Union du Maghreb arabe
Union du Maghreb arabe : Un espoir devenu mirage (Analyse)*

Tunisia
AA / Tunis / Slah Grichi**
Dans les années 80 du siècle dernier, le monde se globalisait à outrance, les pays limitrophes et au-delà se constituaient en blocs pour une intégration économique régionale, facilitant les échanges commerciaux et ouvrant de nouveaux horizons, en matière de développement, de création d’emplois et de richesses… La CEE (communauté économique européenne) qui a vu le jour, en embryon de six pays, dès la fin des années 50 pour vite s’élargir à neuf, puis à douze… jusqu’à s’ouvrir sur des pays du Centre et même de l’Est européen pour devenir l’Union européenne (UE), dépassant le cadre de l’intégration purement économique, était l’exemple le plus proche et le plus accompli pour les pays de l’Afrique du Nord qui ont commencé à entrevoir l’intérêt qu’il pouvait y avoir, à opter pour une coopération inclusive.
– De timides tentatives avortées
Proches, au-delà de la langue et de la religion de leurs majorités respectives, par une histoire commune et un même colonisateur français, la Tunisie, l’Algérie et la Maroc s’aguerrissaient dès 1945, à travers les chefs des mouvements nationaux qui, réunis en une mini conférence, établissaient un plan d’action de lutte commune pour l’indépendance. En 1958, ils récidivaient à Tanger (Maroc), pour aider le Front de libération nationale (FLN) de L’Algérie à se débarrasser, lui aussi, du colonisateur, Tunis et Rabat étant récemment devenus souverains.
Mais avec l’indépendance de L’Algérie, à laquelle le Maroc et, surtout, la Tunisie ont apporté leur tribut, des différends ont surgi, concernant la revendication de parcelles pétrolifères et minières, annexées par la France, de part et d’autre, à l’Algérie qu’elle comptait faire à jamais française. Le rapprochement du FLN, détenteur du pouvoir, du bloc soviétique, auquel Rabat et Tunis ne sont pas -au moins- favorables, a accentué un froid que seule la diplomatie et le savoir-faire de Habib Bourguiba a empêché de se transformer en conflit ouvert sur les frontières tuniso-algériennes. Le soutien algérien au Polisario du Sahara occidental qui permettrait un accès direct à l’Algérie sur le Pacifique, a pourri -et pourrit toujours- les rapports algéro-marocains.
L’avènement de la Révolution du 1er septembre en Libye et les opportunités de coopération, élargies par Mouammar Kadhafi aux cadres et à la main d’œuvre maghrébines, ont fait de ce pays frontalier du Sud tunisien et algérien un partenaire indissociable du trio de l’Afrique du Nord ou du Maghreb, bien qu’il en soit au Sud-Est, tout comme la Mauritanie en est à l’extrême-Ouest. Aussi lorsque le roi Hassan II du Maroc, qui a mis entre parenthèses son différend avec Alger à propos du Sahara occidental, avec Chedly Ben Jédid, le Président algérien, moins rigide que ses prédécesseurs, Zine El Abidine Ben Ali qui voulait se faire une place sur l’échiquier régional, après le monumental Bourguiba, ont-ils intégré Kadhafi et Maaouia Ould Sid’Ahmed Taya de Mauritanie, pour la création d’une entité dont le but est de favoriser la mise en place d’une politique et de stratégies communes, au niveau régional, en vue de constituer, à terme, une union économique entre les cinq pays membres. Après une réunion préparatoire à Zéralda en Algérie, le 10 juin 1988, les cinq chefs d’Etat signaient, en grandes pompes, le 17 février 1989, au palais royal de Marrakech, le Traité constitutif de la création de l’UMA (Union du Maghreb arabe) qui porte sur trois axes, politique, économique et culturel.
– Les raisons d’un non aboutissement