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La Cour suprême américaine remet en cause un acquis majeur du mouvement des droits civiques : le redécoupage électoral en faveur des minorités ethniques

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La majorité constituée par les juges conservateurs a estimé que la carte électorale de la Louisiane ne pouvait être redessinée pour créer une deuxième circonscription majoritairement noire. Cette décision, appelée à faire jurisprudence, pourrait apporter entre 12 et 15 sièges supplémentaires aux républicains à la chambre des représentants.

Conférence de presse des représentants américains membres du Congressional Black Caucus, après la décision de la Cour suprême de bloquer un redécoupage de la carte électorale en Louisiane, au Capitole, à Washington, le 29 avril 2026. ELIZABETH FRANTZ/REUTERS

Parmi les maux dont souffre la démocratie américaine, la manipulation partisane des cartes électorales figure en bonne position, avec le financement débridé des campagnes. A six mois des élections de mi-mandat, la Cour suprême des Etats-Unis a pris une décision retentissante, mercredi 29 avril, qui pourrait changer, à terme, la représentation politique du peuple américain dans sa diversité, dans un sens favorable aux Républicains. La majorité constituée par les juges conservateurs (six contre trois) a estimé, dans le cas de la Louisiane, qu’une carte électorale ne pouvait être redessinée sur des critères raciaux pour mieux représenter les Afro-Américains.

Avant le recensement national de 2020, seul un des six districts en Louisiane pour les élections à la Chambre des représentants était à majorité noire, alors que cette communauté représente environ un tiers de la population de cet Etat. La carte actualisée devait donc ajouter un second district favorable. Mais elle a déclenché une bataille en justice, un groupe d’électeurs blancs dénonçant une entreprise discriminatoire.

Il faut connaître toute l’histoire américaine, «le bien comme le mal», dit Joe Biden

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Le président américain Joe Biden lors d’une marche commémorative sur le pont Edmund Pettus pour le 58e anniversaire du «dimanche sanglant». JONATHAN ERNST / REUTERS

Le président américain s’est rendu dimanche sur le pont Edmund Pettus pour le 58e anniversaire du «dimanche sanglant».

Joe Biden a insisté dimanche sur l’importance de connaître l’histoire américaine dans son intégralité, «le bien comme le mal», en commémorant la répression brutale il y a 58 ans d’une marche pour les droits civiques.

«L’histoire importe», a lancé le président démocrate lors d’un discours devant le pont Edmund Pettus à Selma, dans l’État d’Alabama (sud), où des centaines de militants pacifistes ont été violemment réprimés par la police le 7 mars 1965.

Débat sur l’enseignement du passé

Ce «dimanche sanglant» avait traumatisé les États-Unis et avait abouti quelques mois plus tard au Voting Rights Act, une loi fédérale garantissant l’accès au droit de vote pour tous. Ces manifestants «ont forcé l’Amérique à faire face à la vérité et à agir», a déclaré Joe Biden en accusant l’opposition de vouloir, aujourd’hui, «dissimuler la vérité» historique. «On ne peut pas choisir d’apprendre que ce que l’on veut savoir», a-t-il lancé, alors qu’un débat fait rage sur l’enseignement du passé esclavagiste et ségrégationniste dans les écoles du pays. «On doit tout savoir, le bien comme le mal», a-t-il martelé.

Plusieurs États conservateurs ont adopté depuis 2020 des lois pour interdire d’enseigner la «théorie critique de la race», un concept universitaire devenu une formule attrape-tout pour les programmes de sensibilisation au racisme. Le gouverneur de Floride Ron de Santis, qui nourrit des ambitions présidentielles, a défendu récemment l’interdiction d’un cours au lycée sur l’histoire afro-américaine, accusé d’«endoctriner» les jeunes.

Dans son discours, Joe Biden a également appelé à rester «vigilant» sur le droit de vote menacé selon lui par la Cour suprême, qui a en partie détricoté le Voting Rights Act, ainsi que par des «dizaines de lois» restrictives adoptées dans les États conservateurs.

Le président de 80 ans, dont la carrière politique a reposé en grande partie sur le soutien des électeurs afro-américains, a exhorté le Congrès à adopter une grande réforme électorale, bloquée par les élus républicains. Sans grande chance d’être entendu.

(source: lefigaro.fr)