Livraison d’hydrocarbures – Un accord avec le Nigéria en vue

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Le Chef de l’État est rentré de ses déplacements au Gabon et au Nigéria. Face à la presse, à son arrivée à l’aéroport d’Ivato, hier, il a notamment fait part de la signature prochaine d’un accord d’approvisionnement en hydrocarbures avec le Nigéria.

Photo prise à l’issue des échanges entre le colonel Michaël Randrianirina et le président Bola Ahmed Tinubu, lundi.

Ce sera pour bientôt. À entendre le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, la signature d’un accord d’approvisionnement en hydrocarbures entre Madagascar et le Nigéria n’est plus qu’une question de formalités. Il indique que les négociations ont été bouclées durant sa visite officielle sur place.

Le locataire d’Iavoloha est rentré de ses déplacements au Gabon et au Nigéria, hier, tôt dans la matinée. L’imminence de la signature d’un accord avec les autorités nigérianes pour la fourniture de carburant à la Grande Île a été l’une des informations dont il a fait part à la presse à son arrivée à l’aéroport d’Ivato. « La raison de mon voyage au Nigéria est importante pour notre pays, puisqu’il a été question d’un accord de partenariat sur l’approvisionnement en carburant», déclare-t-il alors.

Durant sa visite officielle en terres nigérianes, le colonel Randrianirina a eu un tête-à-tête avec son homologue, le président Bola Ahmed Tinubu, à Abuja, capitale du Nigéria, lundi. Peu d’informations ressortent de cet entretien entre les deux Chefs d’État. Toutefois, durant le résumé de sa tournée africaine face à la presse, à Ivato, l’officier supérieur a assuré que la conclusion de cet accord d’approvisionnement en hydrocarbures a déjà le feu vert des autorités nigérianes.

« Il ne reste plus que la signature du contrat, qui sera pour bientôt, puisque nous avons finalisé les négociations là-bas. Le Nigéria procédera donc à l’approvisionnement en hydrocarbures sous peu », affirme le président de la Refondation de la République. Le Nigéria est le plus grand producteur de pétrole en Afrique. Une grande partie de sa production est exportée vers les États-Unis. Il exporte également vers d’autres pays africains.

La diversification des pays fournisseurs d’hydrocarbures est inscrite dans le Plan de mise en œuvre de la politique générale de la refondation (PMO-PER), afin de faire face aux perturbations de l’approvisionnement en carburant engendrées par la guerre au Moyen-Orient. À un moment donné, certains responsables politiques, notamment Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, ont évoqué la possibilité d’importer du carburant de Russie.

Quel rôle pour l’État ?

Cependant, l’option russe se heurte aux sanctions internationales contre l’État russe. Visiblement, l’administration de la Refondation a finalement opté pour la coopération Sud-Sud, avec cet accord annoncé comme imminent avec le Nigéria. Néanmoins, l’idée d’intégrer les Russes parmi les acteurs du système d’approvisionnement en hydrocarbures à Madagascar ne semble pas totalement écartée.

Durant sa participation au Forum international sur la sécurité, à Moscou, fin mai, Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, a indiqué à des journalistes russes que « des discussions sont en cours avec les autorités russes pour augmenter les capacités de stockage de carburant à Madagascar ». Selon le communiqué de la Primature, le but est toujours de pallier les aléas engendrés par la guerre au Moyen-Orient.

Les détails du contrat de partenariat entre Madagascar et les autorités nigérianes ne sont pas encore connus. Toutefois, l’éventualité de la construction de nouvelles installations de stockage de carburant amène des observateurs à s’interroger sur le rôle que joue l’État dans l’importation des hydrocarbures nigérians. L’unité de stockage du carburant importé par Madagascar et l’unité de raffinage du pétrole, sises à Toamasina, appartiennent en effet à la compagnie Galana.

« Le nouveau site de stockage appartiendra-t-il à l’État ? », s’interroge un analyste contacté. Par ailleurs, selon ses explications, dans le système actuel d’importation du carburant, « l’État joue un rôle de facilitateur » pour les quatre compagnies du pays. Actuellement, Madagascar importe essentiellement du pétrole du sultanat d’Oman. « Face aux aléas causés par le blocage du détroit d’Ormuz, il est probable qu’importer des hydrocarbures du Nigéria soit plus avantageux, ne serait-ce que sur le coût du transport », concède-t-il.

Outre le coût du transport, l’accord que Madagascar va conclure avec le Nigéria pourrait présenter des avantages sur les différents droits et taxes portuaires. Ce qui, au final, pourrait faire en sorte qu’y importer du carburant reviendrait moins cher que de le faire depuis Oman. Néanmoins, l’analyste s’interroge également sur un point : « Quel rôle l’État va-t-il jouer ? Restera-t-il dans son rôle de facilitateur et amènera-t-il les quatre compagnies privées à passer commande au Nigéria, ou se positionne-t-il comme importateur direct ?»

(source: Garry Fabrice Ranaivoson – lexpress.mg)

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