L’ambassadeur de France dément les accusations de déstabilisation

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L’Ambassade de France dément formellement les allégations qui circulent actuellement sur certains réseaux sociaux, relatives à une prétendue implication de la France dans une tentative de déstabilisation à Madagascar. Elle affirme que ces rumeurs sont mensongères, appelle à faire preuve de discernement met en garde contre la propagation de fausses informations, tout en s’interrogeant sur les motivations de leurs auteurs, qu’elle estime susceptibles de nuire aux relations entre Madagascar et la France.

Fanazavana ny vaovao (Paraina Auguste, Harifidy Ramanandraibe)

Ce démenti intervient alors que des informations récemment relayées dans l’espace public évoquent la présence de dix ressortissants français aux profils jugés suspects, entrés sur le territoire malgache il y a seulement quelques jours, voire une semaine. Selon ces éléments, ces individus auraient utilisé des passeports de service, un document en principe réservé à des missions officielles pour le compte de l’État français. Certains détails avancés, notamment des correspondances d’adresses administratives ou des dates similaires de délivrance de documents, ont contribué à alimenter les soupçons d’une opération coordonnée, bien qu’aucune confirmation officielle ne soit venue étayer ces allégations à ce stade.

Dans ce contexte, la Présidence de la Refondation de la République a tenu à clarifier sa position à travers un communiqué. Elle précise que les informations diffusées ne relèvent pas d’une communication institutionnelle et ne doivent pas être interprétées comme telles. L’institution insiste sur le fait qu’il s’agit d’un travail journalistique mené à titre individuel, tout en réaffirmant son attachement aux principes de liberté d’expression et d’indépendance de la presse. Elle indique par ailleurs que des enquêtes sont en cours, visant aussi bien des ressortissants malgaches que des étrangers, afin d’établir les faits avec rigueur et dans le respect du cadre légal.

Cette affaire s’inscrit dans un climat particulièrement tendu à Madagascar, où les dossiers liés à des tentatives de déstabilisation du régime en place et à des projets présumés d’assassinat du Chef de l’État et de son épouse se sont multipliés ces derniers temps.

Jeudi dernier, le colonel Patrick Rakotomamonjy, ancien directeur des doléances au sein de la présidence de la Refondation, a été arrêté. Il est présenté comme l’un des cerveaux présumés d’une tentative de déstabilisation . Avant lui, d’autres personnalités politiques ont été inquiétées, dont l’ancien sénateur Sylvain Rabetsaroana, arrêté puis placé en détention à Tsiafahy pour atteinte à la sûreté de l’État.

À l’origine des révélations concernant la présence supposée de mercenaires étrangers figure le journaliste Harifidy Ramanandraibe. Également conseiller technique du président de la Refondation, il a évoqué l’existence de ces individus dans ce qu’il présente comme une tentative de déstabilisation. Sa double fonction alimente toutefois les interrogations sur la frontière entre démarche journalistique et proximité avec le pouvoir.

Entre démenti catégorique de la France, mise au point de la Présidence et multiplication des arrestations liées à des affaires de sécurité nationale, la situation reste marquée par de fortes tensions politiques et informationnelles. Les enquêtes en cours devront permettre de déterminer la véracité des accusations et de clarifier les responsabilités dans un contexte où les enjeux dépassent largement le cadre national pour toucher aux relations diplomatiques.

(source: madagascar-tribune.com)

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