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Concertation nationale – L’État réaffirme sa confiance au FFKM

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Le Chef de l’État réaffirme sa confiance envers le FFKM pour piloter la concertation nationale. Un choix qu’il explique par le caractère « incorruptible et apolitique » du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar.

Le Chef de l’État s’adressant aux chefs des Églises du FFKM durant sa prise de parole, hier, à Ilafy.

Nous avons confiance en vous, en l’Église. » C’est ce qu’affirme le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, dans le discours qu’il a prononcé durant le culte d’ouverture de l’assemblée générale du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), hier, à Ilafy. Les travaux porteront notamment sur les préparatifs de la conduite du processus de concertation nationale par l’Église.

Le locataire d’Iavoloha a ainsi profité de cette prise de parole pour réaffirmer son choix de mandater le FFKM pour conduire les débats durant le processus de concertation nationale. « Je ne peux pas accomplir cela seul. Nous ne pouvons pas y parvenir seuls. C’est précisément pour cette raison que nous avons fait appel aux Églises pour piloter cette démarche pour la refondation », déclare-t-il alors, en soulignant qu’avec l’organisation des élections et la réponse aux aspirations affirmées durant les manifestations de septembre, la refondation est une des priorités de la transition.

Le Chef de l’État renchérit ses propos en déclarant : « C’est vous qui conduirez cette refondation. (…) Et j’ai la conviction que l’Église est la mieux placée pour mener cette refondation. Sans elle, cette réforme ne pourra pas aboutir. » Il explique cette conviction en attestant que le FFKM est « incorruptible et apolitique». Selon ses dires donc, « nous avons confiance en l’Église puisqu’elle n’est pas comme les autres entités que l’on peut influencer financièrement. Elle n’est pas non plus un instrument aux mains des acteurs politiques ».

Cette confiance martelée envers le Conseil œcuménique pour conduire la concertation nationale pourrait être une manière, pour le Chef de l’État, de taire le scepticisme ambiant sur le sujet. Depuis le culte du 10 décembre au Centre de conférences international (CCI) d’Ivato, le FFKM a semblé avoir été tenu à l’écart des démarches relatives au processus de concertation. Dans sa déclaration du 30 avril, il a même souligné « qu’en dehors du culte célébré le 10 décembre 2025 au CCI Ivato, le FFKM n’a pas participé à l’organisation des différentes concertations qui se sont tenues jusqu’ici ».

Certains acteurs politiques ont également émis des réserves quant à la conduite et à l’issue de la concertation nationale sans le FFKM. Le principal argument étant le statut d’autorité morale apolitique du Conseil œcuménique. L’allocution du colonel Randrianirina, hier, vise vraisemblablement à rassurer l’opinion politique. « Notre pays a besoin d’une vraie refondation et c’est maintenant qu’elle va commencer », assure-t-il alors.

Le locataire d’Iavoloha a également eu des mots d’encouragement envers le FFKM en déclarant : « Je vous encourage et vous soutiens dans cette concertation nationale à venir. Le jugement du peuple ne sera pas facile. Le peuple, qui ne supporte plus les souffrances, ne vous épargnera pas non plus dans ses critiques. »

Mission acceptée

De vives critiques, le FFKM en a déjà fait les frais en décembre, en émettant une invitation pour Andry Rajoelina, ancien président de la République, au même titre que les anciens Chefs d’État, pour prendre part au culte œcuménique qui s’était tenu au CCI Ivato.

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Conjoncture et Concertation – Le FFKM s’accorde quatre jours de réflexions

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Durant quatre jours, le FFKM réfléchira à la manière dont il va conduire la concertation nationale. Les discussions porteront également sur la situation politique, économique et sociale du pays.

Photo des quatre chefs des Églises au sein du FFKM.

Accompagner toute démarche visant à la reconstruction de la nation. C’est avec ces mots que le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) a affirmé sa disponibilité à conduire le processus de concertation nationale, dans une déclaration publiée le 30 avril.

Comme indiqué dans cette déclaration, les Églises tiendront préalablement une assemblée générale durant quatre jours. « Il s’agit d’un moment réservé par le FFKM, comme il en a l’habitude chaque année, pour examiner sa vie interne. Mais c’est également une occasion d’analyser la situation nationale et de réfléchir à la manière d’assumer la lourde responsabilité confiée au FFKM, à savoir la conduite de la concertation nationale », explique monseigneur Samoela Jaona Ranarivelo, président en exercice du FFKM et président de l’Église anglicane.

Les dates indiquées pour cette assemblée générale des quatre confessions au sein du FFKM sont du 18 au 21 mai. Néanmoins, un culte œcuménique se tiendra ce jour à l’église FJKM Ankadikely Ilafy, pour donner le coup d’envoi officiel des débats. Un autre culte est prévu à l’église catholique Saint François Xavier, Antanimena, jeudi, pour clôturer cette assemblée générale.

Le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, a mandaté le Conseil œcuménique pour conduire le processus de concertation nationale. Dans leur déclaration du 30 avril, les Églises du FFKM ont toutefois indiqué « qu’en dehors du culte célébré le 10 décembre 2025 au CCI Ivato, le FFKM n’a pas participé à l’organisation des différentes concertations qui se sont tenues jusqu’ici ». De prime abord, elles entreront dans le vif du sujet durant ces quatre jours de cogitation. Lire la suite »

Concertation nationale : L’initiative du FFKM supplantée par le régime de refondation

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Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison avait fait une annonce relative au lancement des concertations nationales le 20 mai prochain.

On s’achemine vers la tenue de deux concertations parallèles. En effet, dans leur déclaration en date du 30 avril, les chefs d’Églises au sein du Conseil des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) ont annoncé leur initiative qui consiste à organiser, du 18 au 21 mai prochain, un « Fihaonambe » à Antananarivo. Il s’agirait d’une concertation destinée à consulter les fidèles des Églises chrétiennes par rapport aux affaires internes du FFKM, mais aussi sur la vie politique du pays. Et ce, dans l’objectif d’instaurer les conditions propices à la tenue des concertations nationales afin de sortir le pays de cette impasse politique. Dans leur communiqué, les chefs d’Églises ont exprimé leur disponibilité à diriger les concertations. Cependant, pour le moment, le flou subsiste quant à l’organisation du processus de réconciliation nationale destiné à amener le pays vers une véritable refondation, notamment par la concrétisation des réformes institutionnelles et constitutionnelles, mais aussi et surtout afin de mettre en place toutes les bases et structures nécessaires à la tenue d’élections libres, crédibles et acceptées par tous.

En effet, au lendemain même de cette annonce des chefs d’Églises, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison avait, lui aussi, fait une annonce relative au lancement des concertations nationales le 20 mai prochain, c’est-à-dire pile au moment de ce « Fihaonambe » du FFKM. S’agit-il d’une simple coïncidence ou d’une initiative délibérée visant à supplanter, voire torpiller, la démarche des chefs d’Églises ? Suite à cette cacophonie, bon nombre d’observateurs s’interrogent sur l’état de la relation actuelle entre le régime de refondation et le FFKM, se demandant

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Me Hanitra Razafimanantsoa: Ministre d’Etat auprès de la Présidence chargée de la refondation de la République

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Fanazavana ny fanomanana ny Fanavaozana ny Repoblika izay nankinin’ny Filoha Michaël Randrianirina amin’ny FFKM ny Fitarihana ny Fikaonandoham-pirenena, miainga any amin’ny Fokontany.

FFKM : Vers une refondation à partir des fokontany

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Les chefs d’Églises du FFKM vont mener les consultations au niveau national.

Le FFKM prévoit de lancer très prochainement des consultations populaires à la base, au niveau des fokontany, suivant une méthodologie inspirée du concept de fokonolona.

Le processus de Refondation de la République pourrait prendre une tournure déterminante dans les prochains jours, avec l’implication renforcée du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM). Selon certaines sources, le FFKM s’apprête à lancer une vaste consultation populaire débutant au niveau des fokontany, dans une démarche participative qui place le fokonolona au cœur de sa méthodologie. Cette approche, encore en phase de préparation interne, dit-on, s’inscrit dans le cadre du mandat officiel confié par la présidence de la Refondation de la République le 19 novembre dernier.

Ébauche

D’après les informations recueillies, le FFKM entend mettre en œuvre une consultation à la base dont la particularité repose sur le recours à la tradition du fokonolona, structure sociale ancestrale de gestion collective. L’objectif affiché serait de recueillir les aspirations populaires avant toute décision institutionnelle majeure. Cette orientation vise à distinguer la Refondation actuelle des précédentes réformes politiques conduites principalement depuis le sommet de l’État. En effet, cette première étape devrait ouvrir la voie à une concertation nationale élargie à l’issue de laquelle pourrait être engagée la rédaction d’une nouvelle Constitution. Plusieurs sources affirment ainsi que le FFKM dispose déjà d’une ébauche méthodologique, dont les paramètres sont en cours de finalisation.  D’ailleurs, une réunion qui aurait eu lieu hier après-midi entre les quatre chefs d’Église membres du FFKM et les responsables de la Présidence de la Refondation aurait abordé le sujet relatif au mandat du conseil œcuménique.

Mobilisation

Le régime actuel, qui a placé le mot d’ordre de Refondation au centre de son programme, aurait fait du FFKM un acteur pivot de la démarche, en raison de sa réputation de neutralité et de son rôle historique dans la médiation politique. Lire la suite »

Filohan’ny FFKM – Famindran-toerana tamin’i Mgr Jean de Dieu Raoelison, Arsevekan’Antananarivo

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Environnement – Le FFKM fait appel à la prise de conscience

Passation de fanion entre le pasteur Denis Rakotozafy, président sortant du FFKM (à dr.), et Monseigneur Jean de Dieu Raoelison, président entrant (à g.).

La présidence du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar change de main. Rappelant le rôle de l’Église dans l’éducation de la population, il note une nécessaire implication dans l’éducation environnementale.

Un engagement collectif. C’est ce que le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) recommande face aux difficultés rencontrées par la population. Selon son message, lu par Monseigneur Jean de Dieu Raoelison, archevêque d’Antananarivo, hier, « donnons-nous la main pour sortir le pays du marasme actuel, mais ne nous rejetons pas la responsabilité. L’union fait la force et c’est en étant solidaires que nous réussirons ».

Ce message a été lu, hier, à l’église luthérienne sise aux 67 hectares, durant un culte œcuménique pour la passation de fanion entre le président sortant et celui entrant du FFKM. Cette année, c’est donc l’archevêque d’Antananarivo qui assure la présidence tournante du Conseil œcuménique. Par la voix de son nouveau président, le FFKM appelle tout un chacun à travailler, agir, prendre les responsabilités à son niveau pour améliorer la situation nationale.

Monseigneur Raoelison indique que le rôle de l’Église est d’éduquer, de servir de guide à ses fidèles et plus largement, à la population, de lui insuffler une prise de conscience. Aussi, outre les difficultés socio-économiques, le FFKM appelle à une prise de conscience sur les enjeux environnementaux. Le Conseil œcuménique demande ainsi à ses démembrements de renforcer les actions en faveur de l’éducation environnementale et la sensibilisation à la préservation de l’environnement.

45e anniversaire   Lire la suite »

Voeux à Iavoloha – Les évêques chez le Président

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Photo de famille du couple présidentiel avec les représentants des évêques, hier, à Iavoloha.

Institutions, partis politiques, organismes rattachés et entités religieuses ont présenté leurs vœux du Nouvel An au couple présidentiel, hier, à Iavoloha. Les représentants de la Conférence des évêques de Madagascar ont fait partie des délégations présentes.

Une valse de présentation des vœux. C’est ce qui s’est déroulé, hier, au palais d’État d’Iavoloha. Le banquet du Nouvel An, jugé inapproprié, ayant été supprimé des pratiques étatiques depuis 2019, la présentation des vœux du Nouvel An au couple présidentiel se fait sous forme de rencontre par délégation.

Hier, le couple présidentiel a ainsi enchaîné la réception des délégations venues leur présenter leurs vœux pour la nouvelle année. Outre les parlementaires, le gouvernement et les alliés politiques du chef de l’État, des représentants de la Conférence des évêques de Madagascar (CEM) ont aussi fait le déplacement à Iavoloha. Il était 11 heures lorsque la délégation de la CEM, conduite par son président, monseigneur Marie Fabien Raharilamboniaina, a été reçue par Andry Rajoelina, président de la République, et son épouse, Mialy Rajoelina.

Monseigneur Jean-Claude Rakotoarisoa, évêque de Miarinarivo, monseigneur Jean-Pascal Andriantsoavina, évêque d’Antsirabe, et le père Séraphin HandriniainaRafanomezantsoa, secrétaire de coordination de la CEM, ont aussi été parmi la délégation qui s’est rendue, hier, au palais d’État d’Iavoloha. La teneur des échanges, qui a duré une trentaine de minutes, n’a pas été rapportée par la présidence de la République. À l’instar des autres rencontres, elle a été conclue par une photo de famille.

Bien qu’il n’y ait pas plus de détails, la présence des représentants de l’Église catholique parmi les délégations qui se sont rendues à Iavoloha est la principale information qui ressort de cette valse de présentation des vœux. Depuis quelques semaines, il se chuchote qu’il existerait une tension latente entre l’État et les confessions au sein du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), notamment les catholiques et l’Église réformée FJKM.

Des quatre confessions au sein du FFKM, justement, seule l’Église catholique s’est rendue à Iavoloha, hier. La Conférence épiscopale a présenté ses vœux au couple présidentiel en son nom propre. De source avisée, jusqu’à l’heure actuelle, une rencontre de présentation des vœux par le Conseil œcuménique n’est pas inscrite dans le planning du chef de l’État. Monseigneur Jean de Dieu Raoelison, archevêque d’Antananarivo, non plus, n’était pas de la délégation de la CEM, à Iavoloha, hier.

Influence
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FFKM : Monseigneur Jean de Dieu Raoelison, nouveau président

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Monseigneur Jean de Dieu Raoelison succède au Rev. Dr Denis Rakotozafy à la tête du FFKM.

Selon la règle de succession au sein du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), c’est au tour de Monseigneur Jean de Dieu Raoelison de l’Église catholique romaine de prendre sa direction pour l’année 2025. Il va ainsi succéder au Rev. Dr Denis Rakotozafy, président de la FLM qui a dirigé le FFKM durant l’année 2024. Selon les informations, la passation de fonction entre les deux responsables d’Église devrait se faire ce 19 janvier à la FLM 67 Ha. En tout cas, le dernier message des chefs d’Églises du FFKM a fait noter que le 45ème anniversaire de cette organisation sera célébré cette année. En ce qui concerne les affaires nationales, les quatre présidents d’Églises ont affirmé qu’ils ne cesseront pas de tirer la sonnette d’alarme pour le bien du peuple malgache et pour que la vérité règne. « On a le sentiment que le peuple malgache est pauvre et opprimé », ont d’ailleurs souligné les chefs d’Églises lors de leur dernier message, avant de continuer que « la richesse nationale est entre les mains de quelques-uns ».

(source:Julien R. – Midi M/kara)

Crises sociales – Le FFKM tend la main à l’État

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Photo de famille lors de la clôture de la réunion du Comité central du FFKM, à Morondava.

Le FFKM dresse un tableau sombre de la situation nationale en conclusion de la réunion de son Comité central, à Morondava. néanmoins, l’église propose de travailler avec l’État.

Il fallait s’y attendre. Après la virulente déclaration de la Conférence des évêques de Madagascar (CEM) sur les affaires nationales, il y a quelques jours, il était prévisible que le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) n’allait pas être plus clément.

En conclusion de la réunion de son Comité central, qui s’est tenue à Morondava, le FFKM a publié une double missive, jeudi. Une déclaration et un message signés par les quatre chefs des Églises au sein du Conseil œcuménique dressent un tableau sombre de la situation socio-économique du pays. La crise de l’eau et de l’électricité, la paupérisation de la population avec un écart de plus en plus profond entre les nantis et les plus démunis sont cités dans les deux textes.

L’Église affirme aussi que “la population est appauvrie”, en ajoutant que “le détournement des lois” renforcerait cette situation. Faisant écho à la déclaration des évêques catholiques, le FFKM soutient, lui aussi, que “les richesses du pays sont accaparées par une poignée d’individus”. La corruption et le relent de l’insécurité sont également mis à l’index par le Conseil œcuménique, qui plaide pour “la liberté d’expression dans le respect de la loi”.

Bons offices  

Face aux difficultés rencontrées par le pays et la population, le FFKM propose ainsi ses bons offices à l’État. Dans la missive intitulée “déclaration”, le Conseil œcuménique affirme qu’il est prêt à prêter main-forte aux décideurs étatiques pour trouver une solution à la situation.

“Le FFKM exprime ici sa volonté de réfléchir et de s’entraider avec les dirigeants et toutes les forces vives, en ce qui concerne l’amélioration de la vie publique et de la société”, déclare alors le Conseil œcuménique. Le FFKM semble s’ériger à nouveau comme un catalyseur de rapprochement entre les extrêmes et un médiateur d’idées face à la conjoncture socio-économique pesante.

Dans le texte intitulé “message”, le FFKM indique que son bureau central cogitera avec ses branches laïques pour définir un programme dans cet objectif “d’amélioration de la vie publique”. Toutefois, à l’instar d’autres sphères, la religion est également un terrain de lutte d’influence. Les faits de ces dernières années démontrent que, si les intentions de l’Église sont louables, elles sont prises d’assaut et polluées par des acteurs qui ne cherchent qu’à assouvir des intérêts politiques et personnels.

Les leaders religieux et laïcs au sein du FFKM ont aussi des affinités et obédiences politiques de notoriété publique. En conséquence, le Conseil œcuménique a du mal à fédérer ses ouailles. Du reste, comme l’a laissé entendre la déclaration de la CEM, une introspection pourrait s’imposer au sein de l’Église. Depuis l’indépendance, les élites qui composent la classe politique et les décideurs étatiques qui se sont succédé sont, dans leur grande majorité, “des enfants” des églises au sein du FFKM.

(source: Garry Fabrice Ranaivoson – lexpress.mg)


Ben’ny Tanàna sy Tontolo pôlitika 2024

10 Août 1991 Diaben’ny Fahafahana: 33 Taona lasa

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« Ho an’ny Taranaka »: Ny Tantara tsy mba fanadino


Elisé Harimino Asinome : « Dirigées par les chefs d’Églises, les sociétés civiles ont déclenché la crise de 1991 »

Harimino Elisé Asinome, enseignant chercheur à l’Université d’Antananarivo et chercheur associé à l’Institut Ralaimongo d’Histoire et Études politiques.

Le 10 août 1991 marque un évènement exceptionnel dans l’histoire politique de Madagascar : le carnage à Iavoloha qui a fait une centaine de victimes suite au Diaben’ny fahafahana, la grande marche de la liberté. La confédération des Églises chrétiennes à Madagascar (FFKM) a joué un rôle déterminant avant, pendant et après la crise. L’historien contemporanéiste Harimino Elisé Asinome, enseignant-chercheur à l’Université d’Antananarivo et chercheur associé à l’Institut Ralaimongo d’Histoire et Études politiques, nous fait l’autopsie d’une crise que le FFKM a marqué de son empreinte.

Midi Madagasikara (M.M) : Quel rôle ont joué les chefs d’Églises pendant la crise socio-politique de 1991 ?

Elisé Harimino Asinome (E.H.A) : La crise de 1991 constitue la clé de voûte pour comprendre l’implication du FFKM (Conseil crétien des Églises de Madagascar) dans les affaires nationales. Mais l’implication des chefs d’Églises (catholique, protestante, luthérienne et anglicane) dans la médiation remonte à mai 1972.

L’entrée en scène pour les Églises a eu lieu quand le mouvement social conduit par des étudiants a pris sa tournure suite au débordement survenu le 13 mai. La capitale était en feu. Des scènes de casses et de pillages de magasins et de bâtiments publics ont particulièrement marqué cette journée. C’est juste après cette journée noire que les négociations se sont engagées, du 14 au 18 mai, au niveau de différentes instances pour libérer les 372 exilés à Nosy Lava. On assiste à un véritable ballet de négociations où les chefs d’Églises chrétiennes s’activent dans la démarche de sortie de crise.

Puis, devant la foule sur l’avenue de l’Indépendance, les chefs des quatre Églises ont annoncé que leur demande a été acceptée par le président de la République au sujet du retour des exilés. On peut donc dire que la crise de mai 1972 constitue le premier succès des chefs d’Églises sur le terrain politique en matière de négociation ou de lobbying. Suite à cela, ils ont bénéficié d’une aura de plus en plus imposante et importante sur tous les plans.

M.M : Comment le FFKM s’immisce dans les affaires nationales du pays ?

E.H.A : Le FFKM s’impose dans l’échiquier politique avec une démarche qui s’inscrit dans la justice sociale, à travers l’organisation systématique et la mobilisation des forces vives de la nation pour transformer les relations et les ordres sociaux injustes.

Dans son rôle de prophète, en tant que porte-parole, révélateur et témoin des « vérités de l’Évangile » et aussi dans sa posture de Raiamandreny, le FFKM incarne l’espoir d’une Nation qui peine à se relever depuis l’Indépendance. La société malgache à majorité chrétienne fait donc appel à l’intervention de cette organisation de plus en plus puissante.

Le premier congrès de 1982 à Antsirabe se consacre à débattre sur un sujet lié à l’implication effective des chrétiens aux efforts de développement du pays. C’est à partir de cette date qu’on a ressenti la mobilisation des gens pour la prise de responsabilité dans les affaires nationales. Les paroissiens font partie du peuple, ce qui fait écho à l’appel du FFKM à ses membres devant la situation dans le pays, d’où la naissance du slogan d’inspiration biblique « Ento miakatra ity firenena ity » ou Fais monter ce peuple. Le livre d’Exode a raconté l’appel de Dieu à Moïse pour délivrer le peuple d’Israël du joug égyptien. Dans cette optique, l’appel du FFKM vise nécessairement à inviter les chrétiens à s’engager et à libérer le pays de la situation de pauvreté dont le système socialiste de Didier Ratsiraka a infligé aux Malgaches depuis 1975.

M.M : Le FFKM était-il donc de plus en plus engagé contre le régime de Didier Ratsiraka ?

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