les leçons du passé

Avancer vers le futur en tirant (enfin) les leçons du passé

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Place 13 Mai 72

Si elle fut sans conteste l’évènement majeur de l’année 2025 à Madagascar, il n’en reste pas moins que l’alternance au pouvoir que le pays a connue en octobre dernier était une demi-surprise. D’un côté, le clan Andry Rajoelina filait un mauvais coton dont on ne pouvait que deviner l’issue, à l’expérience des crises précédentes. De l’autre, la rapidité a été surprenante : moins d’un mois après la fameuse manifestation du 25 septembre, Andry Rajoelina a dû s’enfuir piteusement en exil. Cela a démontré le caractère factice et illusoire de tout ce sur quoi il prétendait asseoir une assise populaire : rassemblements publics, comptes fake sur les réseaux sociaux, Parlement et pouvoir judiciaire aux ordres, sans compter la maîtrise de l’armée. Rappelons ces mots prémonitoires, extraits d’éditoriaux passés, et qui sont à la fois une autopsie du passé et un avertissement pour le futur.

« Aveuglé par sa mégalomanie narcissique mais prisonnier de son entourage, Andry Rajoelina s’enferme de plus en plus dans une cloche qui le coupe des réalités, et qui le fait vivre dans des illusions alimentées par ses courtisans qui lui disent ce qu’il aime entendre. Difficile pour lui d’être lucide dans ces conditions, d’autant plus que sa propension au populisme et au werawera ne l’a pas préparé à être raisonnable ». (Législatives le dérapage de trop, Ndimby A., Patrick A. – 3/6/2024)

« (…) les gouvernants se font une illusion en pensant que le pouvoir peut se maintenir indéfiniment par l’arrogance, la corruption et la répression. (…) Rajoelina, qui est le moins instruit, le moins cultivé, le moins intelligent, le moins compétent et le moins bien entouré des dirigeants malgaches qui l’ont précédé depuis 1960, espère-t-il à faire mieux qu’eux juste parce qu’il est celui qui a le moins de scrupules ? » (De Tana à Katmandou, le bonheur n’est pas là, Ikala Paingotra – 11/09/2025)

Alors que l’année 2025 s’achève, une question se pose : Lire la suite »

Message de Noël – Les évêques appellent à tirer les leçons du passé

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Les évêques de Madagascar appellent à tirer des leçons pour éviter la répétition des crises politiques. Ils plaident pour le rétablissement de la confiance à travers le dialogue, la lutte contre la corruption et l’éducation des jeunes.

Les crises résultent de l’amnésie politique, selon le message des évêques.

Il faut savoir tirer leçon de l’histoire. C’est le message central adressé par la Conférence des évêques de Madagascar (CEM) dans son message de Noël. Dans un contexte politique et social marqué par une nouvelle crise, les prélats appellent les dirigeants comme la population à rompre avec l’amnésie politique, qu’ils considèrent comme l’une des causes majeures de la répétition des crises à Madagascar.

S’exprimant au nom de la CEM, son président, Monseigneur Fabien Raharilamboniaina, évêque de Morondava, a souligné que les crises successives que le pays a connues reposent sur des causes structurelles inchangées. Au cœur de ces causes figure, selon lui, la rupture de confiance persistante entre le peuple et ses dirigeants. Une rupture alimentée, a-t-il précisé, par la non-réalisation des promesses politiques et par des pratiques qui fragilisent la gouvernance.

« La crise que nous traversons résulte de la déception face à la non-réalisation des promesses, donnant lieu à une crise de confiance », a déclaré Monseigneur Fabien Raharilamboniaina.

Pour les évêques, cette défiance s’est progressivement installée au fil des années, rendant chaque période de tension plus explosive que la précédente.

Persistance de la corruption

La CEM estime par ailleurs que cette perte de confiance a été aggravée par la persistance de faits de corruption. Une situation qui, selon les prélats, n’a fait qu’accroître la colère et le sentiment d’injustice au sein de la population. La crise actuelle apparaît ainsi, dans leur analyse, comme l’aboutissement logique de dysfonctionnements déjà identifiés par le passé, mais insuffisamment corrigés.

Dans leur message, les évêques insistent également sur Lire la suite »