Marco Rubio va rencontrer le pape au Vatican, après la vive polémique avec Donald Trump

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Le secrétaire d’Etat, qui est catholique, doit s’entretenir avec Léon XIV qui a subi les insultes du président américain, en réponse aux appels à la paix au Moyen-Orient du souverain pontife. Le chef de la diplomatie américaine rencontrera aussi Giorgia Meloni.

Marco Rubio, à Washington, le 24 avril 2026. ROD LAMKEY/AP

Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, se rendra dans les prochains jours à Rome et au Vatican, où il rencontrera le pape, après les virulentes critiques de Donald Trump à l’encontre de Léon XIV. Une source au Vatican a confirmé dimanche 3 mai à l’Agence France-Presse (AFP) les informations de presse concernant cette entrevue qui, selon les médias italiens, est programmée pour jeudi et a pour objectif de tenter de dégeler les relations bilatérales.

Cette visite aura lieu quelques semaines seulement après les propos acerbes du président américain sur le souverain pontife, dont il n’a pas apprécié la rhétorique pacifiste. Une source au gouvernement italien a affirmé à l’AFP que Marco Rubio, qui est catholique, aurait aussi des entretiens avec le secrétaire d’Etat et numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin.

Le chef de la diplomatie américaine doit également, en principe, voir les ministres italiens des affaires étrangères, Antonio Tajani, et de la défense, Guido Crosetto, dans un contexte de fortes tensions entre les Etats-Unis et des pays européens en raison notamment de la guerre au Moyen-Orient.

Selon la source gouvernementale italienne, M. Rubio a en outre demandé à rencontrer la présidente du conseil d’extrême droite, Giorgia Meloni, l’une des plus proches alliées européennes de Donald Trump, même si le président américain n’a pas apprécié qu’elle ait défendu le pape à l’encontre duquel il avait tenu des propos peu amènes.

Léon XIV, qui est âgé de 70 ans, célébrera vendredi sa première année à la tête des 1,4 milliard de catholiques dans le monde, après son élection par les cardinaux le 8 mai 2025, à la suite de la mort du pape François.

Le pape contre les « tyrans »

Les paroles du premier pape américain de l’histoire ont sans doute pesé plus lourd à Washington que celles de ses prédécesseurs – et il s’en est servi, s’en prenant notamment à la politique d’immigration restrictive de l’actuel gouvernement américain.

Mais c’est son discours pacifiste de plus en plus marqué, en particulier après le début des attaques américano-israéliennes contre l’Iran, qui a suscité l’ire de Donald Trump. Léon a ainsi qualifié d’« inacceptable » la menace du président américain de détruire l’Iran et a exhorté les Américains à exiger de leurs parlementaires qu’ils « œuvrent pour la paix ».

Le président américain a, en réponse, insulté le pape sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « faible » face à la criminalité et de « nul » en politique étrangère. Il a de plus fait savoir qu’il n’était « pas un grand fan » de Léon XIV et qu’il ne voulait pas d’« un pape qui pense qu’il est acceptable que l’Iran possède l’arme nucléaire ».

Le souverain pontife a réagi en déclarant avoir le « devoir moral de s’exprimer » contre la guerre, puis a de nouveau fait la une des journaux avec un discours au Cameroun dans lequel il a fustigé les « tyrans » qui ravagent la planète. Il a cependant insisté par la suite sur le fait que cette allocution avait été écrite bien avant la polémique et assuré qu’il n’avait pas l’intention de relancer le débat avec Donald Trump.

La communauté chrétienne a exprimé sa solidarité avec Léon XIV et Giorgia Meloni a qualifié d’« inacceptables » les propos de M. Trump, ce qui a ensuite conduit celui-ci à se dire « choqué par elle ». « Je la croyais courageuse mais je me suis trompé », a même lâché le président américain dans un entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera.

Retrait de troupes américaines en Europe

Il a par ailleurs accusé Mme Meloni, qui s’est efforcée de jouer le rôle de médiatrice concernant les divergences entre Washington et l’Europe, de ne pas avoir aidé les Etats-Unis au sein de l’OTAN. Donald Trump a menacé de retirer les forces américaines d’Italie, affirmant que Rome « ne nous a été d’aucune aide » dans la guerre contre l’Iran. Il a émis des avertissements similaires à l’intention de l’Espagne, tandis que le Pentagone a annoncé le retrait de 5 000 soldats américains d’Allemagne.

Au 31 décembre 2025, l’Italie comptait sur son sol 12 662 militaires américains en service actif, l’Espagne 3 814 et l’Allemagne 36 436.

La perspective d’un retrait partiel ou total des troupes américaines d’Europe inquiète de nombreux responsables politiques et militaires, qui redoutent un affaiblissement de la sécurité du continent face aux tensions croissantes au Moyen-Orient et à la montée des menaces hybrides.

Certains analystes estiment que cette stratégie de pression pourrait également fragiliser la cohésion de l’OTAN, alors que l’alliance traverse déjà une période de doutes et de remises en question sur son rôle et ses priorités.

Dans ce contexte, la visite de Marco Rubio à Rome et au Vatican revêt une importance particulière, tant pour la diplomatie américaine que pour les relations transatlantiques, à l’heure où les équilibres géopolitiques semblent plus incertains que jamais.

(source: lemonde.fr)

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