Taux de change : Appréciation notable de l’ariary au premier semestre 2026

Publié le Mis à jour le

Regain de compétitivité pour l’ariary face aux devises de référence.

Une bonne performance pour l’ariary face aux devises de référence pendant le premier semestre 2026. La monnaie malgache enregistre une appréciation notable durant la première moitié de l’année. Si la nouvelle est plutôt bonne pour les consommateurs, elle l’est moins pour les exportateurs.

Evolution favorable

Début janvier, le dollar américain s’échangeait à 4 579 ariary ; il ne valait plus que 4 193 ariary au début du mois de juin. Sur la même période, l’euro est passé de 5 309 ariary à 4 832 ariary. Ce qui représente, respectivement, une appréciation d’environ 9,2% de l’ariary face au dollar et de près de 9,9% face à l’euro. D’après les cambistes, cette évolution favorable de l’ariary trouve son origine dans plusieurs éléments. On peut citer, entre autres, une augmentation des recettes en devises, tirées des exportations minières, textiles et agricoles ainsi que du tourisme ; les transferts financiers de la diaspora, ainsi que les financements extérieurs qui se poursuivent. La politique monétaire de la Banque centrale, qui mène une gestion prudente des réserves de change, explique également cette bonne tenue de l’ariary.

Lutte contre l’inflation

Cette appréciation de l’ariary comporte bien évidemment des avantages réels. Elle joue notamment en faveur de la lutte contre l’inflation dans un pays comme Madagascar, qui dépend encore fortement des importations, notamment pour les produits stratégiques et de consommation courante comme les carburants, les médicaments, les équipements industriels et de nombreux biens de consommation. En effet, quand l’ariary s’apprécie, ces produits deviennent moins coûteux à importer, et cela limite les pressions inflationnistes. Par ailleurs, le coût de la dette extérieure est amoindri avec l’appréciation de la monnaie nationale. Pour les ménages, cette évolution peut théoriquement se traduire par une amélioration du pouvoir d’achat grâce à une baisse du coût des produits importés ou des biens dont les prix dépendent fortement des importations.

Entreprises exportatrices pénalisées 

Le revers de la médaille, pour cette évolution positive de l’ariary, c’est qu’elle pénalise les industries exportatrices. En effet, le renforcement de la monnaie nationale entraîne tout simplement une baisse des recettes en ariary perçues par les entreprises exportatrices, qui ont l’obligation de rapatrier les devises et donc de les convertir en ariary. Ainsi, une entreprise qui exporte pour 100 000 dollars obtenait environ 457,9 millions d’ariary en janvier, alors qu’en juin, pour la même vente, elle ne reçoit plus qu’environ 419,3 millions d’ariary. Une différence qui représente une baisse de plus de 38 millions d’ariary de recettes en monnaie locale, en six mois. Cette situation entraîne également une réduction des marges des exportateurs et, par conséquent, une diminution de leur capacité d’investissement, de création d’emplois ou d’expansion sur les marchés internationaux. Par ailleurs, les produits importés devenant relativement moins chers, les producteurs locaux peuvent faire face à une concurrence accrue sur le marché intérieur. C’est le cas notamment pour le riz, où les agriculteurs sont pénalisés par la baisse des prix. Pour les observateurs, la bonne option pour Madagascar, qui veut favoriser les exportations, n’est pas une monnaie forte, mais plutôt une stabilité du taux de change.

(source: R.Edmond. – Midi M/kara

Laisser un commentaire