Base Tulear
Rencontre à Washington – Le projet Vara Mada évoqué
Durant son déplacement à Washington, le Premier ministre a rencontré le secrétaire d’État adjoint au Département d’État américain. Les engagements à développer les opportunités de commerce et d’investissement, dont Vara Mada, ont aussi été mis en avant.

Un sujet sensible. Le dossier Vara Mada, anciennement Base Toliara, revêt toujours ce caractère auprès de l’opinion publique. Les différentes réactions suite à un bref communiqué, en anglais, publié par le Département d’État américain, hier, le démontrent.
Cette courte missive fait écho de la rencontre entre Christopher Landau, secrétaire d’État adjoint américain, et Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, dans le cadre du déplacement de ce dernier à Washington, États-Unis, la semaine dernière. Le communiqué indique brièvement que ce face-à-face a permis de réaffirmer la solidité des relations entre Madagascar et les États-Unis. Il ajoute que la rencontre a également été l’occasion « de mettre en avant leur engagement à développer les opportunités de commerce et d’investissement, le projet minier de terres rares Vara Mada inclus ».
C’est cette seconde phrase qui suscite une vive polémique. En raison d’une mauvaise traduction de la missive, probablement, certains y ont lu un feu vert étatique pour l’exploitation du site de Vara Mada. Un argument de plus pour les détracteurs du pouvoir. Surtout que parmi les figures de celui-ci, il y a ceux qui ont crié à tue-tête leur opposition à ce projet minier. Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, est particulièrement vilipendé.
Réagissant sur sa page Facebook, comme à l’accoutumée, le patron de la Chambre basse, qui est un élu de Toliara, soutient : « Ma position reste inchangée. Je m’oppose au projet Base Toliara [actuellement Vara Mada]. Il est inacceptable de soutenir un projet qui met en danger l’environnement, menace la vie des populations et la santé des générations futures et ne garantit pas des bénéfices clairs et durables pour les intérêts de la nation. »
Pourtant, le communiqué du Département d’État américain ne parle pas d’accord. Par ailleurs, il indique que plusieurs opportunités et domaines d’investissement ont été abordés durant cette rencontre. Néanmoins, le fait que Vara Mada soit spécifiquement mentionné laisse entrevoir l’importance de ce projet pour la partie américaine.
Comme l’a indiqué Claire Pierangelo, ancienne ambassadrice des États-Unis, dans une interview publiée en décembre 2024 :« À ce jour, c’est le plus important investissement américain à Madagascar. »
Inquiétudes
La diplomate dont le mandat dans la Grande île est arrivé à terme il y a quelques semaines a même indiqué que la réussite de Base Toliara, actuellement Vara Mada, « va encourager d’autres compagnies américaines à venir investir à Madagascar. Ce sera un catalyseur pour plus d’investissements (…) ». La question des ressources minières, particulièrement celle des minerais stratégiques, est d’autant plus un axe majeur de la politique de coopération économique de l’administration Trump.
Dans la ligne de cette orientation politique de l’administration Trump, la missive du Département d’État américain ajoute que
Grandes Mines – Base Resources rachetée par Energy Fuels

La société australienne Base Resources, maison mère de Base Toliara, vient d’être rachetée par Energy Fuels, une firme américaine, pour 240 millions de dollars. Un accord a été trouvé pour son acquisition.
La nouvelle a fait le tour d’internet. Energy Fuels, une société américaine opérant dans le domaine de l’uranium et des minéraux critiques, annonce avoir trouvé un accord pour racheter Base Resources, maison mère de Base Toliara, pour 241 millions de dollars. L’annonce a été faite via un communiqué de presse de cette société américaine lundi.
La missive en question annonce que les deux multinationales sont arrivées à un «accord pour l’acquisition transformationnelle de Base Resources. Cela créera ainsi un leader mondial dans la production de minéraux critiques, mettant l’accent sur l’uranium, les éléments de terres rares et les sables minéraux», fait savoir la compagnie américaine. «L’acquisition comprendra le projet de sables minéraux lourds avancés et de classe mondiale Toliara, détenu à 100 % par Base Resources, à Madagascar (« Toliara » ou le « Projet »)», fait-on savoir.
Selon le magazine Africa Business +, «cette opération est encore soumise à un certain nombre de conditions et d’autorisations, en premier lieu, celle des actionnaires des deux firmes. Le closing est, pour l’instant, prévu en août prochain», peut-on lire dans les colonnes du magazine. On peut par ailleurs lire dans d’autres sites spécialisés qu’Energy Fuels est un leader de la production d’uranium aux États-Unis. La firme est également active dans la production d’autres minerais : vanadium et terres rares dans son pays, sables minéralisés au Brésil.
Optimiste
Des commentaires estiment qu’en «mettant la main sur Base Resources, la société acquerra ses actifs dans les sables minéralisés : la mine de Kwale au Kenya et le projet de Toliara à Madagascar». L’objectif pour l’entreprise américaine avec ce rachat étant «de créer un groupe spécialisé dans les minerais critiques. Ce, sur toute la chaîne de valeur, Energy Fuels pilotant une usine de transformation de minerais aux États-Unis».
Dans un communiqué de presse, la société américaine affirme d’ailleurs que «l’équipe de développement et d’exploitation minière de Base Resources sera sécurisée». Energy Fuels fait savoir que «Base Resources dispose d’une équipe de direction et d’exploitation de sable minéraux éprouvée […] tous devraient rejoindre l’équipe de direction d’Energy Fuels à la fin de la transaction», indique-t-on. À noter que Base Resources est une société australienne exploitant des sables minéraux au Kenya, et développe aussi un projet dans le Sud-ouest de la Grande île, via sa branche Base Toliara.
Quid de Base Toliara? Bien que le projet d’exploitation d’ilménite et de sables minéraux dans le gisement de Ranobe détienne un permis minier, il a été suspendu par le gouvernement en attendant la négociation des conditions fiscales applicables au projet. Et ce, depuis quatre ans.
La société semble optimiste quant au dénouement des négociations. Dans un communiqué de presse, Energy Fuels affirme qu’ «avec l’adoption récente d’un nouveau code minier et les progrès substantiels du gouvernement de Madagascar dans les négociations des conditions fiscales, la société estime que la suspension sera levée et que la stabilité juridique et fiscale requise sera atteinte au cours de 2024». Néanmoins, la compagnie reste prudente et estime qu’il ne peut y avoir de garantie quant au calendrier d’achèvement des négociations fiscales avec l’État et à la levée de la suspension actuelle du projet d’exploitation de Base Toliara.
(source: Itamara Randriamamonjy – lexpress.mg)