10 Août 1991

TSIAHY: 10 Août 1991 Diaben’ny Fahafahana

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Gouvernement « de Transition » RAZANAMASY – HERY VELONA (Force Vive 1991)


« Cohabitation des Forces Vives » avec le régime socialiste de l’Amiral rouge, après la chute du Mur de Berlin, la fin de la guerre froide (Blocs Est-Ouest), et l’apparition d’un nouveau pardigme reliant les réalités intérieures et extérieures de la Grande Île de l’Océan Indien.


Fitsenana: Didier Ratsiraka, 16 Septambra 1996

10 Août 1991 Diaben’ny Fahafahana: 33 Taona lasa

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« Ho an’ny Taranaka »: Ny Tantara tsy mba fanadino


Elisé Harimino Asinome : « Dirigées par les chefs d’Églises, les sociétés civiles ont déclenché la crise de 1991 »

Harimino Elisé Asinome, enseignant chercheur à l’Université d’Antananarivo et chercheur associé à l’Institut Ralaimongo d’Histoire et Études politiques.

Le 10 août 1991 marque un évènement exceptionnel dans l’histoire politique de Madagascar : le carnage à Iavoloha qui a fait une centaine de victimes suite au Diaben’ny fahafahana, la grande marche de la liberté. La confédération des Églises chrétiennes à Madagascar (FFKM) a joué un rôle déterminant avant, pendant et après la crise. L’historien contemporanéiste Harimino Elisé Asinome, enseignant-chercheur à l’Université d’Antananarivo et chercheur associé à l’Institut Ralaimongo d’Histoire et Études politiques, nous fait l’autopsie d’une crise que le FFKM a marqué de son empreinte.

Midi Madagasikara (M.M) : Quel rôle ont joué les chefs d’Églises pendant la crise socio-politique de 1991 ?

Elisé Harimino Asinome (E.H.A) : La crise de 1991 constitue la clé de voûte pour comprendre l’implication du FFKM (Conseil crétien des Églises de Madagascar) dans les affaires nationales. Mais l’implication des chefs d’Églises (catholique, protestante, luthérienne et anglicane) dans la médiation remonte à mai 1972.

L’entrée en scène pour les Églises a eu lieu quand le mouvement social conduit par des étudiants a pris sa tournure suite au débordement survenu le 13 mai. La capitale était en feu. Des scènes de casses et de pillages de magasins et de bâtiments publics ont particulièrement marqué cette journée. C’est juste après cette journée noire que les négociations se sont engagées, du 14 au 18 mai, au niveau de différentes instances pour libérer les 372 exilés à Nosy Lava. On assiste à un véritable ballet de négociations où les chefs d’Églises chrétiennes s’activent dans la démarche de sortie de crise.

Puis, devant la foule sur l’avenue de l’Indépendance, les chefs des quatre Églises ont annoncé que leur demande a été acceptée par le président de la République au sujet du retour des exilés. On peut donc dire que la crise de mai 1972 constitue le premier succès des chefs d’Églises sur le terrain politique en matière de négociation ou de lobbying. Suite à cela, ils ont bénéficié d’une aura de plus en plus imposante et importante sur tous les plans.

M.M : Comment le FFKM s’immisce dans les affaires nationales du pays ?

E.H.A : Le FFKM s’impose dans l’échiquier politique avec une démarche qui s’inscrit dans la justice sociale, à travers l’organisation systématique et la mobilisation des forces vives de la nation pour transformer les relations et les ordres sociaux injustes.

Dans son rôle de prophète, en tant que porte-parole, révélateur et témoin des « vérités de l’Évangile » et aussi dans sa posture de Raiamandreny, le FFKM incarne l’espoir d’une Nation qui peine à se relever depuis l’Indépendance. La société malgache à majorité chrétienne fait donc appel à l’intervention de cette organisation de plus en plus puissante.

Le premier congrès de 1982 à Antsirabe se consacre à débattre sur un sujet lié à l’implication effective des chrétiens aux efforts de développement du pays. C’est à partir de cette date qu’on a ressenti la mobilisation des gens pour la prise de responsabilité dans les affaires nationales. Les paroissiens font partie du peuple, ce qui fait écho à l’appel du FFKM à ses membres devant la situation dans le pays, d’où la naissance du slogan d’inspiration biblique « Ento miakatra ity firenena ity » ou Fais monter ce peuple. Le livre d’Exode a raconté l’appel de Dieu à Moïse pour délivrer le peuple d’Israël du joug égyptien. Dans cette optique, l’appel du FFKM vise nécessairement à inviter les chrétiens à s’engager et à libérer le pays de la situation de pauvreté dont le système socialiste de Didier Ratsiraka a infligé aux Malgaches depuis 1975.

M.M : Le FFKM était-il donc de plus en plus engagé contre le régime de Didier Ratsiraka ?

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