Marc Ravalomanana : « Une feuille de route décidée unilatéralement »

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« Nous ne sommes pas en conflit contre la présidence de la transition (la Refondation) », a souligné hier l’ancien président Marc Ravalomanana.

De retour d’un déplacement à Mahajanga, le président national du Tiako i Madagascar (TIM) a réuni ses troupes hier à Bel’Air. Entre soutien conditionné et vigilance accrue, l’ancien chef d’État a soulevé l’absence de dialogue dans la conduite de la Transition actuelle.

Alors que son récent discours à Mahajanga a alimenté toutes les interprétations dans les salons politiques de la capitale, Marc Ravalomanana a choisi la voie de la clarification. Hier, dans son quartier général de Bel’Air Ampandrana, l’ambiance était aux grandes explications. Devant une assistance attentive et des élus Tiako i Madagasikara venus en nombre, le président national du parti a tenu à mettre les points sur les « i » concernant la trajectoire actuelle du pays et sa position vis-à-vis du régime de Refondation.

Chronogramme. Face à ce qu’il qualifie de démarche solitaire, le parti TIM entend jouer pleinement son rôle de sentinelle. Si la formation exprime de sérieuses inquiétudes quant à la mise en œuvre des points définis dans ledit chronogramme de la Refondation, elle ne se place pas pour autant dans une posture d’obstruction systématique. Marc Ravalomanana a tenu à dissiper les malentendus. « Nous ne sommes pas en conflit contre la présidence de la transition (la Refondation), mais nous suggérons ce que notre administration devrait faire », a-t-il précisé.

Course aux fauteuils. Pour l’ancien président, l’action du TIM n’est pas une opposition de principe à la Refondation, mais une volonté de répondre aux aspirations profondes d’un peuple malgache qui s’interroge sur la gestion de l’État. Balayant les rumeurs d’une course aux fauteuils, il a rappelé avec fermeté que son parti n’a occupé aucun poste de pouvoir depuis 16 ans, sans que cela ne constitue un problème. « Le problème ne se situe pas au niveau des sièges », a-t-il précisé.

Signature d’accords. L’analyse de Marc Ravalomanana repose également sur un constat juridique clair. Madagascar traverse une période exceptionnelle, hors du cadre constitutionnel strict, et ce, depuis octobre 2025. Dans ce contexte de fragilité institutionnelle, il estime que le pouvoir en place dispose d’une légitimité limitée pour engager l’avenir de la nation sur le long terme. Le président du TIM a ainsi lancé un avertissement solennel contre la signature d’accords ou de contrats dits « de longue durée » qui pourraient lier l’État de manière durable alors que nous sommes en période de transition. Pour lui, la stabilité du régime ne peut passer par une « confiance de façade », mais par un dialogue inclusif et sincère.

Surveillance citoyenne. En tout cas, en fin de la conférence, l’appel à la mobilisation a été lancé. Marc Ravalomanana demande à ses partisans de suivre de très près l’évolution du chronogramme de Transition. Puisque le processus n’a pas été inclusif au départ, la surveillance citoyenne devient, pour le TIM, la règle d’or. L’objectif est clair : éviter que le processus ne devienne un simple simulacre ou une « confiance de façade ». Le ton est donné pour les mois à venir : le TIM sera la « sentinelle » de la démocratie.

(source: Julien R. – Midi M/kara)

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