peine capitale

En Israël, l’Etat de droit et la démocratie au bord du gouffre

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L’instauration de la peine capitale pour les Palestiniens qui « causent la mort dans le cadre d’un acte terroriste », mais pas pour les juifs israéliens coupables d’exactions et de meurtres de civils en Cisjordanie occupée, est emblématique de la transformation en cours de l’Etat hébreu.

Le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, après l’adoption de la loi instaurant la pendaison pour des Palestiniens accusés de meurtre terroriste, à la Knesset, à Jérusalem, le 30 mars 2026. OREN BEN HAKOON/REUTERS

Après avoir obtenu le vote à une large majorité de la loi instaurant la pendaison pour des Palestiniens accusés de meurtre commis dans le cadre « d’un acte terroriste », le 30 mars, Itamar Ben Gvir, a ouvert une bouteille dans les couloirs de la Knesset, l’Assemblée israélienne, pour célébrer sa victoire. « Nous avons fait l’histoire ! Nous avons promis. Nous avons tenu nos promesses », s’est réjoui le ministre de la sécurité nationale, principale figure de cette extrême droite, nationaliste et religieuse qui fait l’agenda politique depuis la fin 2022. Des images de jubilation qui vont peser longtemps, de façon négative, sur les représentations du gouvernement, du Parlement et donc de l’Etat d’Israël dans le monde entier.

Avec cette loi, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens jugés coupables de « meurtre terroriste », mais pas pour les juifs israéliens qui commettent les mêmes actes en Cisjordanie occupée, l’Etat hébreu assume et légalise une politique pénale ouvertement raciste. Un vote soutenu par la majorité parlementaire et une partie de l’opposition. Le tournant législatif est majeur, et il éclaire ceux qui préféraient ne pas voir l’évolution de l’Etat hébreu depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition de droite et d’extrême droite, fin 2022 – avant même le choc du 7 octobre 2023, puis la riposte à l’attaque du Hamas et la guerre d’anéantissement qui ont fait plus de 72 000 morts dans la bande de Gaza.