Le Pape François recevant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le samedi 13 mai 2023. Le Pape François recevant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le samedi 13 mai 2023. (Vatican Media)
Le Souverain pontife a reçu en audience au Vatican dans l’après-midi du samedi 13 mai, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. C’est la seconde fois que le Saint-Père rencontre le président ukrainien, la première remonte au 8 février 2020.
Si Volodymyr Zelenski est venu à Rome en Italie chercher un soutien militaire pour combattre la Russie, il a rencontré dans la journée le président italien, Sergio Mattarella, et la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, c’est de paix dont il a été question au Vatican.
Le président ukrainien est arrivé vers 16h10 au Vatican, habillé en civil, d’un simple pantalon gris et d’un pull noir militaire. Les deux hommes se sont parlés pendant 45 minutes. «C’est un grand honneur pour moi», a d’emblée dit le chef de l’État ukrainien, ajoutant: «Je vous remercie pour cette visite». Volodymyr Zelensky a dans la foulée été reçu par Mgr Gallagher, le secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États.
Selon un communiqué de presse partagé par la salle de presse du Saint-Siège après l’audience, «l’accent a tout d’abord été mis sur la guerre actuelle en Ukraine et les urgences qui y sont liées, en particulier celles de nature humanitaire, ainsi que sur la nécessité de poursuivre les efforts pour parvenir à la paix.»
«L’occasion était également propice pour discuter d’un certain nombre de questions bilatérales, notamment en ce qui concerne la vie de l’Église catholique dans le pays.», ajoute le communiqué.
Lors de l’échange des présents, François a offert notamment une petite sculpture en bronze, représentant un rameau d’olivier symbole de paix. Son hôte a lui apporté une icône de la Vierge peinte sur les restes d’un gilet pare-balle.
Le Pape François le président ukrainien, au Vatican, le samedi 13 mai 2023
Premier appel en février 2022
Les deux hommes se sont déjà entretenus au téléphone plusieurs fois. Le premier appel remonte au 26 février 2022, deux jours après l’entrée des troupes russes sur le territoire de l’Ukraine, François exprimait alors sa profonde douleur pour les tragiques événements qui se déroulaient dans le pays. Le président Zelensky, sur Twitter, écrivait alors remercier le Pape pour avoir prié pour la paix en Ukraine et pour une trêve. «Le peuple ukrainien sent le soutient spirituel de Sa Sainteté», soulignait Volodymyr Zelenksy.
Un mois plus tard, le 22 mars, nouveau coup de fil avant un autre le 12 août dernier. Volodymyr Zelenksy, à chaque fois, l’a signalé sur Twitter, précisant qu’il accueillerait favorablement le rôle de médiation du Saint-Siège pour mettre fin à la souffrance des Ukrainiens.
Venue du Premier ministre ukrainien
Cette visite de Volodymyr Zelensky a été précédée il y a peu de celle du Premier ministre ukrainien au Vatican, Denys Shmyhal, reçu en audience par François le 27 avril. Durant la demi-heure d’entretien, le chef du gouvernement a demandé l’aide du Pape pour le retour des enfants ukrainiens qui se trouvent de force en Russie et son soutien pour la poursuite des couloirs d’exportations des céréales.
Le Pape a donné sa réponse lors de la conférence de presse de retour de son voyage en Hongrie, affirmant que le Saint-Siège avait déjà servi d’intermédiaire dans certaines situations d’échange de prisonniers, et qu’il était «prêt à faire plus car c’est une chose juste»,«il s’agit d’une question d’humanité», avait dit François
Rencontre entre le Pape François et les jeunes catholiques hongrois, samedi 29 avril 2023 à Budapest. Rencontre entre le Pape François et les jeunes catholiques hongrois, samedi 29 avril 2023 à Budapest.
François aux jeunes: la vie ne se passe pas «sur un écran, mais dans le monde»
Le Saint-Père a rencontré ce samedi après-midi des jeunes catholiques hongrois au Palais des sports de Budapest. Il leur a donné des conseils sur la manière dont avancer dans la vie à la suite du Christ, en faisant preuve d’audace, d’authenticité et d’esprit de service.
C’est avec la jeunesse hongroise que le Pape avait rendez-vous au terme de la seconde journée de son voyage apostolique en Hongrie. Vers 16 heures, François est arrivé au Papp László Budapest Sportarena, le Palais de sports de la capitale, où près de 12 000 jeunes catholiques l’attendaient.
Après une allocution de Mgr Ferenc Palánki, évêque en charge de la pastorale des jeunes, des danses traditionnelles hongroises ont été exécutées devant le Souverain pontife, puis quatre jeunes ont proposé leur témoignage.
Avoir de grands objectifs de vie
Dans son discours, le Pape a parlé de Jésus, «l’Ami, le meilleur des amis, (…) le Frère, le meilleur des frères», celui qui «pardonne toujours, (…) prêt à nous relever à chaque chute». «Avec Lui, nous ne devons jamais avoir peur de marcher et d’avancer dans la vie», a-t-il assuré aux jeunes.
Le Christ ne vient brider personne, a-t-il poursuivi, mais il veut que ses disciples soient «des jeunes libres et en chemin, compagnons de route d’un Dieu qui écoute leurs besoins et qui est attentif à leurs rêves». «Il accepte leur désir d’atteindre les sommets», à condition qu’ils conduisent vers l’humilité. Le Seigneur «nous veut vivants, actifs, protagonistes. Et il ne dévalorise jamais nos attentes mais, au contraire, il élève la barre de nos désirs», a souligné le Saint-Père.
Sous le regard de Dieu, il s’agit donc pour les jeunes de «viser haut», sans mettre de côté ses talents ou ce qui habite son cœur. «Tu sens au fond du cœur que tu as une capacité qui peut faire grand bien? Sens-tu qu’il est bon d’aimer le Seigneur, de fonder une famille nombreuse, d’aider ceux qui sont dans le besoin? Ne pense pas que ce sont des désirs inaccessibles, mais investis dans les grands objectifs de la vie!», a encouragé François. L’important est aussi de ne jamais avancer seul mais «avec les autres, dans l’Église, dans la communauté, ensemble, en vivant des expériences communes». Et le Pape d’avertir: «Aujourd’hui, la tentation est grande de se contenter d’un téléphone portable et de quelques amis. Mais, même si c’est ce que beaucoup font, même si c’est ce que tu as envie de faire, ce n’est pas bon»
L’archevêque maltais, secrétaire adjoint du dicastère pour la Doctrine de la Foi et expert en matière de lutte contre les abus, commente les amendements faits par le Pape François au Motu proprio « Vos estis lux mundi ». «Le changement le plus important est d’avoir introduit une procédure détaillée pour rapporter et enquêter sur les allégations concernant les laïcs à la tête d’associations internationales», affirme-t-il.
Mgr Charles Scicluna
Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican
Mgr Charles Scicluna, secrétaire adjoint du dicastère pour la doctrine de la foi depuis 2018, impliqué dans la lutte contre le phénomène des abus commis par le clergé, illustre l’importance des nouveautés introduites aujourd’hui par le Pape avec une mise à jour de « Vos estis lux mundi », le motu proprio promulgué en 2019, dans lequel François a introduit de nouvelles règles de procédure pour lutter contre les abus sexuels, et garantir que les évêques et les supérieurs religieux soient responsables de leurs actes.
Excellence, quelle est la principale nouveauté apportée à « Vos estis lux mundi » pour favoriser sa meilleure application près de quatre ans après son entrée en vigueur?
Le premier point fondamental est le fait même que le Pape confirme la loi promulguée en 2019, comme une loi universelle de l’Église, et non plus ad experimentum. Il s’agit d’une loi très importante car, entre autres, certains éléments nouveaux sont introduits dans l’histoire du droit canonique, comme la pertinence pénale de l’abus d’un adulte vulnérable.
Parmi les changements, il y a une clarification de l’identité des victimes d’abus. Auparavant, nous parlions de mineurs et de personnes vulnérables. Maintenant, on parle aussi «d’adultes vulnérables» et de «personnes qui ont habituellement un usage imparfait de la raison». Que signifie cette spécification?
Il s’agit d’une harmonisation entre deux lois de 2021. Il y a deux ans, le Pape François promulguait une nouvelle version de la loi particulière qui énumère les droits réservés à la compétence du dicastère pour la Doctrine de la Foi, ainsi qu’un Motu proprio dans lequel il révisait le chapitre du code de droit canonique qui parle des sanctions pénales. Il y a donc une harmonisation entre ces lois qui traitent d’un sujet très douloureux, mais aussi très important pour la pastorale.
Les normes s’appliquent désormais non seulement aux clercs et aux religieux, mais aussi aux laïcs qui, lit-on, sont ou ont été modérateurs d’associations internationales reconnues par le Siège apostolique. Cela concerne-t-il également les mouvements et les réalités ecclésiales?
Certainement. Cette insert est l’une des nouveautés les plus importantes de cette version de « Vos estis lux mundi ». Nous sommes dans la deuxième partie qui donne à l’Église une procédure détaillée sur le signalement et l’investigation d’allégations contre des personnes dans les hautes sphères de l’Église. Une sphère qui, dans le document de 2019, comprend les cardinaux, les patriarches, les évêques, les clercs nommés comme pasteurs dans les églises particulières, tandis que dans le texte d’aujourd’hui, le Pape introduit deux nouvelles catégories: les clercs qui ont été à la tête d’une association publique, cléricale, avec faculté d’incardination, puis les fidèles laïcs qui ont été modérateurs d’associations internationales reconnues par le Saint-Siège.
Dans quelle mesure les récents faits divers impliquant des responsables de réalités ecclésiales ont-ils influencé cette nouvelle précision?
Il faut dire que certains faits du domaine public ont déjà eu leur plainte et leur procès. Cette loi concerne l’avenir et dit très clairement que lorsqu’il s’agit d’une plainte à l’encontre d’un laïc à la tête d’une association internationale, il faut se référer à cette loi particulière, et universelle à partir de maintenant.
Le document précise que les diocèses et les éparchies doivent être dotés d’organismes et de bureaux – auparavant désignés sous le terme générique de « systèmes stables » – qui doivent être facilement accessibles au public pour signaler les cas d’abus. Il s’agit là aussi d’une nouvelle étape. À quoi cela est-il dû?
C’est la demande d’une présence généralisée comme un signe d’attention de l’Église particulière, mais aussi de l’Église universelle, qui souhaite faciliter la réalisation de ce qui est indiqué dans l’article 5 sur l’attention aux personnes. En effet, l’article en question établit que les autorités ecclésiastiques doivent s’engager à faire en sorte que les personnes qui se disent offensées, ainsi que leurs familles, soient traitées avec dignité et respect, et se voient offrir l’accueil, l’écoute et l’accompagnement à travers des services spécifiques d’assistance spirituelle, médicale, thérapeutique et psychologique selon les cas. Il ne s’agit donc pas seulement de centres d’écoute où les personnes peuvent se présenter, mais aussi de lieux où la prise en charge peut être facilitée.
Mais qu’est-ce qui change en ce qui concerne la responsabilité des évêques? Lire la suite »
Le Pape François a reçu jeudi 9 mars au Vatican une délégation du groupe de travail conjoint pour le dialogue entre le dicastère pour le dialogue interreligieux et la commission palestinienne pour le dialogue interreligieux. Dans son salut, le Souverain pontife a rappelé la vocation universelle de Jérusalem pour laquelle il exhorte à «la compassion». La ville trois fois sainte mérite respect et vénération, a répété François.
Le Pape François a reçu dans la bibliothèque du Palais apostolique le groupe de travail conjoint pour le dialogue entre le dicastère pour le Dialogue interreligieux et la commission palestinienne pour le dialogue interreligieux, le 9 mars 2023
Delphine Allaire – Cité du Vatican
Alors que la Cisjordanie s’embrase et que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est attendu à Rome ce jeudi pour des rencontres avec le gouvernement italien, une délégation d’une quinzaine de membres œuvrant pour la paix dans la région côté palestinien a elle été reçue en audience par le Pape. Ce groupe de travail avait été institué par un mémorandum signé en décembre 2017 par le désormais défunt cardinal Jean-Louis Tauran, alors préfet du dicastère pour le Dialogue interreligieux avec le juge de la Cour suprême de l’État palestinien, cheikh Mahmoud Al-Habbash, présent ce jeudi au Vatican.
«Que son zèle et sa sagesse continuent à inspirer votre engagement et vos initiatives», a souhaité François évoquant l’héritage du cardinal bordelais.
Jérusalem, patrimoine commun de l’humanité
Le groupe de travail conjoint a choisi cette fois-ci «la signification spirituelle de Jérusalem», ville sainte pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, comme thème de rencontre. L’occasion pour le Pape d’évoquer son appel avec le roi du Maroc Mohammed VI, en 2019, «à considérer Jérusalem comme le patrimoine commun de l’humanité et en particulier des fidèles des trois religions monothéistes, comme un lieu de rencontre et un symbole de coexistence pacifique».
Le Pape et le monarque marocain demandaient aussi une «pleine liberté d’accès» aux sites de la Ville sainte pour les juifs, les musulmans et les chrétiens, et la garantie qu’ils puissent y exercer leur culte.
L’Église est née à Jérusalem
«Dans l’Évangile, Jérusalem est le lieu où se déroulent tant d’épisodes de la vie de Jésus, depuis son enfance, lorsqu’il était présenté au temple, où ses parents se rendaient ensuite chaque année pour la fête de Pâques», a rappelé le Pape, poursuivant: «Dans la ville sainte, Jésus a enseigné et accompli de nombreux signes prodigieux; il y a surtout accompli sa mission, avec sa passion, sa mort et sa résurrection, qui constituent le cœur de la foi chrétienne». Ainsi, l’Église est née à Jérusalem, lorsque l’Esprit Saint est descendu sur les disciples, réunis en prière avec la Vierge Marie, et les a poussés à annoncer à tous le message du salut, a-t-il ajouté.
«La Ville Sainte nous fait verser des larmes»
Une valeur universelle de la ville déjà contenue dans la signification de son nom: «Ville de la paix». Et le Pape de souligner ce moment de la vie de Jésus où, quelques jours seulement avant sa Passion, il se rendit dans la Ville Sainte et, «lorsqu’il s’en approcha, à la vue de la ville, il pleura en disant: « Si vous aviez compris, vous aussi, en ce jour, ce qu’apporte la paix! »» (Lc 19, 41-42). «Jésus pleure sur Jérusalem. Ne passons pas trop vite à autre chose. Ces pleurs de Jésus méritent d’être médités, en silence», a assuré François, interpellant son assemblée: «Frères et sœurs, combien d’hommes et de femmes, juifs, chrétiens, musulmans, ont pleuré et pleurent encore sur Jérusalem! Pour nous aussi, parfois, penser à la Ville Sainte nous fait verser des larmes, car c’est comme une mère dont le cœur ne trouve pas la paix à cause de la souffrance de ses enfants».
Cet épisode évangélique rappelle la valeur de la compassion, a pointé le Pape, détaillant: «La compassion de Dieu pour Jérusalem doit devenir notre compassion, plus forte que toute idéologie, que tout camp». «Plus grand doit toujours être l’amour pour la Ville Sainte, comme pour une mère, qui mérite le respect et la vénération de tous», a-t-il conclu, encourageant le groupe de travail conjoint dans son approche interreligieuse.
“Plus grand doit toujours être l’amour pour la Ville Sainte, comme pour une mère, qui mérite le respect et la vénération de tous”
Politique, Le Soudan du sud accueille pour la première fois depuis son indépendance en 2011, la visite d’un pape. Le pape François est arrivé dans la capitale Juba, le 3 février 2023.Le souverain pontife dans sa vision progressiste a appelé la communauté chrétienne catholique à élever la voix contre la violence, l’impunité et les abus de pouvoir qui ont cours au Soudan du sud où l’accord de paix revitalisé de 2018 tarde à être implémenté.
Le Pape au Soudan du Sud : quel bilan ?
Le pape François a quitté Djouba capitale du Soudan du Sud, au terme d’un voyage de 6 jours en Afrique. Quel bilan peut-on faire de ses 48h dans le plus jeune État du monde (indépendant seulement depuis 2011)? Quel impact peut avoir cette visite sur le processus de paix? En quoi la dimension oecuménique a-t-elle touché la population?
Le pape François embrasse les pieds des dirigeants rivaux du Soudan du Sud
Un baiser pour une ère de paix… Dans une scène inédite jamais abritée dans les bureaux du Saint Siège, au Vatican, le pape François s’est livré à un acte d’humilité afin d’encourager les dirigeants du Soudan du Sud à la paix.
Le chef de l’Etat au Soudan du Sud, Salva Kiir et son rival Riek Machar viennent de terminer une “retraite spirituelle” au Vatican. A l’issue de ce temps de prière et de ressourcement, le pape François s’est agenouillé pour embrasser les pieds des deux rivaux dans la guerre civile au Soudan du Sud, ainsi que des trois vice-présidents du président Kiir.
Si lors du Jeudi Saint le pape organise généralement un rituel de lavage des pieds avec les prisonniers comme le recommande la bible à l‘égard des personnes marginalisées, une telle déférence n’avait jamais été présentée à un homme politique. Mais pour le chef de l‘Église catholique romaine, le sacrifice en vaut la chandelle pour en arriver à la paix au Soudan du Sud.
Silence plat des dirigeants sud-soudanais
“J’exprime le plus profond espoir que les hostilités cesseront enfin, que l’armistice sera respecté, que les divisions politiques et ethniques seront surmontées et qu’il y aura une paix durable pour le bien commun de tous les citoyens qui rêvent de commencer à construire la nation”, a déclaré le souverain pontife dans son discours de clôture.
De leur côté, les dirigeants sud-soudanais n’ont donné aucune réponse à l’appel du pape, dernière personnalité à s’inviter dans la médiation sur le conflit sud-soudanais.
Chants, danses, clameurs et banderoles: plus d’un million de personnes, selon les autorités, se sont rassemblées mercredi à Kinshasa pour une messe géante du pape François, au deuxième jour de sa visite en République démocratique du Congo.
A l’occasion de sa deuxième journée en République démocratique du Congo le Pape a prêché la paix dans le pays mais également sur tout le continent africain.
S’exprimant d’abord en lingala, l’une des 4 langues nationales de la RDC, François a ensuite prononcé le reste de son homélie en italien : » Alors que dans le cœur des disciples il y a la ruine, Jésus proclame la paix : alors qu’ils sentent en eux la mort, il annonce la vie. En d’autres termes, la paix de Jésus arrive au moment où tout semble fini pour eux, au moment le plus inattendu et inespéré où il n’y a aucune lueur de paix. C’est ainsi que fait le Seigneur : il nous surprend, il nous tend la main quand nous sommes sur le point de sombrer, il nous relie quand il nous tend la main quand nous sommes sur le point de sombrer, il nous lie quand nous touchons le fond. »
Le Pape François a également exhorté les fidèles à ne pas céder aux divisions.
Mercredi après la méga messe, il doit rencontrer des victimes du conflit dans l’est du pays. Il s’entretiendra ensuite avec des représentants d’organisations caritatives.
Âgé de 86 ans, le Pape François a débuté son voyage de six jours sur le continent, mardi en RDC il le poursuivra au soudan du sud également en proie à des troubles.
Le pape François a effectué aujourd’hui une prière publique pour la fête de l’Immaculé Conception, au cours de laquelle il a évoqué la guerre en Ukraine.
Le Pape François le 8 décembre 2022 au Vatican lors de la fête de l’Immaculé Conception. VATICAN MEDIA / REUTERS
Le pape François n’a pas pu réprimer ses larmes en évoquant la guerre dans l’Ukraine «martyrisée», lors d’une cérémonie en public jeudi après-midi dans le centre de Rome. À l’occasion de la traditionnelle cérémonie d’hommage à la Vierge Marie au cours de la fête de l’Immaculée Conception, un jour férié en Italie, le pape s’est rendu en milieu d’après-midi près de la place d’Espagne devant la statue de la Vierge installée au sommet d’une colonne
«Ô Vierge Immaculée, j’aurais voulu t’apporter aujourd’hui le remerciement du peuple ukrainien…», a-t-il déclaré, lisant son discours debout, avant de s’interrompre, brisé par l’émotion. Le corps agité de soubresauts, le pape en larmes est ensuite resté silencieux de longues secondes, puis la foule présente l’a chaleureusement applaudi.
Il a alors repris le fil de son discours, prenant appui sur le bras de son fauteuil mais restant debout : «…du peuple ukrainien pour la paix que nous demandons au Seigneur depuis quelque temps».
«Je dois en revanche te présenter encore», a-t-il poursuivi, la voix toujours altérée par l’émotion, «la supplique des enfants, des personnes âgées, des pères et des mères, des jeunes de cette terre martyrisée qui souffre tellement». Déjà dans sa prière publique de l’Angélus à la mi-journée place Saint-Pierre, le pape avait évoqué «le désir universel de paix, en particulier pour l’Ukraine martyrisée qui souffre tellement».
Le pape plaide inlassablement pour la paix depuis le début, en février, de l’invasion russe, un sujet qu’il évoque régulièrement dans ses prises de parole. Dans une interview publiée fin novembre par la revue jésuite américaine America, le pape avait ainsi dénoncé la «cruauté» à laquelle l’Ukraine est confrontée du fait de l’offensive russe.
Ce jeudi 8 décembre 2022, en la solennité de l’Immaculée Conception, le pape François prie la Vierge Marie depuis la place d’Espagne à Rome.
Cette place est surplombée par une statue de l’Immaculée Conception, érigée par le pape Pie IX en 1854, souverain pontife qui a défini le dogme de l’Immaculée Conception. Depuis Jean XXIII, les papes se rendent en cette solennité auprès de cette majestueuse colonne. Mais ces deux dernières années, à cause de la situation sanitaire, la célébration avec le pape François n’avait pas pu se tenir en public.
Est-il nécessaire de prier la Vierge Marie lorsqu’on prie déjà Jésus ?
Cette semaine, le père Philippe Néouze répond en 3 mn à la question de Martin, 16 ans : « Est-il nécessaire de prier la Vierge Marie lorsqu’on prie déjà Jésus ? » Aux alentours de la fête de l’Immaculée Conception – 8 Décembre, il peut être intéressant d’en connaître la réponse.
Le Conseil Épiscopal de Madagascar suit de près les affaires nationales, surtout la situation socio-économique prévalant dans le pays. Dans leur message publié hier, les évêques s’adressent aux dirigeants et à la population en faisant appel à leur conscience chrétienne.
« Nous pouvons également changer la nature de cette société », peut-on lire dans le message des évêques.
De retour à Madagascar après leur visit ad lima, leur ayant permis de rencontrer le Saint Père, les évêques se sont réunis à Antananarivo, à Ambatoroka, la semaine dernière. Ils ont par la suite délivré les messages du Pape François mais surtout leurs messages pour le peuple malgache et les dirigeants. Les évêques ont, en effet, incité ces derniers à prêter plus d’attention aux problèmes socio-économiques auxquels la population fait face au quotidien. « Pour vous, les dirigeants à tous les niveaux, écoutez la douleur de la population, et n’exploitez pas leur pauvreté », ont-ils fait savoir dans leur message.
Repentance
« Arrêtez de profiter les uns des autres de quelque manière que ce soit, […], car la plupart d’entre nous, dirigeants et population, sommes chrétiens », poursuit le message. Et de continuer,
Lors de la conférence de presse tenue à bord du vol de retour de Bahreïn, le Pape François a parlé de l’Ukraine et des nombreux conflits dans le monde. Il est également revenu sur son amitié avec le Grand Imam d’Al-Ahzar, sur l’importance de donner des droits et l’égalité aux femmes, sur les migrants à bord des bateaux ou la maltraitance des enfants. Le Pape a également évoqué le synode de l’Église catholique en Allemagne, souhaitant ne pas voir se créer «une nouvelle Église évangélique»
Depuis le vol papal
Voici la transcription de travail de la conversation du Pape François avec les journalistes sur le vol de retour de Bahreïn.
1) Fatema Alnajem (Bahrain News Agency)
Je voudrais vous dire quelque chose avant de vous poser ma question. Vous avez une place très spéciale dans mon cœur, non seulement parce que vous avez visité mon pays mais aussi parce que lorsque vous avez été élu Pape, c’était le jour de mon anniversaire. J’ai une question: comment évaluez-vous les résultats de votre visite historique au Royaume de Bahreïn et comment évaluez-vous les efforts déployés par Bahreïn pour consolider et promouvoir le vivre ensemble, dans toutes les sphères de la société, de toutes les religions, de tous les sexes et de toutes les races?
C’était un voyage de rencontre car le but était de se retrouver dans le dialogue interreligieux avec l’Islam et en dialogue œcuménique avec Bartholomée. Les idées du Grand Imam d’Al-Azhar allaient précisément dans ce sens de la recherche de l’unité, l’unité au sein de l’Islam en respectant les nuances, les différences mais avec l’unité, unité avec les chrétiens et avec les autres religions, et pour entrer dans le dialogue interreligieux ou le dialogue œcuménique, il faut avoir sa propre identité. On ne peut pas partir d’une identité diffuse. Je suis islamique, je suis chrétien, mais j’ai cette identité et je peux donc parler avec cette identité.
Quand on n’a pas d’identité propre, un peu sur l’air du temps, c’est un peu difficile pour le dialogue parce qu’il n’y a pas d’aller et retour, et c’est pour ça que c’est important et ces deux-là qui sont venus, le Grand Imam d’Al-Azhar et le Patriarche Bartholomée ont une forte identité. Et cela fait du bien. En ce qui concerne le point de vue islamique, j’ai écouté attentivement les trois discours du Grand Imam et j’ai été frappé par la manière dont il a tant insisté sur le dialogue intra-islamique, entre vous, non pas pour effacer les différences mais pour se comprendre et travailler ensemble, ne pas être les uns contre les autres.
Nous, les chrétiens, nous avons une histoire des différences assez laide qui nous a conduits à des guerres de religion: les catholiques contre les orthodoxes ou contre les luthériens. Maintenant, grâce à Dieu, après le Concile, il y a eu un rapprochement et nous pouvons dialoguer et travailler ensemble et c’est important, un témoignage du bien fait aux autres.
“C’était un voyage de rencontre. Pour moi, c’est la nouveauté d’apprendre à connaître une culture qui est ouverte à tous. Dans votre pays, il y a de la place pour tout le monde.”
Ensuite, les spécialistes, les théologiens discuteront de choses théologiques, mais nous devons marcher ensemble comme des croyants, comme des amis, comme des frères, en faisant le bien. Moi aussi, j’ai été frappé par les choses qui ont été dites au Conseil des Sages, sur la création et la protection de la Création, et cela c’est une préoccupation commune à tous, musulmans, chrétiens, tout le monde. Maintenant, le Secrétaire d’État du Vatican et le Grand Imam d’Al-Azhar sont dans le même avion, de Bahreïn au Caire, ensemble comme des frères. C’est quelque chose d’assez émouvant. C’est une bonne chose. La présence du Patriarche Bartholomée – il fait autorité dans le domaine œcuménique – a également fait du bien. Nous l’avons vu dans le service œcuménique que nous avons fait et aussi dans les paroles qu’il a prononcées plus tôt. Pour résumer: c’était un voyage de rencontre. Pour moi, c’est la nouveauté d’apprendre à connaître une culture qui est ouverte à tous. Dans votre pays, il y a de la place pour tout le monde. Le Roi m’a dit: ici chacun fait ce qu’il veut, si une femme veut travailler, elle travaille. Une ouverture totale, c’est ce qu’il m’a dit. Vous le savez-vous-même, vous travaillez. Il y a aussi la partie religieuse, l’ouverture. J’ai été frappé par la quantité de chrétiens, de Philippins, d’Indiens du Kerala qui sont ici et qui vivent dans le pays et travaillent dans le pays.