Israël aurait établi une base secrète dans le désert irakien à l’appui de l’offensive aérienne contre l’Iran
Selon le Wall Street Journal, les forces israéliennes ont mené des frappes aériennes contre l’armée irakienne, sur le point de découvrir la base début mars ; l’Irak avait alors attribué ces frappes aux Etats-Unis

Israël aurait installé une base militaire secrète dans le désert irakien au mois de février pour soutenir sa campagne aérienne contre l’Iran.
Un article publié samedi dans le Wall Street Journal, qui cite des responsables américains et d’autres sources, a révélé qu’Israël avait construit cette base peu avant le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février. Elle devait servir de centre logistique, dans le cadre du soutien apporté à l’armée de l’air israélienne.
Selon le journal, cette base abritait également des soldats des forces spéciales et des équipes de recherche et de sauvetage, prêts à intervenir dans le cas où des pilotes israéliens seraient abattus. Pour protéger ce poste avancé, les forces israéliennes auraient même lancé des frappes aériennes visant leurs homologues irakiens qui étaient sur le point de le découvrir, au début du mois de mars.
Ces frappes avaient tué un soldat irakien, avait alors indiqué Bagdad, après que les médias irakiens ont rapporté qu’un berger de la région avait été témoin, dans une zone isolée, d’une « activité militaire inhabituelle » impliquant notamment des hélicoptères et des tirs. D’après le Journal, les frappes israéliennes sont parvenues à dissuader les forces irakiennes de pousser plus loin leurs investigations.
L’Irak avait dans un premier temps accusé les États-Unis d’être à l’origine de l’attaque de mars, évoquant à l’époque une « opération irresponsable menée sans concertation ni autorisation ».
Les États-Unis n’étaient en aucun cas impliqués dans cette opération, ont affirmé des sources au média américain.

« Il semble que certaines forces aient été présentes sur place avant la frappe, bénéficiant d’un soutien aérien, et qu’elles disposaient de moyens supérieurs à ceux de nos unités », avait déclaré à l’époque un haut responsable militaire irakien.
Le journal a mentionné une déclaration du major général Tomer Bar, alors chef de l’armée de l’air israélienne, qui avait laissé entendre au mois de mars que les forces spéciales menaient des opérations « extraordinaires » dans le cadre du conflit avec l’Iran.
« Les membres des unités spéciales de l’armée de l’air réalisent actuellement des missions extraordinaires, dont l’ampleur dépasse l’imagination », avait expliqué le major général Bar, sans donner davantage de détails.

Selon un expert interrogé par le WSJ, le désert occidental irakien, où se trouvait la base, se prête particulièrement bien à l’installation d’un poste militaire clandestin, compte tenu de sa faible densité de population et de son immensité.
« Il est normal, avant toute opération, de mener des missions de reconnaissance et de mettre en place ce genre de postes », a expliqué au journal Michael Knights, directeur de la société de renseignement Horizon Engage.
Ce sont des analystes spécialisés dans le renseignement open source (OSINT) qui ont repéré dimanche, sur des images satellites prises quelques jours avant la guerre avec l’Iran, ce qui semblait être une piste d’atterrissage de fortune dans le lit asséché d’un lac, à environ 180 kilomètres au sud-ouest de la ville de Karbala.
L’Irak, qui occupe une position stratégique entre la Jordanie et l’Iran, s’est retrouvé entraîné dans la guerre avec l’Iran suite aux frappes menées sur son territoire par les deux camps. Il est depuis longtemps sur la corde raide, jonglant entre ses relations avec Washington et celles avec Téhéran.
Les États-Unis somment depuis longtemps Bagdad de désarmer les puissants groupes soutenus par l’Iran, que les Américains classent parmi les organisations terroristes et dont l’influence en Irak est considérable.
Pendant la guerre, ces groupes ont visé les intérêts américains en Irak, en particulier l’ambassade des États-Unis à Bagdad, ses installations diplomatiques et logistiques à l’aéroport de la capitale, ou encore les champs pétrolifères exploités par des sociétés étrangères.
En réponse, les forces américaines ont bombardé à plusieurs reprises leurs positions et leurs bases, tuant des dizaines de combattants.
(source: fr.timesofisrael.com)