Assemblée nationale : Les sept commissions d’enquête parlementaire vont incessamment commencer leurs travaux

Publié le

Le PAN allonge le pas car le « Fanavaozana » doit aller vite pour répondre aux besoins du peuple qui ne peut plus attendre

L’affaire du député Naivo Raholdina n’a pas occulté le discours de haute volée du président de la Chambre basse.

Contrôle de l’Exécutif. L’un des moments forts de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale sera la présentation, par le gouvernement, du rapport annuel d’exécution de son programme. « La présentation sera suivie d’un débat portant sur les résultats des actions du gouvernement et l’évaluation des politiques publiques ». Le numéro un de la Représentation nationale annonce la couleur en déclarant que « le Législatif remplira son rôle de contrôle de l’Exécutif ». En se basant notamment sur l’article 102 de la Constitution, qui dispose que « les moyens d’information du Parlement à l’égard de l’action gouvernementale sont la question orale, la question écrite, l’interpellation et la commission d’enquête ».

Questions claires. « Beaucoup de questions exigent des réponses et des explications en toute transparence pour le peuple malgache et les partenaires techniques et financiers afin d’avoir leur confiance », selon le président de l’Assemblée nationale (PAN), Siteny Randrianasoloniaiko. « Des questions claires qui attendent des réponses tout aussi claires », souligne-t-il. En énumérant la liste : « Quelle(s) solution(s) l’Exécutif prévoit-il pour faire face à la prochaine période de sécheresse qui risque d’impacter les ressources en eau et d’accentuer le délestage ? Où en sont les poursuites contre les responsables de détournements de deniers publics évalués à plus de 3 000 milliards d’ariary par la Cour des comptes ? Qu’en est-il du mécanisme d’ajustement des prix des carburants face à la guerre interminable au Moyen-Orient ? Quand est-ce que l’enveloppe de 35 millions de dollars va-t-elle revenir aux producteurs de vanille pour développer la filière et la région ? Quand est-ce que l’argent du FER sera-t-il effectivement déposé auprès des banques pour garantir la transparence ? »

Dates et résultats. « Ce ne sont pas juste des interrogations, mais des questions qui requièrent des réponses et des responsabilités », martèle celui qui préside la seule et unique Chambre du Parlement depuis la fin du mandat du Sénat. « Les responsables doivent donner des dates et des résultats, car le peuple malgache est las d’attendre », enchaîne-t-il. Rappelant que l’Assemblée nationale a approuvé le programme de mise en œuvre de la Politique générale de l’État (PGE) présenté par le Premier ministre, il exhorte ce dernier à ce que son gouvernement soit vraiment « choc choc », comme il l’a dit. « Pas de valse-hésitation dans la lutte contre la corruption, les détournements de deniers publics et le pillage des richesses nationales », préconise l’homme fort de Tsimbazaza.

Priorités du peuple. Concernant la Loi de finances rectificative 2026, qui sera soumise au vote des députés au cours de la présente session, Siteny Randrianasoloniako espère que « la LFR sera axée sur les priorités du peuple malgache ». Assurant que les élus de l’Hémicycle sont prêts à jouer pleinement leur rôle de « Solombavambahoaka », il prévient : « Nous n’hésiterons pas à convoquer les membres du gouvernement en cas de retard ou de manquement au programme présenté ».

Budget nécessaire. La cérémonie d’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2026 a également été l’occasion pour Siteny Randrianasoloniaiko d’annoncer, du haut du perchoir de la Chambre basse, que « les sept commissions d’enquête parlementaire vont incessamment débuter leurs travaux. Elles portent respectivement sur la gestion d’Air Madagascar ; du projet Ambatovy ; du projet Base Toliara ; de la présidence d’Andry Rajoelina ; de la gestion du transport ferroviaire ; de la gestion de la Jirama ; de l’exploitation d’ilménite par QMM ». Pour pouvoir mener à bien les travaux desdites commissions, il demande au ministère de l’Économie et des Finances de leur fournir le budget nécessaire que le précédent gouvernement n’a pas voulu octroyer.

Décentralisation effective. La nouvelle loi sur la décentralisation sera également à l’ordre du jour de la session. « La décentralisation est loin d’être effective, plus d’une décennie après l’adoption de la loi de 2014 », déplore le PAN. En notant que « seuls 2 % du budget général sont alloués aux Collectivités territoriales décentralisées (CTD) et juste 5 % sur le plan des compétences ». Il dénonce le manque de volonté politique dans la répartition des ressources et le transfert de compétences entre le pouvoir central et les CTD, pour que ces dernières puissent effectivement jouir de l’autonomie administrative et financière. « Afin de répondre à la sollicitation du PRRM, nous avons pris la décision de ne pas clôturer cette session tant que la nouvelle loi sur la décentralisation effective ne sera pas adoptée », a-t-il spécifié. Il encourage le gouvernement à « rompre avec certaine méthode de travail qui n’a pas fait ses preuves. Mais à se mettre à l’heure du « Fanavaozana », qui doit aller vite pour impacter rapidement et positivement sur le quotidien de la population ».

Secteurs stratégiques. Touchant aux « maux » des nombreuses lois votées à Tsimbazaza, le PAN tient à faire remarquer que bon nombre d’entre elles n’ont pas été suivies de réalisations. Et de prendre le cas de plusieurs lois portant accord de financement qui sont restées lettre morte. Au détriment du développement du pays, pour lequel les Malgaches doivent avoir leur part. « S’il est avéré que Ravinala Airports compte vendre 35 % de sa part d’actions, priorité devrait être donnée aux nationaux aux fins de consolider la participation des Malgaches dans les secteurs stratégiques et asseoir la souveraineté économique de Madagascar ». À propos des grands projets qui divisent les Malgaches, il invite le gouvernement à faire preuve de clairvoyance, notamment en termes d’études d’impact environnemental, avant de donner des autorisations d’exploitation. Et de prendre le cas de Vara Mada, contre lequel il est résolument opposé.

Listes électorales. Lui, c’est évidemment Siteny Randrianasoloniaiko, qui a aussi parlé de politique. Électorale, en particulier. Il demande à tous les acteurs politiques de participer au processus d’élaboration des listes électorales pour garantir des « élections propres, transparentes et inclusives ». Il recommande à la CENI d’afficher les listes électorales dans chaque bureau de fokontany par mesure de transparence. Pour ce qui est de la concertation nationale, le numéro un de Tsimbazaza fait sien l’adage : « ny hevitry ny maro mahataka-davitra ».

 

 

(source: R.O – Midi M/kara)

 

Laisser un commentaire