partenariat public-privé
Affaire CNAPS – SMGD – Le GEM coupe les ponts avec l’État

C’est dit. « Le GEM [Groupement des entreprises de Madagascar] suspend toute forme de dialogue public-privé », indique d’entrée l’organisation patronale dans un communiqué qu’il a publié hier.
La raison de ce bras de fer engagé par le GEM contre l’État, selon le communiqué, est ce qu’il qualifie de « déni de justice prolongé », dont seraient victimes ses cinq représentants au sein du Conseil d’administration de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNAPS). Ces cinq administrateurs sont mis en cause dans l’affaire judiciaire CNAPS – SMGD [Société municipale de gestion digitale].
« Seuls visés parmi les vingt-quatre membres du Conseil, ils font l’objet depuis plusieurs mois d’un traitement judiciaire et médiatique disproportionné », affirme l’organisation patronale. L’affaire CNAPS – SMGD remonte à l’année 2021. La Caisse nationale de prévoyance sociale a accordé un prêt de 11 milliards d’ariary à SMGD, qui est liée à la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA). Un prêt d’une durée de soixante mois, avec un taux d’intérêt de 7 %. L’objectif annoncé a été de financer des projets numériques municipaux, dont la gestion des parkings.
Toutefois, le mécanisme a suscité des controverses puisque la CNAPS est un organisme de sécurité sociale et non une banque. Par ailleurs, les remboursements du prêt ont cessé depuis 2024. L’affaire judiciaire, toujours en cours, conjugue un litige financier et des soupçons de corruption. Des figures politiques de l’ancienne administration étatique figurent sur la liste des personnes impliquées dans ce dossier.
Ce que dénonce le GEM, c’est que ses représentants soient les seuls membres du Conseil d’administration de la CNAPS mis en cause. « Il ne saurait être acceptable que ses représentants soient les seuls sanctionnés pour une infraction qu’ils n’ont pas commise, et pour des faits qui ne leur sont pas imputables», martèle-t-il, en ajoutant qu’en mars, il « avait saisi les autorités, afin qu’il soit prononcé dans un délai de trois mois une ordonnance de non-lieu pour cette affaire. Malgré plusieurs relances à tous les niveaux des autorités publiques malgaches, la demande reste aujourd’hui sans réponse ».
Avec effet immédiat
Le GEM affirme, par ailleurs, qu’il est « en phase» avec le discours de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, durant le lancement du programme « Tous redevables », à Soarano, en début de semaine. Lire la suite »