Affaire KRAOMA : Dina Andriamaholy placé en détention préventive, Mamy Ravatomanga visé par un 3e mandat d’arrêt

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Il serait question du versement d’une somme de 35 millions de dollars en guise de « droit d’entrée » au périmètre et d’indemnisation de la société qui exploitait le périmètre.

Cinq personnes impliquées. Aucune tolérance. Le Pôle anti-corruption d’Antananarivo poursuit les investigations concernant l’opérateur économique Maminiaina Ravatomanga. Une énième affaire vient d’être clôturée. Jeudi dernier, le dossier relatif à des suspicions de malversations au niveau de la société KRAOMITA Malagasy SA a été transmis au parquet du PAC aux 67Ha. Le dossier implique également la société DANA MINERALS. Selon un communiqué du PAC, cinq personnes et quatre sociétés sont impliquées dans cette affaire. Parmi elles figure Mamy Ravatomanga, PDG du groupe SODIAT, visé par un troisième mandat d’arrêt international émis par le PAC jeudi. Le premier mandat d’arrêt international concerne l’affaire des Boeing 777 livrés clandestinement à l’Iran, et le second, décerné mi-février, est relatif au monopole dans l’exportation de la filière litchis. À rappeler que le PDG du groupe SODIAT est toujours incarcéré dans une prison à Maurice.

Antanimora. Trois prévenus se sont en revanche présentés jeudi devant le juge d’instruction, qui les a tous placés en détention préventive à Antanimora. Le Pôle anti-corruption n’a pas révélé leurs identités. Une source proche du dossier nous a toutefois confié que Dina Andriamaholy, secrétaire général adjoint de la Présidence, non moins président du conseil d’administration de la société KRAOMA du temps du régime Andry Rajoelina, et Nirina Rakotomanantsoa, directeur général de cette société d’État, se trouvent parmi les personnes placées sous mandat de dépôt. Le cinquième individu est un ressortissant mauricien qui fait actuellement l’objet d’investigations auprès du PAC.

Droit d’entrée. Abus de fonction, favoritisme, corruption et blanchiment de capitaux. Ce sont, entre autres, les chefs d’inculpation que le PAC a retenus contre les prévenus dans ce dossier. D’après les informations, les faits remontent à 2023. L’affaire concerne l’attribution de l’exploitation du chrome de Brieville, appartenant à la société KRAOMITA Malagasy, à DANA MINERALS. Selon le communiqué du PAC, c’est le président du conseil d’administration de KRAOMA qui aurait pris la décision d’écarter la société exploitant le chrome de Brieville pour donner le contrat à DANA MINERALS. En contrepartie, cette société grecque aurait versé 35 millions de dollars en guise de « droit d’entrée » et d’indemnisation de la société qui exploitait le périmètre précédemment.

Les juges du PAC affirment que le versement de cette somme colossale et la procédure de sélection de DANA MINERALS sont contraires aux règles régissant les marchés publics. L’implication de Mamy Ravatomanga dans cette affaire aurait été confirmée par le transfert d’une somme de 5 millions de dollars sur le compte de la société ISLAND PARTNERS LTD sise à l’île Maurice. Une société dont l’adresse, à l’île sœur, est identique à celle de MADARAIL HOLDING, qui n’est autre qu’une société filiale du groupe SODIAT.

Secret de l’instruction. En rendant publics les détails sur chaque dossier impliquant l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, le PAC est accusé par certains observateurs de commettre une violation du secret de l’instruction, quand bien même la transparence dans la gestion des grands dossiers pourrait intéresser les citoyens. Lesquels attendent toutefois une égalité de traitement par rapport aux autres dossiers de malversations déférés au PAC. L’incarcération de Dina Andriamaholy prête à penser, à tort ou à raison, qu’il s’agit d’un règlement de comptes politique contre qui l’on sait, pour ne pas nommer les « forongony » tels que les qualifient les thuriféraires de la refondation.

(source:  Davis R – Midi M/kara)

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