Algérie
Issad Rebrab, l’homme le plus riche d’Algérie, incarcéré
Arrestations en série en Algérie pour la refonte d’un système en transition: cet homme est le PDG du plus grand groupe privé algérien.
Abdelaziz Bouteflika a remis sa démission au Conseil constitutionnel
Après six semaines de mobilisation historique, le peuple algérien a obtenu ce qu’il souhaitait : la démission d’Abdelaziz Bouteflika.
Plusieurs milliers de personnes manifestent à Alger contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un 5ème mandat
Un mouvement inédit et spectaculaire : c’est la première fois, en vingt ans de règne d’Abdelaziz Bouteflika, que les Algériens descendent simultanément dans les rues de plusieurs régions du pays pour le contester. A Alger, la mobilisation a surpris aussi bien les opposants que le pouvoir. La capitale, où les rassemblements sont interdits depuis l’année 2001, a connu ses plus importantes manifestations depuis près de dix-huit ans.
Les mots d’ordre des cortèges sont tranchants. Contre Ahmed Ouyahia, le très impopulaire premier ministre, traité de « voleur ». Contre le cinquième mandat, objet de toutes les colères. « Bouteflika, ya Saïd [le frère du président], pas de cinquième mandat », « le peuple veut le changement de régime », « non à la mascarade ». Mais aussi, fait nouveau, contre le président lui-même. Ainsi, un slogan irrévérencieux venu des stades de football, où les tribunes sont connues pour être des espaces de contestation politique, était particulièrement repris : « Bouteflika le Marocain, pas de cinquième mandat ».
Bouteflika étant né à Oujda, au Maroc. Jusqu’ici, beaucoup d’Algériens considéraient le président comme un vieil homme malade que son entourage ferait mieux de laisser en paix, mais la récente annonce de sa candidature à un cinquième mandat a fait tomber les digues de la bienséance.
Bouteflika candidat à un cinquième mandat : « Surréaliste »
Dans une chronique publiée aujourd’hui sur le site algérien El Watan, le président algérien en prend pour son grade et son intention de briguer une cinquième mandat est sévèrement critiquée. Le journaliste juge «surréaliste» le cinquième mandat pour Bouteflika, qui est «très malade, très fatigué et donc loin d’exercer les fonctions présidentielles». Le journaliste met en garde ceux qui profiteraient d’une réélection de Bouteflika: «Il faut être mentalement fou et intellectuellement amoindri pour accepter le plan de ceux qui ont tiré profit de son règne et qui veulent à tout prix rester au pouvoir», estime le journaliste qui dénonce un «coup de force, un coup d’Etat et de spoliation de la volonté populaire».
El Watan estime que le président Bouteflika ne peut satisfaire les exigences constitutionnelles de présentation d’un certificat médical attestant de ses capacités à assurer les fonctions de président de la République, ainsi qu’un discours où il déclare sa candidature. L’état de santé de l’homme qui dirige l’Algérie depuis 19 ans inquiète les Algériens et le quotidien pense que l’«Algérie se retrouvera assurément avec un président absent et des centres de décision opaques et surtout avec le risque de rejouer les élections en raison de son incapacité avant les échéances de 2024».
D’autre part, la chaîne France 24 a accordé une interview à Zoubida Assoul, présidente du parti Union pour le Changement et le Progrès, qui estime que «le 5e mandat de Bouteflika serait irresponsable».
Algérie: nomination d’un Premier ministre « surprise »
Abdelmadjid Tebboune a été nommé Premier ministre, en remplacement d’Abdelmalek Sellal, a annoncé la présidence de la République.
« À la suite de la proclamation par le Conseil constitutionnel, des résultats définitifs des élections législatives et de l’installation de la huitième législature de l’Assemblée populaire nationale, M. Abdelmalek Sellal, premier ministre, a présenté ce jour à son Excellence, M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, sa démission et celle du gouvernement », a précisé le communiqué de la présidence de la République diffusé via l’agence officielle.

« Le président de la République a félicité M. Abdelmalek Sellal, premier ministre sortant, et les membres du gouvernement pour le travail qu’ils ont accompli », a souligné la même source.
« Conformément à l’article 91, alinéa 5 de la Constitution, M. Le Président de la République, a, après consultation de la majorité parlementaire, nommé Abdelmadjid Tebboune, Premier ministre », a indiqué le communiqué.
« Le chef de l’État a également chargé les membres du gouvernement démissionnaire de vaquer aux affaires courantes de leurs secteurs respectifs, en attendant la nomination du gouvernement », a souligné la même source.
Remaniement : l’énigme Lamamra
Il était « Le poids lourds » du gouvernement sortant. Considéré comme l’un des diplomates et des ministres les plus brillants d’Algérie, Ramtane Lamamra n’a pourtant pas été reconduit dans ses fonctions de ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale dans le nouvel Exécutif de Tebboune. Il est remplacé par Abdelkader Messahel qui hérite du titre de ministre des Affaires étrangères.

Ramtane Lamamra dont le mérite sans doute est d’avoir redonné quelque peu, depuis sa nomination, une certaine visibilité à la diplomatie algérienne, qui a pâti de l’absence du président de la République pour ses soucis de santé, cède son poste à un diplomate de carrière, certes, mais avec moins de galons.
Son maintien au poste paraissait naturel dans la mesure où ceux qui l’ont côtoyé lui prêtent la maîtrise de plusieurs dossiers dont les conflits en Afrique, le système des Nations unis, le nucléaire, l’énergie, le désarmement et surtout la question sahraouie dont il était observateur à Manhasset. Parfait polyglotte, il a occupé de nombreux postes y compris les plus prestigieux : ambassadeur à l’ONU et à Washington.
Dans ce contexte, la question coule de source : pourquoi a-t-il été « écarté » ? Faisait-il de l’ombre au président de la République dont la diplomatie est considérée comme un « jardin sacré » ? Serait-il pressenti pour occuper le poste vacant d’ambassadeur en France, un poste stratégique pour Alger, surtout avec l’arrivée à l’Élysée d’Emmanuel Macron que Lamamra avait qualifié « d’ami de l’Algérie » ? Ou fait-il les frais du long feuilleton de la lutte des clans ? Ou alors a-t-il été sacrifié pour calmer la tension avec le voisin marocain où Lamamra est perçu comme un adversaire redoutable par la diplomatie marocaine ? Ces dernières semaines, Lamamra a été la cible d’une campagne virulente de la presse marocaine.
Les signes de la disgrâce étaient apparus depuis un moment. En plus de « l’échec » (ou « sabotage » ?, c’est selon), du Forum africain en décembre dernier, Lamamra a été dépossédé de certains dossiers chauds, notamment le dossier libyen et de façon globale, celui du terrorisme, un sujet mondial de l’heure.
Il y a une dizaine de jours, c’est Abdelkader Messahel qui a été désigné pour représenter le chef de l’État aux travaux du Comité des dix chefs d’États et de gouvernements de l’Union africaine sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, qui se sont tenus du 15 au 17 mai à Malabo (Guinée équatoriale).
Lundi dernier, il était à Bruxelles pour visiter ses institutions avant de participer, le lendemain, à la 8e Rencontre internationale des hauts responsables des questions de sécurité en Russie. Un activisme trop important pour qu’il n’annonce pas un changement en vue. Et Messahel jouit aussi d’un atout de taille : il est de l’Ouest, comme le président Bouteflika…
(source: tsa-algérie)
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