Commerce et Investissement – Les États-Unis passent à l’offensive

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Stephanie Arnold, chargée d’affaires américaine, durant la cérémonie d’ouverture du Symposium, à Ivandry.

Une offensive. C’est ce que les États-Unis engagent dans le domaine de la coopération économique avec Madagascar. Une démarche affirmée à travers un symposium sur le commerce et l’investissement intitulé Madagascar–United States Trade and Investment Symposium (MUSTIS), qui a démarré hier, au Novotel Ivandry.

Cet événement de deux jours réunit des responsables publics malgaches et américains, ainsi que des acteurs du secteur privé des deux pays. « Soulignant la dimension économique croissante des relations entre les États-Unis et Madagascar, le programme MUSTIS vise à créer des partenariats concrets en matière de commerce et d’investissement entre les entreprises américaines et malgaches, en mettant en relation des partenaires potentiels et en s’attaquant aux défis communs », expliquent les organisateurs.

L’événement est une première dans les relations bilatérales entre la Grande Île et les États-Unis. Dans une certaine mesure, il est l’une des traductions en actes de la nouvelle politique internationale américaine vis-à-vis de l’Afrique. L’administration Trump veut, en effet, aller au-delà du statut de partenaire diplomatique, politique, sécuritaire ou de bailleur, en mettant plus l’accent sur le partenariat économique via le commerce et les investissements.

«Le colloque d’aujourd’hui reflète quelque chose de très important : les relations entre Madagascar et les États-Unis ne se limitent pas à un simple cadre diplomatique ou à une relation fondée sur l’aide, mais revêtent de plus en plus une dimension économique, entrepreneuriale et tournée vers l’avenir», déclare ainsi Stephanie Arnold, chargée d’affaires, dans son discours d’ouverture, en affirmant : « nous croyons en des partenariats d’égal à égal qui réduisent la dépendance à l’aide étrangère, valorisent le potentiel économique de chaque pays (…) ».

La diplomate soutient également que « dans tous les secteurs (…) le potentiel d’une collaboration renforcée entre nos deux pays est indéniable ». Elle cite notamment l’agroalimentaire, l’exploitation minière, le tourisme, le textile, l’artisanat et les technologies émergentes. Jusqu’ici, les relations économiques entre Madagascar et les États-Unis sont surtout visibles à travers l’African Growth and Opportunity Act (AGOA).

Environnement des affaires 

Pour l’année 2025, dans le cadre de l’AGOA, le volume des exportations malgaches vers les États-Unis est évalué à environ 3 000 milliards d’ariary, selon le communiqué de l’ambassade américaine sur l’événement d’hier. Toutefois, en parlant de « partenariats d’égal à égal », la chargée d’affaires Stephanie Arnold semble faire écho à la ligne de l’administration Trump en matière de partenariat international.

Par ailleurs, la diplomate glisse également dans son allocution un point souvent mis en avant par les décideurs à Washington dans les relations avec les pays africains : celui d’une coopération accrue sur l’exploitation et l’exportation des ressources minières. Selon un communiqué du Département d’État américain publié mardi, ce sujet a été discuté lors d’une rencontre entre Christopher Landau, secrétaire d’État adjoint américain, et Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, dans le cadre du déplacement de ce dernier aux États-Unis la semaine dernière.

La missive du Département d’État américain rapporte, entre autres, que le Premier ministre et le secrétaire d’État adjoint « ont discuté de la coopération future visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement stratégiques pour les États-Unis, tout en générant des emplois, des revenus et des infrastructures pour Madagascar ». Dans ce domaine, les Américains voient dans le projet Vara Mada une vitrine de leurs investissements dans la Grande Île. Son démarrage fait cependant face à des contestations de la population locale, mais aussi à une opposition politique.

La chargée d’affaires Stephanie Arnold a abordé, indirectement, un sujet que les partenaires de la Grande Île soulignent fréquemment lorsqu’ils parlent des opportunités d’investissement dans le pays. Il s’agit de l’environnement des affaires et de la sécurité des investissements. En affirmant sa foi en les bienfaits des partenariats d’égal à égal, la diplomate note la nécessité qu’ils « reposent sur des gouvernements engagés en faveur d’un environnement des affaires équitable, transparent et favorable aux entreprises ».

« Ensemble, en créant ces conditions et en élargissant les opportunités, nous pouvons, comme nous aimons le dire, «grow the pie», c’est-à-dire accroître la richesse globale afin que chacun puisse en bénéficier davantage, pour permettre à plus d’entreprises de prospérer et à plus de personnes d’en profiter », ajoute alors Stephanie Arnold. Pour Madagascar, la perche tendue par les États-Unis peut représenter une opportunité d’attirer plus d’investisseurs étrangers. Certaines voix chuchotent néanmoins que « l’engouement de nouveaux investisseurs dépendra de la réussite des projets déjà existants ».

(source: Garry Fabrice Ranaivoson – lexpress.mg)

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