saint Jean-Paul II

L’épiscopat polonais demande que saint Jean-Paul II devienne docteur de l’Église

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Le président de la Conférence des évêques de Pologne, Mgr Stanisław Gądecki, a demandé au Pape François, au nom de l’épiscopat du pays, que saint Jean-Paul II soit proclamé docteur de l’Église et co-patron de l’Europe. Sa requête a été appuyée par le cardinal Stanisław Dziwisz ce 22 octobre, en la fête liturgique du Souverain Pontife polonais, dont il fut le secrétaire particulier.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican 

Saint Jean-Paul II deviendra-t-il un jour le 37e docteur de l’Église catholique et le 6e saint patron de l’Europe? 

L’année 2020 semble un horizon opportun pour envisager sérieusement ces reconnaissances exceptionnelles. Cette année-là seront célébrés le centenaire de la naissance du Souverain Pontife polonais et le 15e anniversaire de sa mort. Dans la lettre qu’il a adressée au Pape François, Mgr Stanisław Gądecki, archevêque de Poznan et président de la conférence épiscopale polonaise, a souligné que «le pontificat du Pape polonais était rempli de décisions révolutionnaires et d’événements importants qui ont changé le visage de la papauté et influencé le cours de l’histoire européenne et mondiale». D’où la pertinence de ces deux requêtes.

Mgr Gądecki estime que «la richesse du pontificat de saint Jean Paul II […] est née de la richesse de sa personnalité – poète, philosophe, théologien et mystique -, qui s’est réalisée dans plusieurs dimensions, depuis le travail pastoral et pédagogique, en guidant l’Église universelle, jusqu’au témoignage personnel de la sainteté de la vie». L’archevêque de Poznan met également en valeur la contribution de Jean-Paul II à la réunification de l’Europe, après plus de cinquante ans de divisions symbolisées par le Rideau de fer. Il observe qu’«après l’annonce unificatrice et culturelle de l’Évangile par les saints Cyrille et Méthode et saint Adalbert, plus de mille ans plus tard, les fruits de leurs activités – non seulement sur le plan social mais aussi religieux – ont trouvé protection et continuité dans la personne du Pape polonais».

Un gardien des valeurs européennes

Le cardinal Stanisław Dziwisz s’est fait l’écho et le soutien de cette demande depuis Varsovie, ce 22 octobre, où il participait au Congrès du mouvement « Europa Christi ». Dans son discours, l’archevêque émérite de Cracovie a souligné Lire la suite »

Bienheureuse Anne Catherine Emmerich

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Bienheureuse Anne Catherine Emmerich

(1774-1824)
Béatification en octobre 2004

télécharger gratuitement les 9 livres d’Anne-Catherine Emmerich 1720 pages  1,92 Mo
Les 9 livres de l’édition papier sont mis en lecture sur le site en 6 pages au format html.
N° 1
N° 2
N° 3
N° 4
N° 5
N° 6

Vie de la Vierge Marie

Les Mystères de l’Ancienne Alliancetélécharger

La Douloureuse Passion

3 Tomes de la Vie d’Anne-Catherine Emmerich
par le père Schmoeger

source: http://www.livres-mystiques.com/

Dimanche 3 octobre 2004  – Anne-Catherine Emmerich tirait sa force de l’Eucharistie, a souligné Jean-Paul II lors de la béatification d e la mystique allemande, ce matin, place Saint-Pierre.

En Allemand, le pape évoquait, dans son homélie, la figure d’Anne-Catherine Emmerich, soulignant qu’elle avait souffert dans son corps « l’amère Passion de Notre Seigneur Jésus Christ ». Le pape rappelait que la « Mystique du pays de Münster » était la fille de « paysans pauvres », et cherchait avec ardeur la « proximité de Dieu » et que s’est accomplie en elle « l’œuvre de la gloire de Dieu ». Le pape soulignait
l’opposition entre sa « pauvreté matérielle » et la « richesse de sa vie intérieure ». La « patience » qu’elle démontra pour surmonter sa « faiblesse corporelle » est caractéristique de la « force des nouveaux bienheureux et de leur fermeté dans la foi ».

Mais elle tirait cette force, expliquait encore le pape, « de la sainte Eucharistie », en sorte que son exemple a attiré au Christ « pauvres et riches, gens simples ou cultivés ». « Aujourd’hui encore, disait le pape, elle partage à tous les rachetés la Bonne nouvelle : C’est par les blessures du Christ que nous sommes sauvés (Cf. 1 Petr 2, 24) ».

2004-09-30

Anne-Catherine Emmerich, portrait par une Orthodoxe du Liban

Jeudi 30 septembre 2004 – Lina Murr Nehmé est orthodoxe et libanaise. Artiste et historienne, elle est également auteur de nombreux ouvrages dans les domaines historique, artistique et exégétique. À l’occasion de la béatification d’Anne-Catherine Emmerich, elle publie, aux Éditions François-Xavier de Guibert, une nouvelle version de « la Douloureuse Passion du Christ » qui sera prochainement en librairie en France.

Qui est Anne-Catherine Emmerich ?

Anne-Catherine Emmerich était une paysanne de Westphalie, en Allemagne. Elle avait dix-neuf ans quand a commencé la Révolution française.

Elle voulait devenir moniale, mais elle se heurtait à un mur. D’abord, son père ne voulait pas. Ensuite, les couvents étaient si pauvres qu’ils ne pouvaient pas accepter de nouvelles recrues si elles n’avaient pas de dot. Anne-Catherine pensa que si elle apprenait l’orgue, elle serait acceptée quelque part. Elle se mit à faire des travaux de couture, pour économiser de quoi payer ses leçons. Quand elle pensa avoir suffisamment d’argent, elle quitta la maison paternelle et alla s’installer chez son maître à musique.

Mais vite, elle réalisa que lui et sa fille Clara avaient faim et vivaient dans la saleté. Elle se mit à les servir, et elle n’apprit pas l’orgue. Plus : elle dépensa toutes ses économies pour les nourrir, et quand elles furent finies, elle se retrouva sans rien, à avoir faim avec eux. Ce furent des années très dures. En cachette de son père, sa mère lui apportait de la nourriture. Quand elle lui reprochait ce qu’elle avait fait, Anne-Catherine, pourtant très malheureuse, répondait que si Dieu la voulait au couvent, il trouverait moyen de l’y mettre.

De fait, Clara, au contact d’Anne-Catherine, eut elle aussi la vocation religieuse. Elle n’avait aucune difficulté à trouver un couvent, puisqu’elle savait jouer de l’orgue. Mais son père exigea qu’Anne-Catherine soit acceptée aussi. Et c’est ainsi qu’Anne-Catherine entra avec Clara au couvent des Augustines d’Agnetenberg à Dülmen.

Mais l’Allemagne passa sous la domination napoléonienne, et Jérôme Bonaparte décréta la dissolution de ses monastères. Anne-Catherine fut jetée dans le monde, où elle perdit toute espèce d’anonymat. Elle avait des visions depuis l’enfance, et elle avait même reçu les stigmates de la couronne d’épines. Personne ne le savait : elle les cachait soigneusement. Mais dans la petite ville de Dülmen, où elle vécut jusqu’à sa mort, ses visions, ses miracles, autrefois protégés derrière les murs du couvent, se trouvèrent étalés au grand jour. Et elle reçut les autres stigmates. On ne peut pas cacher des blessures aux mains, et toute la ville le sut.

Les admirateurs et les faux amis la firent souffrir autant que les cancans et les persécutions des inquisiteurs religieux, politiques, médiatiques et médicaux. Les autorités française et allemande la soumirent à des examens médicaux pour prouver qu’elle entretenait ses blessures en cachette, qu’elle mangeait et excrétait en secret. Elles la firent surveiller nuit et jour. Elles ne purent que constater qu’elle ne mentait pas, mais n’en tirèrent pas de conclusion.

On parlait de plus en plus d’Anne-Catherine en Allemagne. On disait qu’elle voyait la vie du Christ, des saints, des prophètes de la Bible. Le leader du mouvement romantique allemand, Clemens Brentano, vint la voir. Il fut tellement enthousiasmé par ce qu’il entendit, qu’il s’installa à Dülmen, où, pendant six ans, il prit des notes et tenta d’en tirer des récits cohérents.

C’est à Brentano qu’on doit ainsi de connaître les précieux récits concernant le Christ, la Vierge et de nombreux saints. On lui doit aussi de savoir ce qu’Anne-Catherine endura de souffrances pour soulager ceux qui ployaient sous le poids de leurs fardeaux et pour leur donner la force de se relever. Elle parlait par obéissance, parce que ses supérieurs le lui avaient ordonné, et quand elle recevait l’ordre de se taire, elle se taisait. Elle aurait bien préféré rester cachée, et surtout, ne pas avoir vu certaines choses.

Un jour, alors qu’elle avait vu les malheurs qui allaient fondre sur l’Église d’Espagne, elle pensa : « Pourquoi faut-il que je voie tout cela, moi, pauvre pécheresse ; je ne peux pas le raconter, et il y a tant de choses que je ne comprends pas ! » Alors son ange gardien lui dit : « Tu ne peux pas savoir combien d’âmes liront un jour cela et seront par là consolées, ranimées et incitées au bien. Il existe beaucoup de récits de grâces semblables accordées à d’autres, mais la plupart du temps, ils ne sont pas faits comme il faudrait. De plus, les anciennes choses sont devenues étrangères aux hommes de ce temps, et elles ont été discréditées par des inculpations téméraires : ce que tu peux raconter est suffisamment intelligible, et cela peut produire beaucoup de bien que tu ne peux pas apprécier. »
« Ces paroles, me consolèrent », dit simplement Anne-Catherine, en rapportant l’épisode.

Elle avait bien besoin de consolation : quand Brentano publia la Douloureuse Passion, il fut traîné dans la boue, lui qui avait brillé comme une étoile au sommet du monde littéraire allemand. Le livre fut cependant un succès de librairie. Grâce à cette publicité, qui la fit tant souffrir, Anne-Catherine avait déclenché, au cœur de l’Europe matérialiste et athée, un extraordinaire mouvement de conversion, qui ne s’est jamais arrêté depuis.

Lina Murr Nehmé

– Lina Murr Nehmé, pourquoi une nouvelle édition du livre d’Anne-Catherine Emmerich ?

Lina Murr Nehmé : Parce que le livre est beau à l’extrême, et pourtant, il contient des longueurs, des redondances, des passages qui ne sont pas mis au bon endroit. Tout le monde n’a pas l’indulgence de supporter cela. Il fallait présenter au public une version dans un français moderne, et mettre les longueurs sous forme de notes en fin de livre. De plus, il y a un grand décalage entre ce qu’Anne-Catherine Emmerich dit et ce que nous pensons de l’époque du Christ, je le sais par expérience. Il m’a semblé utile de fournir aussi des notes et des hors-textes explicatifs, avec, en plus, des photos nombreuses.

– Quel est le message d’Anne-Catherine pour notre temps ?

Lina Murr Nehmé : Je pense que son message essentiel est œcuménique, et ceux qui la prétendent sectaire sont ceux qui ne la
connaissent pas. Pour elle, les hommes, les femmes ne sont pas bons ou mauvais en fonction de leurs religions ou de leurs idées, mais de leurs actes. Par exemple, elle décrit Pilate et les grands-prêtres juifs avec une égale sévérité, mais il en est tout autrement quand elle parle de la femme de Pilate, ou des Juifs ou Romains compatissants qui avaient des gestes de miséricorde envers cet être qui, pour eux, n’était ni Dieu, ni le Messie, mais rien qu’un pauvre condamné. Il est vrai que dans la Douloureuse Passion, elle accuse surtout les Juifs, mais c’est parce qu’elle y raconte une tragédie qui s’est déroulée en pays juif. Quand elle raconte des tragédies qui se sont déroulées en pays païen, elle accuse les païens. Ce qui est logique : la foule, sauf de rares exceptions, est généralement persécutrice, et le scénario de la Passion est criant de vérité.

– Comment se fait-il que vous, une Orthodoxe, vous intéressiez à elle ?

Lina Murr Nehmé : Au ciel, il n’y a pas de schisme orthodoxe. Soit Anne-Catherine a pratiqué l’Evangile et elle est au ciel — et alors, elle nous appartient à tous — soit elle ne l’a pas fait, et elle ne nous intéresse pas. Être Orthodoxe ou Catholique ne change pas l’attitude d’une Église face aux saints de l’autre, puisque sur tous les problèmes importants de la foi, nous pensons la même chose. Je ne vois pas pourquoi je me priverais de la moitié des saints. L’Union est un enrichissement, et j’ai écrit les arguments bibliques qui m’ont
convaincue de la légitimité du pape dans une annexe de mon livre « 1453 : Mahomet II impose le schisme orthodoxe », et je n’y reviendrai pas ici.

– Anne-Catherine Emmerich a-t-elle influencé votre façon de voir le pape ou d’autres éléments de la foi ?

Lina Murr Nehmé : Oui. À partir du moment où j’ai réalisé qu’elle racontait des choses qui, dans leur majorité, étaient logiques, j’ai été obligée, par honnêteté, de voir que je me trompais quand je pensais tant de mal de la papauté, de l’Ancien Testament, de Moïse et des prophètes, et des Juifs de l’Antiquité. J’ai fait des recherches dans la Bible, et j’ai été obligée de reconnaître que ce qu’elle disait des Juifs et de leurs prophètes était exact du point de vue évangélique. Cette remise en question a été une des plus douloureuses de ma vie, et certainement, la plus douloureuse pour mon orgueil. Je trouve ridicule qu’on accuse Anne-Catherine d’antisémitisme, quand elle force le lecteur le plus hostile aux Juifs, à les réhabiliter dans ce qu’ils ont de plus sacré, et à les aimer.

– Comment en êtes-vous arrivée à connaître Anne-Catherine Emmerich ?

Lina Murr Nehmé : Des prêtres français m’avaient parlé d’elle, quand j’étais jeune. Ils m’avaient prêté le livre sur la Passion. Je l’avais ouvert, et je l’avais aussitôt refermé en me disant : « C’est de la fumisterie. » Mais dix ans plus tard, voulant écrire un livre sur le Christ, j’ai réalisé qu’en dehors de la Bible et de Flavius Josèphe, il n’existe quasiment pas d’écrits datant de cette époque, et parlant de cette société. La plupart, malheureusement, ont disparu. Et comme on m’avait dit qu’Anne-Catherine avait donné des renseignements
historiques et archéologiques qui, par la suite, s’étaient révélés exacts, je m’étais procuré ses livres pour avoir des renseignements, ou plutôt, des signes de piste, que je pourrais vérifier ou infirmer dans mes recherches. Je ne cite jamais Anne-Catherine dans mes travaux scientifiques, mais ce que je dis, je le dois aux recherches que j’ai faites pour voir si ce qu’elle disait était vrai.

– Comment situer Anne-Catherine en tant que religieuse ?

Lina Murr Nehmé : Je crois qu’il faut la situer surtout par rapport à son ordre, celui des Augustins, qui était aussi l’ordre de Luther et d’Érasme. C’est une coïncidence curieuse, car Anne-Catherine a été leur antithèse, surtout, l’antithèse d’Érasme. Anne-Catherine, comme Erasme, a eu une influence décisive sur l’Europe de son temps, par ses écrits. Mais Érasme faisait de la démolition ; Anne-Catherine faisait l’inverse. En fait, elle a été victime de l’esprit de persiflage et d’hostilité à l’Eglise qu’il avait semé. Si elle avait vécu un ou deux siècles avant lui, on n’aurait pas mis tant de temps à la canoniser à cause de ses visions, comme le prouve l’exemple de sainte Catherine de Sienne, dont les textes « passent » beaucoup moins que ceux d’Anne-Catherine Emmerich. Mais pourquoi ne critique-t-on que les saints ? Que dire des écrits d’Érasme !

– Comment pouvez-vous situer Anne-Catherine en tant que femme ?

Lina Murr Nehmé : C’est vrai, on se demande pourquoi c’est à une femme, Anne-Catherine, qu’a été donnée cette science que tant d’hommes auraient voulu avoir. Peut-être parce que, comme dit saint Paul, la force de Dieu se manifeste dans la faiblesse. La science était devenue une déesse pour les hommes, et les rois les plus chrétiens, les papes permettaient qu’avec leur propre argent, des artistes honorent, sur les portes de leur palais, et parfois dans leurs églises, des dieux et de déesses dont les premiers chrétiens avaient brisé les statues. Si les riches désertent, Dieu fera appel aux pauvres. Si les hommes désertent, Dieu choisira les femmes pour leur donner des leçons, comme il a fait après la Passion, quand il a envoyé les femmes annoncer sa Résurrection aux disciples. Et Anne-Catherine était ce que les hommes haut placés qui prisaient tant le nouvel art païen, trouvaient alors de plus méprisable : une paysanne illettrée, une religieuse chassée de son couvent, une malade, une infirme. C’est là qu’on réalise combien l’égalité qu’on nous pousse à réclamer est fictive : quelle égalité une Anne-Catherine pouvait-elle réclamer, elle qui n’avait pas la force de bouger un panier de linge mouillé qu’on mettait sur son lit, et dont personne ne voulait ? Pourtant, Brentano, une des stars littéraires de son temps, la considérait infiniment supérieure à lui. Et c’est devant elle, pas devant ses persécuteurs, qu’on sent le désir de se mettre à genoux aujourd’hui.

– Que signifie pour vous la béatification d’Anne-Catherine Emmerich ?

Lina Murr Nehmé : Je crois qu’on ne peut que s’incliner devant le courage de Jean-Paul II et de son Église, qui ont reconnu la sainteté d’Anne-Catherine, en des temps où il suffit de dire qu’on ne la méprise pas pour être soi-même méprisé.

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La maison de la Vierge Marie redécouverte à Ephèse (Turquie)