Iran’s crown prince makes his 1st visit to Israel. Plus, conflict in Sudan threatens the Abraham Accords, Taiwanese civilians prepare to fight against a Chinese invasion, and one of the producers of « Jesus Revolution » film shares how it’s …
842 fidèles juifs ont visité le site ; les Palestiniens se sont barricadés à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa pendant la nuit, faisant craindre de nouveaux affrontements
Les forces de sécurité surveillant les visiteurs juifs sur le mont du Temple pendant Pessah, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 9 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)
Les visiteurs juifs ont été autorisés à se rendre sur le mont du Temple dimanche matin, quelques heures après qu’un certain nombre de Palestiniens se sont barricadés à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa pendant la nuit, ce qui a ravivé les craintes de nouveaux affrontements.
La police israélienne a décidé de ne pas entrer dans l’enceinte du bâtiment aux premières heures de la matinée, vraisemblablement pour éviter des scènes de violence et tout débordement éventuel.
Selon la Douzième chaîne, la police a reconnu que les personnes barricadées à l’intérieur « n’avaient pas apporté avec elles le genre d’objets » qui auraient pu provoquer un incident violent ; elles ont été « évacuées » au petit matin « dans un calme relatif », alors que les visiteurs juifs commençaient à arriver sur le site.
Toutefois, certains fidèles musulmans auraient été empêchés d’accéder au site pour la prière du ramadan.
À l’issue des prières du Faïr [de l’aube], la police a commencé à autoriser les visiteurs juifs à pénétrer dans l’enceinte sensible, sous bonne garde et par groupes d’environ 20 personnes.
Selon un groupe d’activistes du mont du Temple, il y a eu 842 visiteurs juifs dimanche, et 1 041 au total pendant la fête de Pessah, ce qui représente une augmentation de 43 % du nombre moyen de visites juives.
Certains fidèles musulmans présents sur le site ont hurlé sur les visiteurs juifs, mais aucun acte de violence physique n’a été signalé.
Dans une déclaration, le ministère jordanien des Affaires étrangères a condamné les visites juives sur le mont du Temple dimanche, mettant en garde contre les « conséquences catastrophiques » si Israël ne mettait pas fin à ce qu’il considère comme des violations du statu quo sur le fragile site sacré.
Le communiqué prévient « que la violation par les forces de police israéliennes du caractère sacré de la sainte mosquée Al-Aqsa / Al-Haram Al-Qudsi Al-Sharif et l’agression des fidèles dans une nouvelle tentative de la vider de ses fidèles, en préparation d’incursions majeures dans la mosquée, pousseront la situation vers plus de tension et de violence, ce dont tout le monde paiera le prix ».
La police israélienne escortant les visiteurs juifs marquant la fête de Pessah vers l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa au sommet du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pendant le ramadan, le 9 avril 2023. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Une déclaration légèrement différente publiée par Petra en arabe indique clairement que la Jordanie condamne les visites juives sous la protection de la police israélienne et note que seules les prières musulmanes sont autorisées sur le site. Elle revendique la compétence exclusive du Waqf [islamique de Jérusalem soutenu par la Jordanie], qui administre le site.
« Le gouvernement israélien porte la responsabilité de l’escalade à Jérusalem et dans tous les territoires palestiniens occupés, ainsi que de la détérioration qui va s’aggraver s’il ne met pas fin aux incursions sur le lieu saint ou à la « terrorisation » des fidèles, peut-on lire dans la déclaration.
Israël a juré à plusieurs reprises de maintenir le statu quo sur le site, selon lequel les Juifs sont autorisés à s’y rendre – sous de nombreuses restrictions et seulement pendant des heures limitées – mais pas à y prier. Cependant, les Juifs sont de plus en plus souvent autorisés à y prier tranquillement, tandis que les Palestiniens sont à l’origine de violences sur le site et ont unilatéralement désigné davantage de parties du site pour la prière.
Israël a pris le mont du Temple et la Vieille Ville de Jérusalem à la Jordanie lors de la Guerre des Six Jours en 1967. Il a toutefois permis au Waqf jordanien de continuer à exercer son autorité religieuse sur le mont. En vertu du traité de paix de 1994, Israël a reconnu le « rôle spécial d’Amman… dans les lieux saints musulmans de Jérusalem ».
Le ministère des Affaires étrangères du Liban a déclaré vendredi que le pays allait porter plainte devant le Conseil de sécurité de l’ONU après les frappes aériennes israéliennes. Ces frappes, devenues rares, ont été menées en représailles aux tirs de roquettes sur Israël et font partie d’une escalade plus large qui a également touché Jérusalem et la bande de Gaza.
Le ministère a indiqué sur Twitter que la plainte déposée auprès du Conseil de sécurité concernait « les frappes et l’agression israéliennes aujourd’hui à l’aube de régions du sud du Liban, ce qui constitue une infraction scandaleuse à la souveraineté du Liban et à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, et menace la stabilité qui prévalait dans le sud du Liban ».
La résolution 1701 a mis en place le cessez-le-feu qui a mis fin à la deuxième guerre du Liban en 2006.
Israël a attaqué vendredi avant l’aube le sud du Liban et Gaza, disant viser des cibles du Hamas en représailles aux tirs de plusieurs dizaines de roquettes contre son territoire. Les raids ont commencé peu après minuit à Gaza et vers 04H30 heure d’Israël (01H30 GMT) au Liban. L’armée israélienne a confirmé avoir « frappé des cibles, notamment des infrastructures terroristes appartenant au Hamas dans le sud du Liban ». C’est la première fois qu’Israël confirme avoir attaqué le territoire libanais depuis avril 2022
Ces frappes sont le dernier épisode en date d’une brusque montée de tension au Proche-Orient depuis mercredi, après une accalmie toute relative du conflit israélo-palestinien observée depuis le début du ramadan, le 23 mars. De violentes explosions ont été entendues dans la région de Tyr, dans le sud du Liban. Jeudi, jour de la Pâque juive, une trentaine de roquettes avaient été tirées du Liban vers Israël, blessant une personne et causant des dégâts matériels, dans une escalade sur le front israélo-libanais sans équivalent depuis 2006.
Ces tirs ont eu lieu au lendemain de l’irruption violente de la police israélienne dans la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam, afin d’en déloger des Palestiniens qui s’y étaient barricadés. L’armée israélienne a dit avoir la certitude que les tirs de roquettes du Liban, non revendiqués, étaient « palestiniens », et probablement selon elle l’oeuvre du Hamas ou du Jihad islamique. La Force intérimaire des Nations unies (Finul), déployée dans le sud du Liban, a pris contact avec les autorités israéliennes et libanaises, et a appelé « toutes les parties à cesser toutes leurs actions ».
Le Royaume-Uni a salué l’annonce faite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant la suspension du travail législatif autour de la réforme judiciaire.
« Il est essentiel que les valeurs démocratiques partagées qui sous-tendent nos relations soient respectées », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, James Cleverly, dans un communiqué, « et qu’un système solide de freins et de contrepoids soit maintenu ».
« Nous exhortons toutes les parties à trouver un terrain d’entente et à rechercher un compromis à long terme sur cette question sensible. »
Les Etats-Unis « saluent » l’annonce d’une pause d’une réforme contestée de la justice en Israël, qui « donne plus de temps pour trouver un compromis », a dit lundi la porte-parole de la Maison Blanche.
« Nous continuons à appeler les responsables politiques en Israël à trouver un compromis le plus rapidement possible », a ajouté Karine Jean-Pierre.
Dossier : Des Israéliens portant des costumes de la série télévisée « La servante écarlate » participant à un rassemblement de protestation contre les projets du nouveau gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à réformer le système judiciaire, devant la Knesset, à Jérusalem, le 13 février 2023. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)
Les leaders des protestations annoncent qu’une manifestation de masse aura lieu aujourd’hui à 14 heures devant la Knesset.
« Nous n’accepterons aucun compromis qui porte atteinte à l’indépendance de la Cour suprême », ont-ils déclaré.
Le mouvement qui chapeaute un certain nombre de groupes de protestation demande également la réintégration immédiate de Yoav Gallant, limogé hier par le Premier ministre Benjamin Netanyahu après que ce dernier a déclaré que la refonte du système judiciaire était préjudiciable à la sécurité nationale.
Des bus ont été mis en place pour acheminer les manifestants de tout le pays.
Depuis près de trois mois, des manifestations de masse hebdomadaires ont lieu contre le projet de loi, et une vague croissante d’objections a été soulevée par des personnalités publiques de premier plan, dont le président, des juristes, des chefs d’entreprise et bien d’autres encore.
Selon les opposants à la réforme, le projet de loi sur les nominations judiciaires, qui doit être présenté aujourd’hui, constitue une ligne rouge qui risque de politiser la Cour, de supprimer des contrôles essentiels du pouvoir gouvernemental et de porter gravement atteinte au caractère démocratique d’Israël.
« La nation entière est en proie à une profonde inquiétude. Notre sécurité, notre économie et notre société sont toutes menacées », a mis en garde le président
La réforme judiciaire engagée par le gouvernement Nétanyahou suscite un rejet inédit dans la diaspora aux Etats-Unis, où de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le tournant extrémiste de la coalition au pouvoir.
Des juifs américains manifestent contre la venue du ministre israélien des finances, Bezalel Smotrich, suprémaciste juif, à Washington, le 12 mars 2023. CELAL GUNES / ANADOLU AGENCY VIA AFP
Une contestation, une révolution, ou un réveil ? On peine à trouver les mots justes, face au débat qui embrase les communautés juives libérales aux Etats-Unis. L’adjectif adéquat, lui, ne fait aucun doute : historique. Tribunes, lettres ouvertes, émissions, manifestations… La réaction de la diaspora aux projets du gouvernement Nétanyahou résonne en solidarité avec les manifestants dans les rues israéliennes. Ces citoyens américains frissonnent encore à l’évocation de l’assaut donné le 6 janvier 2021 contre le Capitole par les partisans de Donald Trump. Aujourd’hui, ils assistent à une offensive d’ampleur en Israël pour écraser les contre-pouvoirs – à commencer par la Cour suprême – au nom d’un programme extrémiste et d’une acception restrictive de l’identité juive.
L’image la plus frappante de cette mobilisation a été l’intervention du rabbin américain Rick Jacobs, fin février à Tel-Aviv, devant la foule des opposants. Le président de l’Union pour le judaïsme réformé, qui regroupe deux millions de personnes aux Etats-Unis, a été acclamé lorsqu’il a exprimé, en hébreu, toute la préoccupation de la diaspora. « Nous parlons par amour, explique-t-il par téléphone au Monde. C’est le moment de s’engager pour un Etat juif et démocratique. Ces deux termes sont aujourd’hui menacés par la coalition composée d’ultraorthodoxes et d’ultranationalistes, qui a une vision suprémaciste du judaïsme, et non pas inclusive pour les laïcs et les réformistes. Je ne peux imaginer un Etat juif non démocratique. Eux, oui. Avec ces changements dramatiques, toutes les minorités seraient menacées, faute de Constitution et d’une Cour suprême ne pouvant plus les défendre. »
Il serait exagéré de parler d’unanimité chez les quelque 7,5 millions de juifs américains qui composent un paysage culturel et religieux complexe. Mais la tendance est claire. Selon une étude du Pew Research Center, en 2020, environ 70 % se disaient démocrates. A leurs yeux, les valeurs de justice et d’égalité importent bien plus que la loi religieuse. Ils n’étaient que 26 % à se déclarer du bord républicain. « Les juifs américains se considèrent comme pro-israéliens, mais il ne s’agit pas d’un enjeu majeur au moment de voter, explique Halie Soifer, présidente du Jewish Democratic Council. Ils ont un lien émotionnel avec Israël, mais se déterminent surtout en fonction de questions intérieures, comme la santé, le contrôle des armes ou la politique climatique. »
Dans notre 2e épisode de la série de podcasts « What Matters Now », une experte juridique en droit constitutionnel explique pourquoi Israël est susceptible de devenir une dictature
Bienvenue à « What Matters Now » (Ce qui importe maintenant), un nouveau podcast hebdomadaire qui examine un sujet déterminant façonnant Israël et le monde juif – aujourd’hui.
Au début du mois, des dizaines de milliers d’Israéliens ont pris un jour de congé pour protester à l’extérieur de la Knesset contre le projet de réforme du système judiciaire qui était – au même moment – discuté à l’intérieur lors d’une session animée de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice.
La foule arborait une mer de drapeaux israéliens bleus et blancs. Majoritairement laïcs, ils ont chanté, crié, ri et pleuré ensemble contre les projets de loi qui, malgré toute leur énergie tapageuse, ont été adoptés en lecture préliminaire.
Nombreux sont ceux qui, en Israël, soutiennent la refonte du système judiciaire et affirment qu’en adoptant les pratiques des systèmes judiciaires d’autres pays, ils mettent le pays en conformité avec les normes de la communauté internationale. Beaucoup de ceux qui s’opposent à la législation conviennent de la nécessité d’une réforme, mais disent qu’ils ont peur qu’en piochant dans le monde entier – la clause dérogatoire du Canada, la Loi norvégienne et différents éléments des États-Unis – nous nous dirigions vers un Frankenstate – « État Frankenstein »
En 2013, la professeure Kim Lane Scheppele de l’université de Princeton a inventé ce terme viscéral dans son article intitulé « Not Your Father’s Authoritarianism : The Creation of the ‘Frankenstate’. » Dans cet essai, elle écrit « qu’un Frankenstate est une forme abusive de règles, créé en combinant des morceaux d’institutions démocratiques parfaitement raisonnables de manière monstrueuse, un peu comme le monstre de Frankenstein a été créé à partir de morceaux d’autres êtres vivants. Aucune partie n’est néfaste mais l’horreur émerge des combinaisons ».
Je me suis rendue au cœur de la Vieille Ville de Jérusalem, à l’Institut israélien de la démocratie (IDI), où j’ai demandé à Suzie Navot, vice-présidente de l’IDI et professeure de droit constitutionnel, ce qui pourrait se passer si d’autres systèmes judiciaires étaient greffés sur le système judiciaire israélien.
La vice-présidente de l’Institut israélien de la démocratie, la professeure Suzie Navot, à l’IDI, en décembre 2022. (Crédit : Yaël Tsur/IDI)
Née en Uruguay, Suzie Navot a fait son alyah en Israël à l’âge de 14 ans. Polyglotte, elle a enseigné à la Sorbonne en tant que professeure invitée, ainsi qu’à la Faculté de droit de Striks, au College of Management et au National Security College en Israël.
Navot est spécialisée dans le droit constitutionnel, le droit des institutions, le droit parlementaire et le droit constitutionnel comparé, ce qui lui donne un aperçu unique de ce qui pourrait se passer si cette mosaïque de lois mondiales était adoptée.
Après des semaines tumultueuses, écoutons « ce qui importe maintenant » pour cette éminente experte juridique israélienne.
Notre entretien a été édité et condensé dans un souci de clarté et de concision.
Times of Israel : Professeure Susie Navot, merci beaucoup de me permettre d’entrer dans votre bureau, ici à l’Institut israélien de la démocratie, au cœur de la belle Jérusalem, un bâtiment étonnamment magnifique et son merveilleux jardin. Et nous sommes ici assises par une journée glaciale dans votre salle chauffée. Merci beaucoup de me recevoir.
Prof. Suzie Navot : C’est un plaisir de vous accueillir, Amanda. Merci d’être venue.
Le mois de février a été assez mouvementé. Nous avons vu des manifestations de masse, nous avons vu des hauts et des bas à la Knesset. L’opposition est en colère, la coalition est déterminée. Alors, Pr. Suzie Navot, dites-moi : qu’est-ce qui importe aujourd’hui ?
Comme nous allons parler de cette réforme, laissez-moi vous dire quelque chose qui se passe en Israël, mais que peut-être nous ne voyons pas, parce que si vous regardez ce qui se passe dans le monde, nous voyons maintenant une montée du populisme dans plusieurs pays. Et parallèlement à cette tendance au populisme, nous assistons à une érosion démocratique dans de très nombreux pays.
Les démocraties ne meurent pas en un jour. Il n’y aura pas de coup d’État violent qui renversera le gouvernement. Les démocraties meurent très lentement. Elles s’usent. Et nous le remarquons parfois avec de lents changements. Et puis on se réveille un jour et le pays n’est plus démocratique. Ce qui se passe en Israël suit exactement la même tendance. Notre structure constitutionnelle expose en réalité Israël aux dangers de cette érosion démocratique bien plus que dans tout autre pays.
Israël est unique – il est unique à bien des égards – mais surtout parce que dans tous les autres pays, vous avez des mécanismes, vous avez des outils qui décentralisent le pouvoir politique. Vous avez des contrôles et des équilibres. Or, nous entendons tous les jours qu’Israël doit rétablir les freins et contrepoids. Et je cite le ministre de la Justice [Yariv] Levin, nous devons restaurer les contrôles et les équilibres entre les branches et restaurer la séparation des pouvoirs. Et je soutiens qu’il est très difficile de rétablir quelque chose dont on ne dispose pas, dont on ne dispose vraiment pas.
Le ministre de la Justice, Yariv Levin, lors d’une audience de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, le 11 janvier 2023. (Autorisation)
Nous n’avons pas d’outils pour décentraliser le pouvoir politique de la Knesset. Dans chaque pays, il existe une Constitution rigide. Vous avez une division de l’autorité législative en deux chambres du gouvernement. Aux États-Unis le président a un droit de veto sur la législation. Ils disposent d’une structure fédérale. Ainsi, si la Cour suprême, par exemple, rend une décision qui n’est pas conforme à ce que les différents États des États-Unis feraient, il y a un système électoral régional. Et en Europe, par exemple, il existe des tribunaux internationaux comme la Cour européenne des droits de l’Homme [CEDH]. Or, tous ces outils sont des freins et des contrepoids. Israël n’en a aucun.
Il est donc très facile de changer le système en Israël. Il serait très facile de devenir un État non-démocratique.
Nous ne disposons d’aucun outil de ce type. Donc ce que nous voyons, je pense, c’est que les politiciens, le gouvernement actuel, veulent gouverner par la majorité. La majorité gouverne en Israël. Et je pense que la chose la plus importante est qu’en Israël, 61 membres de la Knesset – la Knesset en compte 120 – 61 suffisent pour faire tout ce qu’ils veulent. Il n’y a pas la moindre limitation de leur pouvoir. Donc, si 61 membres veulent renverser le président, il ne faudra que deux ou trois jours à la Knesset, un projet de loi, une Loi fondamentale, et hop, nous n’aurons plus de président. Vous voulez déclarer que la Haute Cour de justice n’existe pas ? Aucun problème. Deux contre un à la Knesset suffisent pour dire que nous n’avons plus de Cour suprême.
Et c’est là, le problème d’Israël. C’est bien le problème lorsque nous entendons tout le temps que les gens comparent Israël à d’autres pays. Nous sommes totalement différents. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui en Israël : une lutte pour le pouvoir, pour le pouvoir absolu du nouveau gouvernement.
Nous sommes tous, bien sûr, très inquiets de ce qui se passe. Expliquons un peu plus ce qui se passe pour nos auditeurs. Vous avez mentionné qu’il y a bien des pays qui ont une Constitution rigide, mais évidemment, il y a également des pays qui n’ont pas de Constitution.
Je n’en connais que deux.
L’Angleterre, la Nouvelle-Zélande, le Canada…
Le Canada a la Loi constitutionnelle et la Charte des droits et libertés. Donc pour moi, ils ont bien une Constitution. Je n’en connais donc que deux.
Très bien, et donc les deux sont ?
L’Angleterre et la Nouvelle-Zélande.
L’Angleterre et la Nouvelle-Zélande – et Israël ?
Israël ? Eh bien, nous n’avons pas de document appelé « Constitution ». Mais j’avais l’habitude de demander à mes étudiants, « qu’est ce que la Constitution ? ». Ce n’est pas seulement un document, c’est quelque chose qui fonctionne comme une Constitution. Donc si vos droits, Amanda, et mes droits, sont protégés par une Loi fondamentale, et si nous avons une Cour suprême qui peut déclarer qu’une Loi fondamentale est inconstitutionnelle, comme c’est le cas en Israël, alors nous avons quelque chose qui ressemble effectivement à une Constitution.
Ce n’est pas une Constitution rigide, c’est une Constitution très fragile. Elle n’est pas complète, mais elle fonctionne pour moi – et pour vous – comme une Constitution. Et je pense que c’est ce qui est important. Si je peux effectivement revendiquer mes droits, ils sont de facto protégés. Parce qu’en l’absence de Constitution, la majorité qui est au gouvernement en ce moment, peut faire ce qu’elle veut. Mais en Israël, aujourd’hui – je ne peux pas parler de ce qui se passera demain ou après-demain – mais aujourd’hui, vos droits et mes droits sont protégés par la Cour suprême. Et la Cour suprême peut décider qu’une loi qui a été promulguée ce matin à la Knesset peut être déclarée inconstitutionnelle.
La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, à droite, et son successeur désigné, Chris Hipkins, arrivant pour le vote de leur caucus au Parlement à Wellington, le 22 janvier 2023. (Crédit : Mark Mitchell/New Zealand Herald via AP)
Nous avons un contrôle judiciaire des lois comme aux États-Unis et dans la plupart des autres pays. C’est un mécanisme constitutionnel. Il ne s’agit donc pas d’une Constitution. Si vous regardez sur Wikipedia et que vous écrivez « Constitution d’Israël », vous ne la trouverez pas. Mais dans de nombreux livres, par exemple, on parle d’Israël comme d’un État constitutionnel doté de Lois fondamentales. Par exemple, en Allemagne, la Constitution n’est pas appelée « Constitution de l’Allemagne », mais elle est appelée « Loi fondamentale de l’Allemagne ». Et pourtant, elle fonctionne comme une Constitution. Si ça marche comme une Constitution, que ça sonne comme une Constitution et que ça ressemble à une Constitution… Même si vous l’appelez « Loi fondamentale », alors c’est une Constitution. Donc je dis que je pense que nous sommes deux pays et demi dans le monde sans Constitution formelle et rigide.
Donc, il y en a qui qualifient Israël de démocratie constitutionnelle, comme vous l’avez dit, et il y en a d’autres qui l’appellent « démocratie parlementaire ». Selon moi, cela touche le cœur du problème : où se trouve la véritable démocratie ? Dépend-elle du Parlement ? Ou repose-t-elle sur l’idée de la Constitution et ses protections ?
Ce n’est pas exactement l’un ou l’autre, car un pays démocratique peut être une démocratie parlementaire ou une monarchie constitutionnelle, par exemple. L’Espagne est un pays démocratique. C’est un système parlementaire, mais ils ont un monarque, et il peut s’agir d’une démocratie présidentielle comme aux États-Unis. Nous sommes donc une démocratie constitutionnelle. Notre système de gouvernement n’est pas fondé sur la séparation des pouvoirs comme c’est le cas aux États-Unis. C’est très, très clair. Il y a un président avec tout – vous savez – le pouvoir gouvernemental et le pouvoir exécutif et la Chambre des représentants. C’est complètement différent.
En Israël, le système est le suivant : nous avons un Parlement, et le gouvernement est issu du Parlement. La plupart de nos ministres sont membres de la Knesset, presque tous en général. Ce n’est donc pas une séparation stricte du pouvoir. Mais malgré tout, nous sommes une démocratie.
Je pense qu’il est très clair qu’il y a différents camps en Israël.
Oui, malheureusement, parce que je pense que la démocratie n’a rien à voir avec la droite ou la gauche, avec les religieux ou les laïcs, avec les Juifs ou les Arabes. Je pense que la démocratie est quelque chose d’important pour tout le monde, parce que personne ne saura jamais quand il fera partie d’une minorité.
C’est vrai. Et c’est quelque chose que je voulais vous demander, parce qu’un camp dit « hey, la majorité gouverne. Nous avons été élus. Nous devrions être ceux qui, par exemple, élisent les juges de la Cour suprême. Le peuple nous a donné le pouvoir, et nous devrions représenter le peuple ». Et puis il y a un autre camp qui dit « hey, et les minorités alors ? ».
Le premier camp, celui qui se réfère à la règle de la majorité, a une idée, je pense, très très erronée de ce qu’est la démocratie. La démocratie n’est pas la règle de la majorité, car si c’est le seul principe de la démocratie, alors la majorité pourrait faire des choses terribles à la minorité et on ne pourrait plus, en conséquence, parler de pays démocratique. Et l’histoire nous a beaucoup appris sur les règles de la majorité.
Manifestation contre la refonte du système judiciaire, devant le Parlement israélien à Jérusalem, le 13 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Dans mes cours, je demande « comment définissez-vous la démocratie ? ». Et la réponse que j’obtiens est « la règle de la majorité ». Donc, quelques mots. Ok, vous définissez donc la majorité en quelques mots ? Très bien, maintenant essayez de définir le football en quelques mots. Et la réponse que j’obtiens à cette question, « non, pas le football. C’est beaucoup plus compliqué ». Ben voilà, la démocratie – c’est beaucoup plus compliqué que les règles de la majorité. La démocratie est comme une étoile à cinq branches. Il faut une séparation des pouvoirs, une protection des minorités, un État de droit et un pouvoir judiciaire totalement indépendant. Et vous avez besoin, bien sûr, d’élections libres. Sans cela, il ne s’agit pas d’une démocratie.
J’ajouterais également la liberté de la presse.
Une presse libre, pour moi, fait partie des élections libres. Parce que pour avoir des élections libres, les gens doivent savoir comment voter et pour qui voter. Et cela dépend de la liberté de la presse et de la liberté d’expression et de la liberté d’aller manifester. Sans cela, nous n’aurons pas d’élections libres. Cela en fait donc partie.
Et si vous voulez connaître la véritable définition de la démocratie, je pense qu’il existe un indice de démocratie établi par les économistes. Ils ont 60 paramètres pour définir ce qu’est une démocratie, et sur la base de ces 60 paramètres, ils vérifient chaque pays.
Il ne s’agit donc pas de « règles de la majorité ». Pour moi, quand vous dites règles de la majorité, je dis, très bien, ce gouvernement a été élu, légalement élu, et il peut gouverner comme il le souhaite, mais je veux savoir quelles en sont les limites, et quelles choses il ne peut pas faire. Par exemple, à mon avis, il ne peut pas changer la structure de base d’Israël, il ne peut pas décider. Il n’est pas légitime pour décider que ce pays ne sera plus juif. De même, il ne peut pas décider que ce pays ne sera plus démocratique, parce que ce sont des choses qui sont les valeurs fondamentales de l’État. Cela fait partie de la Déclaration d’Indépendance.
Donc le gouvernement que nous choisissons tous les quatre ans, la Knesset et le gouvernement peuvent gouverner comme ils l’entendent sur une partie de l’économie et de la sécurité, et ce de l’intérieur. Et tout ira bien. Mais vous ne changerez pas la structure de base de l’État comme si nous avions une Constitution. Par exemple, il y a un président aux États-Unis, et il y a beaucoup de choses qu’il ne peut pas faire, même s’il le voulait. Il faut passer par le Sénat et le Congrès. Par ailleurs, leur Constitution a été modifiée 27 fois. En Israël, nous avons nos Lois fondamentales qui, au cours des cinq dernières années, ont été modifiées plus de 27 fois.
Voilà donc la différence fondamentale. Donc, oui, la majorité gouverne toujours, mais tout dépend de quoi il est question. Et ce que ce gouvernement essaie de faire, c’est d’éliminer toutes les limitations de son pouvoir. Il veut pouvoir décider sur tout ce qu’il veut. Et c’est quelque chose qui, pour moi, s’avère être très dangereux.
Assis de gauche à droite : Hitler, Rudolf Hess, chef adjoint du parti nazi, Hermann Goering, président du Reichstag, Joachim Von Ribbentrop, ministre allemand des Affaires étrangères, Wilhelm Frick, ministre allemand de l’Intérieur. Le ministre allemand de la Propagande, le Dr. Joseph Goebbels, non visible, présentant le chancelier allemand Adolf Hitler, à gauche, au grand public du Palais des sports, à Berlin, le 26 septembre 1938. (Crédit : Photo AP)
Une partie de ce qui rend Israël si grand est que nous sommes rapides. Nous sommes capables d’improviser et de changer très rapidement lorsque cela est nécessaire. Et c’est peut-être en partie grâce au fait que nous avons décidé de ne pas avoir de Constitution. Nous avons décidé de ne pas inscrire les choses dans la loi. Ainsi, oui, ce gouvernement peut virevolter et tout changer avec un minimum de 61 voix, mais le prochain gouvernement pourrait faire de même et tout changer à nouveau, n’est-ce pas ? Lire la suite »
La directrice générale adjointe du ministère israélien des affaires étrangères pour l’Afrique, Sharon Bar-li, a été expulsée samedi du sommet de l’UA à Addis-Abeba.
La scène, musclée, a donné le coup d’envoi du sommet de l’Union africaine (UA), éclipsant pendant un temps l’ordre du jour. Samedi 18 février au matin, une représentante du ministère israélien des affaires étrangères a été expulsée manu militari de l’Assemblée générale de l’UA alors que s’engageaient les discussions entre les chefs d’Etats du continent, au siège de l’organisation à Addis-Abeba.
La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre Sharon Bar-li, directrice générale adjointe du ministère israélien des affaires étrangères pour l’Afrique, être conduite hors de la séance plénière par des agents de sécurité de l’institution continentale. Israël n’a pas tardé à accuser l’Iran de se trouver derrière cette « grave » expulsion, déplorant, dans le même communiqué que « l’Union africaine [soit] prise en otage par un petit nombre de pays extrémistes comme l’Algérie et l’Afrique du Sud ».
Selon plusieurs diplomates présents à Addis-Abeba, la délégation algérienne aurait menacé de quitter le sommet si les représentants israéliens restaient dans l’hémicycle. Pour tenter de relativiser l’incident, l’Union africaine a prétexté un problème protocolaire. Ebba Kalondo, la porte-parole de la Commission de l’UA, qui tient lieu de secrétariat de l’organisation, a expliqué à l’Agence France-Presse qu’une personne avait été « invitée à quitter les lieux » parce qu’elle n’était pas conviée à cette réunion.
Statut d’observateur
Cette affaire constitue, quoi qu’il en soit, un revers pour Israël, alors que la normalisation de ses relations avec les Etats d’Afrique est l’une des priorités du gouvernement du premier ministre Benyamin Nétanyahou. Ces dernières années, les diplomates israéliens ont arpenté les capitales africaines en quête de reconnaissance. Le ministre des affaires étrangères, Eli Cohen, se trouvait encore, début février, au Soudan pour réchauffer les liens avec Khartoum. Sur les 54 pays africains, 46 reconnaissent aujourd’hui l’Etat hébreu.
En juillet 2021, le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, avait accordé à Israël le statut d’observateur auprès de l’organisation. Mais la présence de Tel-Aviv au sein de l’UA reste l’une des principales sources de controverses au sein de l’institution. L’accréditation a créé une fracture telle que le débat autour du statut d’observateur de l’Etat hébreu avait été ajourné lors du sommet 2022 pour éviter de faire éclater les dissensions au grand jour.
Alors qu’elle disposait d’une année pour se pencher sur cet épineux dossier, la commission mise en place à cet effet ne s’est jamais réunie. « C’est une illustration de plus de l’incapacité de l’Union africaine à trancher les différends entre pays, observe Paul-Simon Handy, chercheur au sein de l’Institute for Security Studies. Sur ce sujet, l’UA a tout simplement décidé de ne pas décider. »
Lutte entre deux blocs
L’institution continentale aurait pu en effet procéder à un vote ouvert concernant le statut d’observateur d’Israël : les deux tiers des pays auraient voté en sa faveur. Mais l’Afrique du Sud, à la fois partenaire économique de l’Etat hébreu et historiquement opposé à sa présence au sein de l’UA, avait discrètement menacé de suspendre son financement institutionnel en 2022. « Cela démontre la façon dont des minorités influentes peuvent faire taire une majorité moins puissante », conclut Paul-Simon Handy.
L’affaire illustre, en toile de fond, la lutte entre deux blocs concurrents, en particulier la rivalité entre l’Algérie et le Maroc. Le royaume chérifien, qui a récemment signé un accord de coopération sécuritaire avec Israël, est l’une des têtes de pont de cet Etat sur le continent, tout comme le Rwanda et l’Ouganda.
A l’inverse, Alger, farouche soutien des Palestiniens, rejette historiquement toute normalisation avec Israël. Le ministre des affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, estimait en 2022 que l’accréditation de Tel-Aviv pourrait conduire à « une profonde division des Etats membres » au sein de l’UA.
La controverse au sujet du statut d’Israël n’est pas, du reste, l’unique pomme de discorde entre Rabat et Alger au sein de l’institution. Dernièrement, les deux pays du Maghreb se sont écharpés en coulisses à propos de l’obtention de la première vice-présidence de la Conférence de l’UA, une responsabilité stratégique qui débouche généralement sur la présidence tournante de l’organisation continentale l’année suivante.
Présent lors de la cérémonie d’ouverture du sommet, samedi, le premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, a profité de la tribune qui lui était offerte pour critiquer le « terrorisme » et la « politique de confiscation des terres » de l’Etat hébreu.
Israël pourrait rencontrer des difficultés lors de l’année à venir pour plaider son cas. Les Comores, nouveau président en exercice de l’UA, sont un soutien de la Palestine. En 2021, Moroni s’était opposé à l’octroi à l’Etat hébreu du statut d’observateur.
Maisons du quartier de Silwan, à Jérusalem, le 2 janvier 2023. AHMAD GHARABLI / AFP
Washington, Berlin, Paris, Rome et Londres ont critiqué ce mardi la décision d’Israël de légaliser neuf colonies en Cisjordanie occupée.
Washington, Berlin, Paris, Rome et Londres se sont dits «fermement» opposés mardi 14 février à la décision d’Israël de légaliser neuf colonies en Cisjordanie occupée et de projeter de nouveaux logements dans les colonies existantes, qui ne fait «qu’accroître les tensions entre Israéliens et Palestiniens».
«Nous nous opposons fermement à ces actions unilatérales qui ne font qu’accroître les tensions entre Israéliens et Palestiniens et qui nuisent aux efforts visant à parvenir à la solution négociée des deux États», écrivent les chefs de la diplomatie des cinq pays, dans cette déclaration commune.
Occupation de la Cisjordanie depuis 1967
Les mesures annoncées dimanche 12 février par le cabinet de sécurité israélien ont été présentées comme une réponse à une série d’attaques palestiniennes à Jérusalem-Est, dont une ayant fait trois morts vendredi 10 février. Les neuf colonies en question étaient jusque-là illégales au regard du droit israélien, car établies sans l’aval du gouvernement, tandis que pour l’ONU toute l’entreprise de colonisation juive en Cisjordanie est illégale au regard du droit international.
«Profondément préoccupés» par l’annonce d’Israël, les États-Unis et les quatre pays européens rappellent dans leur communiqué qu’«une paix globale, juste et durable au Proche-Orient doit être obtenue par des négociations directes entre les parties». «Nous continuons de suivre de près les évolutions de la situation sur le terrain portant atteinte à la viabilité de la solution des deux États et à la stabilité de la région dans son ensemble», écrivent-ils encore. Israël occupe la Cisjordanie depuis la guerre israélo-arabe de juin 1967. Plus de 475.000 Israéliens résident dans des colonies en Cisjordanie (hors Jérusalem-Est), où vivent 2,8 millions de Palestiniens.
Retour sur l’entretien fleuve que Netanyahu a accordé à CNN
Le Premier ministre a insisté sur le fait que la refonte radicale envisagée « corrigera » la démocratie israélienne ; il a aussi évoqué l’Autorité palestinienne, l’Ukraine, l’Iran
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé mardi être prêt à entendre « des contre-propositions » dans le cadre de son plan controversé de refonte radicale du système judiciaire israélien, tout en défendant les réformes envisagées qui seraient nécessaires, selon lui, pour contrer « l’activisme extrême des juges ».
Le Premier ministre a estimé que l’État juif a besoin « d’un système judiciaire fort et indépendant – mais un système indépendant ne signifie pas qu’il doit être totalement débridé » au cours d’une interview fleuve accordée à CNN qui a été diffusée mardi, pendant plus d’une heure. L’entretien a aussi évoqué les ambitions nucléaires de l’Iran et les efforts livrés par Israël pour les déjouer ; sa nouvelle coalition au pouvoir qui comprend des ministres d’extrême-droite ; le conflit israélo-palestinien et les perspectives de paix ; l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les récentes violences qui ont eu lieu à Jérusalem et en Cisjordanie.
Une démocratie doit « créer l’équilibre entre les trois branches du gouvernement ; en Israël, cet équilibre a été mis à mal » a affirmé Netanyahu qui a insisté, encore une fois, sur le fait que les changements proposés « rendront la démocratie plus forte dans le pays ».