Education

60 ans du traité de Rome : quel avenir pour l’Europe ?

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Le 25 mars 2017, l’Union européenne célèbre le 60e anniversaire de son texte fondateur : le traité de Rome. A cette occasion, les dirigeants européens se retrouvent dans la capitale italienne pour proposer leur vision commune du projet européen, aujourd’hui menacé par de nombreuses crises.

Dans ce dossier spécial, Toute l’Europe revient sur l’héritage du traité, les événements institutionnels et de la société civile prévus autour des 60 ans, et les pistes pour une relance européenne.

(… Lire l’intégralité sur Toute l’Europe)

Initiatives oecuméniques: le Groupe des Dombes

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Identité et Conversion

A l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, « La foi prise au mot » met le projecteur sur l’une des plus belles initiatives oecuméniques du monde francophone : le groupe des Dombes. Fondé juste avant la guerre de 1940 dans les environs de Lyon, ce groupe de théologiens catholiques et protestants n’a cessé depuis de proposer des pistes de réflexion pour une théologie commune. Pour découvrir son histoire (ses origines et son développement), son fonctionnement et les avancées qu’il a permises, Régis Burnet reçoit ses deux co-présidents : le Pasteur Jacques-Noël Pérès, professeur (émérite) à l’Institut Protestant de Paris, et le Père Jean-François Chiron, prêtre du diocèse de Chambéry et professeur de théologie à l’université catholique de Lyon. Retour sur une belle histoire commune entre protestants et catholiques et sur ses avancées.

Bienheureuse Anne Catherine Emmerich

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Bienheureuse Anne Catherine Emmerich

(1774-1824)
Béatification en octobre 2004

télécharger gratuitement les 9 livres d’Anne-Catherine Emmerich 1720 pages  1,92 Mo
Les 9 livres de l’édition papier sont mis en lecture sur le site en 6 pages au format html.
N° 1
N° 2
N° 3
N° 4
N° 5
N° 6

Vie de la Vierge Marie

Les Mystères de l’Ancienne Alliancetélécharger

La Douloureuse Passion

3 Tomes de la Vie d’Anne-Catherine Emmerich
par le père Schmoeger

source: http://www.livres-mystiques.com/

Dimanche 3 octobre 2004  – Anne-Catherine Emmerich tirait sa force de l’Eucharistie, a souligné Jean-Paul II lors de la béatification d e la mystique allemande, ce matin, place Saint-Pierre.

En Allemand, le pape évoquait, dans son homélie, la figure d’Anne-Catherine Emmerich, soulignant qu’elle avait souffert dans son corps « l’amère Passion de Notre Seigneur Jésus Christ ». Le pape rappelait que la « Mystique du pays de Münster » était la fille de « paysans pauvres », et cherchait avec ardeur la « proximité de Dieu » et que s’est accomplie en elle « l’œuvre de la gloire de Dieu ». Le pape soulignait
l’opposition entre sa « pauvreté matérielle » et la « richesse de sa vie intérieure ». La « patience » qu’elle démontra pour surmonter sa « faiblesse corporelle » est caractéristique de la « force des nouveaux bienheureux et de leur fermeté dans la foi ».

Mais elle tirait cette force, expliquait encore le pape, « de la sainte Eucharistie », en sorte que son exemple a attiré au Christ « pauvres et riches, gens simples ou cultivés ». « Aujourd’hui encore, disait le pape, elle partage à tous les rachetés la Bonne nouvelle : C’est par les blessures du Christ que nous sommes sauvés (Cf. 1 Petr 2, 24) ».

2004-09-30

Anne-Catherine Emmerich, portrait par une Orthodoxe du Liban

Jeudi 30 septembre 2004 – Lina Murr Nehmé est orthodoxe et libanaise. Artiste et historienne, elle est également auteur de nombreux ouvrages dans les domaines historique, artistique et exégétique. À l’occasion de la béatification d’Anne-Catherine Emmerich, elle publie, aux Éditions François-Xavier de Guibert, une nouvelle version de « la Douloureuse Passion du Christ » qui sera prochainement en librairie en France.

Qui est Anne-Catherine Emmerich ?

Anne-Catherine Emmerich était une paysanne de Westphalie, en Allemagne. Elle avait dix-neuf ans quand a commencé la Révolution française.

Elle voulait devenir moniale, mais elle se heurtait à un mur. D’abord, son père ne voulait pas. Ensuite, les couvents étaient si pauvres qu’ils ne pouvaient pas accepter de nouvelles recrues si elles n’avaient pas de dot. Anne-Catherine pensa que si elle apprenait l’orgue, elle serait acceptée quelque part. Elle se mit à faire des travaux de couture, pour économiser de quoi payer ses leçons. Quand elle pensa avoir suffisamment d’argent, elle quitta la maison paternelle et alla s’installer chez son maître à musique.

Mais vite, elle réalisa que lui et sa fille Clara avaient faim et vivaient dans la saleté. Elle se mit à les servir, et elle n’apprit pas l’orgue. Plus : elle dépensa toutes ses économies pour les nourrir, et quand elles furent finies, elle se retrouva sans rien, à avoir faim avec eux. Ce furent des années très dures. En cachette de son père, sa mère lui apportait de la nourriture. Quand elle lui reprochait ce qu’elle avait fait, Anne-Catherine, pourtant très malheureuse, répondait que si Dieu la voulait au couvent, il trouverait moyen de l’y mettre.

De fait, Clara, au contact d’Anne-Catherine, eut elle aussi la vocation religieuse. Elle n’avait aucune difficulté à trouver un couvent, puisqu’elle savait jouer de l’orgue. Mais son père exigea qu’Anne-Catherine soit acceptée aussi. Et c’est ainsi qu’Anne-Catherine entra avec Clara au couvent des Augustines d’Agnetenberg à Dülmen.

Mais l’Allemagne passa sous la domination napoléonienne, et Jérôme Bonaparte décréta la dissolution de ses monastères. Anne-Catherine fut jetée dans le monde, où elle perdit toute espèce d’anonymat. Elle avait des visions depuis l’enfance, et elle avait même reçu les stigmates de la couronne d’épines. Personne ne le savait : elle les cachait soigneusement. Mais dans la petite ville de Dülmen, où elle vécut jusqu’à sa mort, ses visions, ses miracles, autrefois protégés derrière les murs du couvent, se trouvèrent étalés au grand jour. Et elle reçut les autres stigmates. On ne peut pas cacher des blessures aux mains, et toute la ville le sut.

Les admirateurs et les faux amis la firent souffrir autant que les cancans et les persécutions des inquisiteurs religieux, politiques, médiatiques et médicaux. Les autorités française et allemande la soumirent à des examens médicaux pour prouver qu’elle entretenait ses blessures en cachette, qu’elle mangeait et excrétait en secret. Elles la firent surveiller nuit et jour. Elles ne purent que constater qu’elle ne mentait pas, mais n’en tirèrent pas de conclusion.

On parlait de plus en plus d’Anne-Catherine en Allemagne. On disait qu’elle voyait la vie du Christ, des saints, des prophètes de la Bible. Le leader du mouvement romantique allemand, Clemens Brentano, vint la voir. Il fut tellement enthousiasmé par ce qu’il entendit, qu’il s’installa à Dülmen, où, pendant six ans, il prit des notes et tenta d’en tirer des récits cohérents.

C’est à Brentano qu’on doit ainsi de connaître les précieux récits concernant le Christ, la Vierge et de nombreux saints. On lui doit aussi de savoir ce qu’Anne-Catherine endura de souffrances pour soulager ceux qui ployaient sous le poids de leurs fardeaux et pour leur donner la force de se relever. Elle parlait par obéissance, parce que ses supérieurs le lui avaient ordonné, et quand elle recevait l’ordre de se taire, elle se taisait. Elle aurait bien préféré rester cachée, et surtout, ne pas avoir vu certaines choses.

Un jour, alors qu’elle avait vu les malheurs qui allaient fondre sur l’Église d’Espagne, elle pensa : « Pourquoi faut-il que je voie tout cela, moi, pauvre pécheresse ; je ne peux pas le raconter, et il y a tant de choses que je ne comprends pas ! » Alors son ange gardien lui dit : « Tu ne peux pas savoir combien d’âmes liront un jour cela et seront par là consolées, ranimées et incitées au bien. Il existe beaucoup de récits de grâces semblables accordées à d’autres, mais la plupart du temps, ils ne sont pas faits comme il faudrait. De plus, les anciennes choses sont devenues étrangères aux hommes de ce temps, et elles ont été discréditées par des inculpations téméraires : ce que tu peux raconter est suffisamment intelligible, et cela peut produire beaucoup de bien que tu ne peux pas apprécier. »
« Ces paroles, me consolèrent », dit simplement Anne-Catherine, en rapportant l’épisode.

Elle avait bien besoin de consolation : quand Brentano publia la Douloureuse Passion, il fut traîné dans la boue, lui qui avait brillé comme une étoile au sommet du monde littéraire allemand. Le livre fut cependant un succès de librairie. Grâce à cette publicité, qui la fit tant souffrir, Anne-Catherine avait déclenché, au cœur de l’Europe matérialiste et athée, un extraordinaire mouvement de conversion, qui ne s’est jamais arrêté depuis.

Lina Murr Nehmé

– Lina Murr Nehmé, pourquoi une nouvelle édition du livre d’Anne-Catherine Emmerich ?

Lina Murr Nehmé : Parce que le livre est beau à l’extrême, et pourtant, il contient des longueurs, des redondances, des passages qui ne sont pas mis au bon endroit. Tout le monde n’a pas l’indulgence de supporter cela. Il fallait présenter au public une version dans un français moderne, et mettre les longueurs sous forme de notes en fin de livre. De plus, il y a un grand décalage entre ce qu’Anne-Catherine Emmerich dit et ce que nous pensons de l’époque du Christ, je le sais par expérience. Il m’a semblé utile de fournir aussi des notes et des hors-textes explicatifs, avec, en plus, des photos nombreuses.

– Quel est le message d’Anne-Catherine pour notre temps ?

Lina Murr Nehmé : Je pense que son message essentiel est œcuménique, et ceux qui la prétendent sectaire sont ceux qui ne la
connaissent pas. Pour elle, les hommes, les femmes ne sont pas bons ou mauvais en fonction de leurs religions ou de leurs idées, mais de leurs actes. Par exemple, elle décrit Pilate et les grands-prêtres juifs avec une égale sévérité, mais il en est tout autrement quand elle parle de la femme de Pilate, ou des Juifs ou Romains compatissants qui avaient des gestes de miséricorde envers cet être qui, pour eux, n’était ni Dieu, ni le Messie, mais rien qu’un pauvre condamné. Il est vrai que dans la Douloureuse Passion, elle accuse surtout les Juifs, mais c’est parce qu’elle y raconte une tragédie qui s’est déroulée en pays juif. Quand elle raconte des tragédies qui se sont déroulées en pays païen, elle accuse les païens. Ce qui est logique : la foule, sauf de rares exceptions, est généralement persécutrice, et le scénario de la Passion est criant de vérité.

– Comment se fait-il que vous, une Orthodoxe, vous intéressiez à elle ?

Lina Murr Nehmé : Au ciel, il n’y a pas de schisme orthodoxe. Soit Anne-Catherine a pratiqué l’Evangile et elle est au ciel — et alors, elle nous appartient à tous — soit elle ne l’a pas fait, et elle ne nous intéresse pas. Être Orthodoxe ou Catholique ne change pas l’attitude d’une Église face aux saints de l’autre, puisque sur tous les problèmes importants de la foi, nous pensons la même chose. Je ne vois pas pourquoi je me priverais de la moitié des saints. L’Union est un enrichissement, et j’ai écrit les arguments bibliques qui m’ont
convaincue de la légitimité du pape dans une annexe de mon livre « 1453 : Mahomet II impose le schisme orthodoxe », et je n’y reviendrai pas ici.

– Anne-Catherine Emmerich a-t-elle influencé votre façon de voir le pape ou d’autres éléments de la foi ?

Lina Murr Nehmé : Oui. À partir du moment où j’ai réalisé qu’elle racontait des choses qui, dans leur majorité, étaient logiques, j’ai été obligée, par honnêteté, de voir que je me trompais quand je pensais tant de mal de la papauté, de l’Ancien Testament, de Moïse et des prophètes, et des Juifs de l’Antiquité. J’ai fait des recherches dans la Bible, et j’ai été obligée de reconnaître que ce qu’elle disait des Juifs et de leurs prophètes était exact du point de vue évangélique. Cette remise en question a été une des plus douloureuses de ma vie, et certainement, la plus douloureuse pour mon orgueil. Je trouve ridicule qu’on accuse Anne-Catherine d’antisémitisme, quand elle force le lecteur le plus hostile aux Juifs, à les réhabiliter dans ce qu’ils ont de plus sacré, et à les aimer.

– Comment en êtes-vous arrivée à connaître Anne-Catherine Emmerich ?

Lina Murr Nehmé : Des prêtres français m’avaient parlé d’elle, quand j’étais jeune. Ils m’avaient prêté le livre sur la Passion. Je l’avais ouvert, et je l’avais aussitôt refermé en me disant : « C’est de la fumisterie. » Mais dix ans plus tard, voulant écrire un livre sur le Christ, j’ai réalisé qu’en dehors de la Bible et de Flavius Josèphe, il n’existe quasiment pas d’écrits datant de cette époque, et parlant de cette société. La plupart, malheureusement, ont disparu. Et comme on m’avait dit qu’Anne-Catherine avait donné des renseignements
historiques et archéologiques qui, par la suite, s’étaient révélés exacts, je m’étais procuré ses livres pour avoir des renseignements, ou plutôt, des signes de piste, que je pourrais vérifier ou infirmer dans mes recherches. Je ne cite jamais Anne-Catherine dans mes travaux scientifiques, mais ce que je dis, je le dois aux recherches que j’ai faites pour voir si ce qu’elle disait était vrai.

– Comment situer Anne-Catherine en tant que religieuse ?

Lina Murr Nehmé : Je crois qu’il faut la situer surtout par rapport à son ordre, celui des Augustins, qui était aussi l’ordre de Luther et d’Érasme. C’est une coïncidence curieuse, car Anne-Catherine a été leur antithèse, surtout, l’antithèse d’Érasme. Anne-Catherine, comme Erasme, a eu une influence décisive sur l’Europe de son temps, par ses écrits. Mais Érasme faisait de la démolition ; Anne-Catherine faisait l’inverse. En fait, elle a été victime de l’esprit de persiflage et d’hostilité à l’Eglise qu’il avait semé. Si elle avait vécu un ou deux siècles avant lui, on n’aurait pas mis tant de temps à la canoniser à cause de ses visions, comme le prouve l’exemple de sainte Catherine de Sienne, dont les textes « passent » beaucoup moins que ceux d’Anne-Catherine Emmerich. Mais pourquoi ne critique-t-on que les saints ? Que dire des écrits d’Érasme !

– Comment pouvez-vous situer Anne-Catherine en tant que femme ?

Lina Murr Nehmé : C’est vrai, on se demande pourquoi c’est à une femme, Anne-Catherine, qu’a été donnée cette science que tant d’hommes auraient voulu avoir. Peut-être parce que, comme dit saint Paul, la force de Dieu se manifeste dans la faiblesse. La science était devenue une déesse pour les hommes, et les rois les plus chrétiens, les papes permettaient qu’avec leur propre argent, des artistes honorent, sur les portes de leur palais, et parfois dans leurs églises, des dieux et de déesses dont les premiers chrétiens avaient brisé les statues. Si les riches désertent, Dieu fera appel aux pauvres. Si les hommes désertent, Dieu choisira les femmes pour leur donner des leçons, comme il a fait après la Passion, quand il a envoyé les femmes annoncer sa Résurrection aux disciples. Et Anne-Catherine était ce que les hommes haut placés qui prisaient tant le nouvel art païen, trouvaient alors de plus méprisable : une paysanne illettrée, une religieuse chassée de son couvent, une malade, une infirme. C’est là qu’on réalise combien l’égalité qu’on nous pousse à réclamer est fictive : quelle égalité une Anne-Catherine pouvait-elle réclamer, elle qui n’avait pas la force de bouger un panier de linge mouillé qu’on mettait sur son lit, et dont personne ne voulait ? Pourtant, Brentano, une des stars littéraires de son temps, la considérait infiniment supérieure à lui. Et c’est devant elle, pas devant ses persécuteurs, qu’on sent le désir de se mettre à genoux aujourd’hui.

– Que signifie pour vous la béatification d’Anne-Catherine Emmerich ?

Lina Murr Nehmé : Je crois qu’on ne peut que s’incliner devant le courage de Jean-Paul II et de son Église, qui ont reconnu la sainteté d’Anne-Catherine, en des temps où il suffit de dire qu’on ne la méprise pas pour être soi-même méprisé.

www.JesusMarie.com


La maison de la Vierge Marie redécouverte à Ephèse (Turquie)

La Réalité c’est quoi? Et quels niveaux?

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Physique et Philo: Conférence de Mr Bernard d’Espagnat, à la fois physicien et philosophe, Professeur émérite de l’Université Paris-Orsay. « Le réel voilé » vs « le réalisme naïf »


Niveaux de réalité et manifestation de Dieu – Basarab Nicolescu

« Père » du Big Bang: le Revérend Père Georges Lemaitre

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 » La Foi prise au mot  » vous propose de parler de science, et même d’histoire des sciences, en évoquant Georges Lemaître, un des pères de la théorie du Big Bang, disparu il y a tout juste cinquante ans. En effet, son explication des observations de Hubble et sa théorie de l' » atome primitif  » influèrent de manière décisive sur les théories scientifiques sur l’origine de l’univers. Qui fut donc Georges Lemaître ? Qui se rappelle encore que ce scientifique belge né en 1894 était aussi un prêtre?? Comment parvint-il à sa théorie de l’atome primitif et quelle influence exerça-t-elle sur l’élaboration des théories scientifiques du début de l’univers ? Et surtout, comment parvint-il à concilier son oeuvre de scientifique avec son état de prêtre ? Pour répondre à ces questions Régis Burnet s’entoure de deux spécialistes de Georges Lemaître, et comme lui, membres de l’académie pontificale des sciences : Pierre Léna, astrophysicien, membre de l’Académie des Sciences, et Dominique Lambert, philosophe des sciences, professeur à l’Université de Namur et membre de l’Académie royale de Belgique.
La Foi prise au Mot du 05/06/2016.

Le RP Georges Lemaitre avec le grand génie de la Physique classique Albert Einstein

Reporters – Paul Kagame sans détours

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Ses détracteurs disent de lui qu’il est autoritaire, distant et calculateur. Mais, derrière cette réputation sans nuances, qui est vraiment Paul Kagame ? Pour la première fois, le tout-puissant et mystérieux président du Rwanda a accepté de se dévoiler. Durant quelques jours, notre reporter l’a accompagné dans son quotidien.

Hova, Borizano et Merina, le même peuple

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Le mot « hova » a trois significations suivant les régions. Ainsi en Imerina « Hova » désigne une classe sociale à part, à côté de celle régnante des nobles (Andriana), de celle des
« Mainty » et de la catégorie des esclaves (Andevo). « Hova» peut donc signifier roturier.

En hiérarchisant les deux classes Andriana et Hova, Andrianampoinimerina déclare : « Le Hova ne doit jamais régner. S’il y a mariage entre un Hova et une Andriana, celle-ci transmet tous ses droits à ses enfants… »
En outre, à un billet qui lui est adressé avec l’en-tête « À Sa Majesté la Reine des Hova », Ranavalona Ire répond un jour par une fin de non-recevoir : « Je ne suis pas seulement la Reine des Hova, mais de tous les Merina. » Cependant, pour tous les peuples littoraux et les étrangers, « Hova » évoque une tribu, les habitants de l’Imerina.

Chez les Betsileo, notamment ceux du Sud de la Matsiatra, « hova » en revanche se traduit par souverain donc par « andriana ». Lorsque le Vakinankaratra est annexé, le royaume de Manandriana situé au Nord de la Matsiatra a le premier reconnu l’autorité d’Andrianam­poinimerina dans le Sud. À l’instar ou à l’instigation de ce roi, il unifie les multiples petits royaumes du Sud de la Matsiatra et parvient à les regrouper en trois grandes principautés : Isandra, Lalangina et Arindrano. Ce souverain est connu dans ce territoire sous l’appellation de « Hova ». Par la suite, le terme est progressivement utilisé pour désigner les rois betsileo.

L’auteur cite également une hypothèse attribuant au mot « hova », une origine océanienne (haou ou houa, chef) dont seuls les Betsileo conserveraient le sens. Il la réfute toutefois par le fait « qu’aucun nom des souverains connus de cette tribu, n’en fut composé alors que le mot andriana a servi d’éléments de formation onomastique à des souverains de diverses tribus de l’île».
En revanche, le nom propre Haova y est commun et se donne au garçon né un jour d’Alahamady (la première lune de l’année malgache). C’est le meilleur signe zodiacal chez les Malgaches, c’est pourquoi il est appelé le « zodiaque des Andriana ». Et Haova est ainsi considéré comme le « guerrier invincible ».

« Cette explication amène à croire que le vocable hova n’a été connu chez les Betsileo qu’à une époque récente ». Du reste, « il est inconcevable que les Betsileo aient délibérément aligné les esclaves affranchis à leurs souverains en les appelant Hovavao (nouveaux Hova) alors que les roturiers sont connus chez eux sous le nom de Olompotsy (hommes blancs). »
D’autant qu’il est peu probable que les Betsileo acceptent cette nouvelle expression quelque peu outrageante, alors que la pratique discriminatoire en faveur des Andriana demeure vivace. Citant un exemple, Clovis Ralaivola évoque les funérailles au cours desquelles on abat des bœufs. Les Andriana sont les premiers servis avec les meilleurs morceaux provenant de la croupe, partie traditionnellement réservée à leur rang.

Par tache d’huile, le mot « hova » a été adopté par certains peuples du Sud. Cela se voit dans certaines expressions qu’ils utilisent, telles que « ampelakova » (femme du souverain), « fandakova » (suite du souverain), « zanakova » (chef vassal)…
Clovis Ralaivola rattache le terme « hova » à d’autres mots traduisant l’idée de liberté, d’indépendance, mais aussi de second plan (ova, ovaka, lova, tovo…). « Dans son acception de classe, celle des Hova était effectivement plus libre et plus indépendante que celle des Andriana, quoiqu’elle constituât les sujets du royaume. » Les Andriana sont protocolairement peu libres (mariage, métier, déplacement, relations…) étant soumis « à des restrictions spéciales ».

C’est cette liberté qui permet aux Hova de sortir de l’Imerina comme commerçants ambulants, voyageurs ou émigrants chez les autres ethnies. Ces migrateurs temporaires ou définitifs se font connaître comme étant des Hova parlant de leur classe.
Les premiers navigateurs ou visiteurs qui abordent le littoral apprennent que le Centre de l’île est habité par une tribu appelé « hova ».
« C’est ainsi que les cartes de Madagascar dressées au XVIIe siècle portaient les termes Ankova et Tanko pour ses habitants. »
Plus tard, ils sont appelés « borizano ». L’origine de ce mot vient de la division des habitants de l’Imerina sous Radama Ier : les militaires (miaramila) et les civils (borizano). À partir de cette époque, les civils migrateurs se font connaître par cette nouvelle appellation. D’où le nom d’un quartier de Toamasina, Tanamborizano.

Texte : Pela Ravaliteral’Express de M/car

Etienne Klein – La physique moderne : de quoi Galilée est-il le nom ?

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Science et philosophie: Galilée est celui qui a posé les bases théoriques et expérimentales de la science moderne. Ses propres découvertes furent déterminantes, certes, mais il y a plus encore : sa façon de penser la nature a ouvert une brèche épistémologique extraordinairement féconde. En quoi celle-ci a-t-elle consisté ?

Physicien français, ancien élève de Centrale Paris et chroniqueur sur France-Culture, Étienne Klein aborde les grandes révolutions scientifiques. L’influence de Galilée sur la science moderne, la question cruciale de l’irréversibilité du temps, la théorie de la relativité d’Einstein et les grands principes de gravitation, la notion de masse ou la récente découverte en 2012 du boson de Higgs…

Étienne Klein vous invite à le suivre dans les méandres de la cosmologie contemporaine. Vous sortez du travail et vous voilà initié aux mystères de la science. De quoi développer avec la connaissance scientifique de nouveaux atomes… … crochus.