issue de l’opération, aucun document, aucun objet ni aucun élément compromettant n’a été découvert.

Selon une source proche de la gendarmerie, malgré le déploiement de moyens et l’intrusion dans un domicile privé, les agents sont repartis bredouilles. Une perquisition sans résultat, qui pose d’emblée la question de sa justification et de son opportunité.
Inviolabilité Lire la suite »
Alliance politique « ApoGeniies » : Mise en place d’un « gouvernement d’entente nationale » avant les élections
Les noms qui mijotent la mise en place d’une transition sont désormais connus. Des partisans de Didier Ratsiraka et de Hery Rajaonarimampianina figurent dans la liste de la nouvelle formation dénommée « ApoGeniies ».
Un autre mouvement décide de sortir de l’ombre. Il s’agit de l’« alliance de préfiguration pour l’organisation d’un gouvernement d’entente nationale intermédiaire pour les institutions et les élections stables, sécurisées et sincères à Madagascar », connu sous le sigle « ApoGeniies ». Il se rallie dans l’aile des opposants et affiche la couleur, celle de mettre en place un « gouvernement de transition ». Les bruits ont déjà circulé depuis longtemps sur cette initiative mais elle est finalement sortie en public depuis jeudi dernier. Une page facebook dédiée dévoile les têtes qui font cette nouvelle « alliance ». Et on peut y voir des noms connus de différentes mouvances politiques qui sont principalement issues de l’opposition du régime. On cite, entre autres, Herivelona Ramanantsoa, un ancien ministre de Didier Ratsiraka. « Pour prévenir toutes crises pré ou post-électorales, je prône un climat d’Entente Nationale avant toutes les échéances électorales à venir » écrit cet ancien exilé politique sur la page du réseau social.
Partages de sièges
Les partisans de Hery Rajaonarimampianina sont également dans la partie. Beboarimisa Ralava, ancien ministre de l’environnement et qui vit actuellement en exil en France, soutient l’initiative « ApoGeniies » qui entend mettre en place une « transition » avant les élections. Pourtant, il affirme que « les divers régimes de transition qui se sont succédés n’ont servi qu’à préparer à des partages d’intérêts et de sièges entre forces vives, bien plus que pour l’intérêt de la Nation ». « Osons innover en génie » dixit, quant à elle, Brigitte Rasamoelina, ancienne sénatrice et soutien de Hery Rajaonarimampianina, qui s’affiche en « leader » du mouvement « ApoGeniies ». Le parti MFM de Olivier Rakotovazaha est également dans la bande. Selon un communiqué publié le 03 juin dernier, ce parti propose de « mettre en place un gouvernement avec plein pouvoir pour organiser des élections ».
Violation de Constitution
Deux députées figurent également dans cette liste qui circule depuis quelques temps. Il s’agit de Hanitra Razafimanantsoa, députée du Tiako i Madagasikara, élue dans le deuxième arrondissement de la capitale. Elle est aussi présentée comme parmi les « leaders » de ce mouvement qui veut mettre en place un gouvernement transitoire. Selon une publication sur la nouvelle page facebook du mouvement, cette avocate est convaincue que « les violations répétées de la Constitution et des lois en vigueur par les dirigeants créent des tensions politiques maintes fois dénoncées mais jamais corrigées ». Pourtant, cette initiative de Hanitra Razafimanantsoa est loin de faire l’unanimité au sein de son parti. « Elle ne représente pas le parti TIM » nous glisse une source au sein de cette formation. Et pour cause. Cette députée du Tiako i Madagasikara n’est plus en odeur de sainteté au sein de sa famille politique depuis quelques années.
Crises
Hanitra Razfimanantsoa aurait voulu avoir le leadership au sein de son parti, en briguant le poste d’opposant au sein du bureau permanent de l’assemblée nationale, mais s’est vue refusée une telle prétention par ses collègues. Depuis 2021, elle a donc pris ses distances vis-à-vis du parti et sèche les réunions du bureau politique du TIM. Lors du congrès national du parti, le samedi 1er juillet dernier, son absence est remarquée à Tanjombato. Les bruits ont commencé à circuler que Hanitra Razafimanantsoa aurait voulu même quitter la barque. Au sein de l’alliance « ApoGeniies », elle est accompagnée par la députée de Vangaindrano, Johasy Eleonore. Cette secrétaire générale du parti Tsara Tahafina dirigé par Auguste Paraina est motivée à mettre en place une « transition » parce que « Madagascar a connu de multiples crises politiques qui n’ont pas permis de construire les bases d’un décollage économique ni une structure sociale solide apte à prendre en charge les populations vulnérables » lit-on sur la page facebook du mouvement.
(source: Rija R. -Midi M/kara)