Aivo Andrianarivelo

La Banque centrale maintient son taux directeur à 12 % face aux risques inflationnistes

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La Banque centrale de Madagascar a décidé de maintenir son taux directeur à 12 %, lors de la réunion de son Comité monétaire du 5 mai 2026. Cette décision traduit sa volonté de poursuivre une politique monétaire restrictive afin de contenir les tensions inflationnistes et de ramener progressivement l’inflation vers son objectif de moyen terme fixé à 5 %.

Après un ralentissement notable de la hausse des prix en 2025, l’inflation annuelle a poursuivi sa décélération au début de l’année 2026, atteignant 6,1 % en janvier avant de remonter légèrement à 6,8 % en mars. Selon la BFM, cette hausse est principalement liée à l’augmentation des prix des produits alimentaires, dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur les marchés internationaux.

La Banque centrale met en garde contre plusieurs facteurs de risque susceptibles d’alimenter une nouvelle poussée inflationniste au cours des prochains mois. Parmi eux figurent la hausse des prix du pétrole, du transport maritime et des intrants agricoles, mais aussi les effets de second tour liés aux augmentations salariales. Malgré le maintien d’une politique monétaire rigoureuse, la BFM estime que l’inflation pourrait temporairement repartir à la hausse avant de ralentir progressivement à partir de 2027.

Les analyses des partenaires techniques et financiers internationaux demeurent d’ailleurs prudentes.

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Lancement de l’« e-Ariary » – Le virage numérique de la Banque centrale se concrétise

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(©laverite.mg)

En marche. La Banque centrale de Madagascar ou BFM (« Banky Foiben’ny Madagasikara ») s’apprête à secouer doucement les habitudes monétaires du pays avec le lancement de l’expérimentation de l’« e-Ariary », une version numérique de la monnaie nationale. Annoncé par le gouverneur Aivo Handriatiana Andrianarivelo, ce projet pilote durera 10 mois et vise à renforcer l’inclusion financière, tout en réduisant les coûts liés à l’usage du cash. Loin de vouloir détrôner les services de « Mobile Money » déjà largement adoptés dans les milieux urbains comme ruraux, l’« e-Ariary entend plutôt jouer la carte de la complémentarité.

« L’idée n’est pas de remplacer les opérateurs privés, mais de proposer un cadre plus sûr, plus commun, qui servira à tout le monde », a martelé le gouverneur. Le constat est d’ailleurs sans appel : imprimer les billets coûte cher, et leur durée de vie dépasse rarement six mois. « Le billet de 100 ariary ne vaut même pas son prix d’impression. Et comme Madagascar n’imprime pas ses propres billets, on paye encore plus cher », souligne le gouverneur de la BFM, Aivo Andrianarivelo, qui voit dans ce virage digital une logique imparable, ne serait-ce que pour soulager le budget de l’Etat.

Réticence

Sur le terrain, les réactions oscillent entre prudence et espoir. Dans le centre-ville d’Analakely, Fara, une commerçante de 43 ans, reste sceptique : « On nous parle encore de trucs numériques alors que l’électricité est coupée tous les jours. Comment on va faire ? ».

Plus au sud, à Itaosy, Solofo, jeune développeur dans une start-up locale, y voit au contraire « une avancée historique si c’est bien fait, surtout pour ceux qui n’ont pas accès aux banques classiques ». Cependant, les enjeux sont multiples pour rassurer les utilisateurs, collaborer avec les opérateurs mobiles, sécuriser les transactions, mais aussi convaincre les plus réticents. Car malgré l’élan affiché, certains économistes craignent une fracture encore plus grande entre les zones connectées et les autres. « Si la BFM veut vraiment réussir, elle devra accompagner l’ »e-Ariary » d’un grand plan d’éducation numérique, sinon cela restera un gadget pour les grandes villes », explique un opérateur dans le domaine du paiement électronique, venu assister à la présentation d’hier soir. Reste aussi à savoir si le public fera confiance à une monnaie qui n’a pas de forme palpable. Bref, la révolution est peut-être en marche, mais elle n’est pas encore dans toutes les poches.

(source: laverite.mg)