annulation de condamnations à mort

Birmanie : 4300 prisonniers libérés après l’annulation des condamnations à mort

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Le chef de la junte du Myanmar, le général senior Min Aung Hlaing, qui a destitué le gouvernement élu lors d’un coup d’État le 1er février, préside un défilé militaire lors de la Journée des Forces Armées à Naypyitaw, au Myanmar, le 27 mars 2021. Stringer . / REUTERS

Le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing a annulé toutes les condamnations à mort, commuées en prison à vie, à l’occasion du Nouvel An birman. Plus de 4300 prisonniers doivent être libérés, dont près de 180 étrangers.

Le dirigeant birman Min Aung Hlaing a ordonné vendredi l’annulation de toutes les condamnations à mort, l’une de ses premières mesures officielles depuis sa récente installation comme président civil, cinq ans après son coup d’État. Célébré toute la semaine, le Nouvel An birman, Thingyan, est marqué par des aspersions d’eau massives symbolisant le renouveau et la purification des péchés. Il est traditionnellement l’occasion de larges amnisties et celles de cette année étaient particulièrement attendues dans un contexte de transition à la tête du pays.

Une semaine après avoir prêté serment en tant que président à l’issue d’un processus électoral décrié à l’étranger, Min Aung Hlaing a notamment fait un geste envers celui qui occupait précédemment le poste. Win Myint avait pris la présidence en 2018, un rôle alors essentiellement symbolique derrière la cheffe du gouvernement et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, qui est elle toujours détenue. Cette grâce s’inscrit dans un effort de «reconstruction nationale», a fait savoir dans un communiqué le bureau de Min Aung Hlaing.

Justice opaque

C’est aussi à ce moment-là que Min Aung Hlaing a annoncé sa volonté de lever toutes les condamnations à mort. «Les personnes purgeant des peines de mort verront leurs peines commuées en emprisonnement à vie», a indiqué le dirigeant de 69 ans dans un communiqué. Selon des défenseurs des droits humains, la junte militaire qui a pris le pouvoir en 2021 a alors relancé les exécutions, après des décennies d’interruption, à destination des dissidents.

Plus de 130 personnes ont été condamnées à mort l’année suivante, d’après l’ONU, mais les chiffres précis sont difficiles à établir dans un pays au système judiciaire opaque, en proie à une guerre civile. Lire la suite »